Afrisson

A l’ombre du grand baobab

Disques - CD  |   Mali  |  Mah Damba  | Parution : 2010  | Label :  Buda Musique - Universal

Titres :
1 Joni massa dio 3:51
2 Taara ka n to 5:05
3 Sira jan koro 5:50
4 Kulo bé bo 3:53
5 Coolo 4:31
6 Jolen 5:25
7 Jugu tè maa la 4:45
8 Jeli baba 1:36
9 Mali gundo 6:09
10 Ni i ye n sonnin fo 2:54
11 Taama bannen 6:32
12 Baba 3:50
13 Sogoma 3:58
14 Amadu o juma 3:20

Le timbre est puissant, presque perçant, alors que les cordes pincées composent des chorus lancinants. Mah Damba chante d’abord seule sur Jóni massa dio, une complainte sur les malheurs des épouses mal mariées, qui ouvre les quatorze morceaux de l’album "A l’ombre du grand baobab" (2010) où interviennent souvent en chœur Sira et Woridio Tounkara, les filles de Mah Damba qui les a formées au chant. Une formation bien étayée sur Sira jan kóró ("Moi je vais sous le grand baobab / Car c’est là que se trouve le tombeau de grand-père") ou Kul bè bó, une explication des subtilités de la langue bambara où le chant monte en ampleur et le ngoni s’accélère.

L’instrument de Mamadou Diabaté est encore plus sophistiqué sur Taara ka n to, ode au roi Balla, quand il rencontre la contrebasse de Jean-Jacques Avenel, le ngoni basse (kamélé ngoni) de Silima Sakoné, le ngoni de Makan Tounkara, neveu de la chanteuse. Le fils de Mah Damba, Guimba Kouyaté, lui, montre à la guitare son savoir-faire sur l’une des meilleures compositions du disque, Jólen (en duo avec Sira) ou le blues du camelot, un air plus enlevé avec le djembé de Mado Sacko. Guimba a été initié par son père, Mamaye Kouyaté, remarquable joueur de ngoni. Mah Damba dédie ces chansons à la mémoire de son mari disparu en septembre 2009.

Chez la diva, l’art est une affaire de famille où tout le monde est djéli (griot). Installée en France depuis de nombreuses années, fille de Djéli Baba Sissoko (décédé en 2001) reconnu comme "le chef des griots maliens" dans les années 1990, nièce de Fanta Damba, l’une des griottes maliennes les plus renommées du XXe siècle, Mah Damba doit connaître les généalogies, les grands faits des clans d’une fête de mariage, d’un baptême, d’une circoncision, quand elle anime les cérémonies communautaires ou les foyers des travailleurs maliens. C’est-à-dire qu’elle détient les secrets des familles.

Fiche :
Mah Damba : voix lead
Jean-Jacques Avenel : contrebasse
Silima Sakoné : kamélé ngoni (ngoni basse)
Makan Tounkara : ngoni
Guimba Kouyaté : guitare
Mado Sacko : djembé
Sira Kouyaté / Woridio Tounkara : voix, chœurs

Source : http://www.akhaba.com/
Bouziane Daoudi

 

par   Nago Seck  12 novembre 2010 - © Afrisson