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Biographie

Abdullah Ibrahim (Dollar Brand)


Artistes Afrique du Sud | Naissance : 1934 | Styles :  Afro-jazz Site internet

Pianiste, auteur, compositeur et flûtiste majeur de la scène jazz internationale, Abdullah Ibrahim a voyagé dans de nombreux styles musicaux : musiques d’Afrique du Sud (kwela, marabi, mbaqanga, township jazz, musiques zulu, sotho, san, etc…), du continent (semba d’Angola), bop, Gospel, Swing, Raga, musique électronique, drum and bass et musique classique européenne. Ses oeuvres ont été interpétées par des orchestres symphoniques.

Jazz Revelation

Adolph Johannes Dollar Brand devenu Abdullah Ibrahim est issu d’une mère basuto et d’un père bushman. Il se forme seul au piano à l’âge de 7 ans. Fasciné par le saxophoniste chanteur Louis Jordan, il se passionne également pour les rythmes traditionnels africains et les musiques d’église. Sa première vraie rencontre avec le jazz se fait à Johannesburg où il entend « Take the A train » de Duke Ellington : cette passion pour le jazz se développe bientôt avec une préférence pour le grand Duke, Thelonious Monk, Jerry Roll Molton et Fats Waller.

Un talent précoce

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A quinze ans, il débute avec « Tuxedo Slickers ». puis joue au sein du « Streamline Brothers » et du « Willie Max Big band » : le jazz sud-africain bat alors son plein dans tout le pays. En 1957, il participe au Minstrel Carnival du Cap, devient le pianiste du très populaire « African Jazz and Variety » où chante Miriam Makeba. En 1959, il fonde le « Jazz Epistles » en compagnie d’Hugh Masekela (trompette), Johnny Gertze (guitare), Kippie Moeketsi (sax alto), Jonas Gwangwa (trombone) et Early Mabuza ou Makaya Nthsoko (batterie). Ce groupe légendaire rend le jazz de Sophiatown ou township jazz populaire sur tout le continent.

The Dream

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Le trio Dollar Brand (Makaya, Dollar, Johnny) et la chanteuse Bea Benjamin (sa femme) débarquent en 1962 en Europe. Lors d’un concert à Zurich, à l’Africana Club, Duke Ellington venu en spectateur décide de le présenter à sa maison de disques, Reprise Records. Sort alors Duke presents the Dollar Brand Trio. 1963 impose bientôt la formation en Europe avec un morceau clé, « Anatomie d’un village sud-africain ». Son grand classique The Dream est alors interprété par le Quatuor à Cordes Royal du Danemark. Sa popularité gagne bientôt les Etats-Unis.
Se lançant à partir de 1966 dans une carrière solo, il remplace à plusieurs reprises Duke Ellington à la tête de son prestigieux Orchestre, joue avec Don Cherry et se forme au classique offrant une nouvelle couleur à son jazz intimiste et sophistiqué. La carrière de celui qui se convertit alors à l’islam devenant Abdullah Ibrahim oscille bientôt entre l’Afrique (en 1968, il fonde au Swaziland l’école Marimba de Musique) , les Etat-Unis ( où il dirige le Jazz Composer’ s Orchestra ASS Workshops) et l’Europe où il forme un nouveau groupe, « l’African Space ». En 1975, il est consacré Numéro 1 mondial du jazz par le jury de la critique internationale du Downbeat. Il décide de rentrer en Afrique du Sud.

A brother with perfect timing

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Les émeutes de 1976 à Soweto le poussent bientôt à l’exil. Son oeuvre monumentale, le Kalahari Liberation Opera dénonçant violemment l’apartheid sera un triomphe dans toute l’Europe. Suivront The Septet Ekaya en 1984 et A brother with perfect timing, un film dans lequel il se révèle au piano un conteur charismatique et habité. Cette œuvre s’illustre par une section cuivres énergique, un chant serein, des polyrythmies élégantes et une couleur orientale. Ce touche à tout de génie intègre le long de sa brillante carrière du semba angolais, des mélodies traditionnelles sud-africaines et du jazz américain. Auteur de bandes originales de films (Chocolat de Claire Denis), sa vie sera également jalonnée de rencontres comme son mémorable duo avec Chris Mac Gregor l’autre pianiste référence du jazz sud-africain et avec Archie Shepp, objet d’un album enregistré ‘en 1990.

Le retour à Capetown

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En 1990, Abdullah Ibrahim, rentre au pays, partageant son temps entre Capetown et New-York. En 1997, il entame une collaboration longue et fructueuse avec le batteur Max Roach débouchant sur l’enregistrement de plusieurs duos dont Streams of consciousness. Ses compositions sont bientôt reprises en orchestre symphonique par le Zürcher Kammer Orchester dirigé par Barbara Yahr. Suivent ensuite African Suite (1998), un album pour orchestre à cordes et African Symphony (2001), un ensemble de compositions pour orchestre symphonique qui font l’unanimité dans le monde du jazz comme dans celui du classique. En 1999, il présente Cape Town Traveller, un spectacle multimedia mêlant musique électronique, drum and bass et jazz au festival de Leipzig. En 2000, le Gresham College de Londres l’invite à donner une série de conférences et de concerts, un honneur que cette très vieille institution britannique n’a fait avant lui qu’à John Cage, Luciano Berio et Xenakis. En 2001, sort Capetown revisited un hommage à la grande ville du jazz des années 1960, Cape Town, dont il retrace l’histoire musicale en compagnie du batteur George Gray, du trompettiste Feya Faku et du bassiste Marcus Mc Laurine. En 2005, des DJS des quatre coins de la planète lui rendent un vibrant hommage en remixant quelques uns de ses classiques dans l’album Re Brahim.
Depuis son retour au pays natal, Abdullah Ibrahim a créé un réseau d’écoles de musiques sur un concept personnel, le M7 : musique, mouvement, arts martiaux, médecine, méditation, menu, maîtres qu’il tente de diffuser dans le monde entier.

 

par   Nago Seck - Sylvie Clerfeuille  29 janvier 2008 - © Afrisson

News

Abdullah Ibrahim (ex Dollar Brand)
 
Seydina Insa Wade le retour
Il y a des artistes qui marquent une scène nationale en profondeur mais il faut attendre plusieurs décennies pour découvrir leur talent. C’est le cas de Seydina Insa Wade, père du folk sénégalais qui reçut des tomates au Festival des Arts Nègres en 1966 pour avoir osé chanter en wolof !!! Fasciné par les classiques sénégalais et européens, il nous revient avec un nouvel album , Reënes.