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Biographie

Ablaye Ndiaye Thiossane


Artistes Sénégal | Naissance : 1936

L’auteur, compositeur, guitariste et chanteur Ablaye Ndiaye Thiossane est un artiste pluridisciplinaire connu notamment pour son activité de peintre plasticien. Il commence la musique en 1952, puisant son inspiration dans les rythmes afro-cubains de son père, puis à la radio où il découvre Tino Rossi et Duke Ellington. Il faudra attendre ses 75 ans pour entendre son premier album, Thiossane...

Son titre « Talene lampe yi » (allumez les lumières) sera retenu en 1966 comme hymne radiophonique du Festival Mondial des Arts Nègres de Dakar initié par feu Léopold Sédar Senghor, premier président de la république du Sénégal. C’est le début de la reconnaissance, mais il faudra attendre 70 ans pour son premier album, Thiossane (tradition).

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Lat Dior Ngoné Latyr Diop, dernier damel (roi) du royaue du Cayor (Sénégal)

Le dernier Damel du Cayor

Né le 3 février 1936 d’un père noble, Papa Lamine Ndiaye, et d’une mère guewel (griotte), Asta Youga Mbaye, Ablaye Ndiaye est un « gawlo » originaire de Thiès, ville du Sénégal située à 70km de Dakar, dans la région du Cayor, fief des Damels (Rois) dont le plus illustre, Lat Dior Ngoné Latyr Diop, né en 1842 à Keur Amadou Yalla. Ce dernier opposa une résistance farouche à la colonisation à l’époque du gouverneur Faidherbe, notamment pour la construction du chemin de fer Dakar-Saint-Louis...Mais le 26 octobre 1886, à Dekhlé, face à une colonne de spahis commandés par le capitaine Valois, Lat Dior, dernier roi du Cayor alors âgé de 44 ans, tomba ainsi que deux de ses fils et soixante-dix-huit de ses compagnons d’armes. Ainsi le royaume de Cayor disparaît avec lui.

Tino Rossi, Harry Belafonte, les inspirateurs

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Enfant, Ablaye Ndiaye est bercé par des airs traditionnels maternels qui ont inspirés toute sa carrière musicale. Entre 1949 et 1950, son père mélomane écoutait le Septeto Habanero, qui développa chez lui son amour pour la musique afro-cubaine. Il découvrit par la suite les chansons du Français Tino Rossi, de l’Américain Harold George Belafonte Jr dit « Harry Belafonte », le jazz, la musique orientale de Farid El Atrach et les grands succès de la musique congolaise de Joseph Kabasélé dit « Grand Kallé Jeff ». Ce goût éclectique des sonorités musicales lui sera bénéfique dans sa future carrière. Très attaché à la tradition (d’où son pseudonyme « Thiossane »), il reste aussi influencé par des airs traditionnels des années 1835 appelés « lawanes », chansons populaires des talibés (élèves des écoles coraniques). Cette forme de chant s’est répandue dans tout le pays wolof et le président-académicien, Léopold Sédar Senghor, parlera des « lawanes » dans ses poèmes…

Thiossane, le premier CD à 75 ans

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Thierno Kouyaté

Ablaye Ndiaye Thiossane s’est aussi inspiré des contes africains où les bêtes sauvages véhiculent des messages forts à travers ces fables millénaires racontées aux enfants lors des veillées au clair de lune autour de feux de bois.
Sa carrière musicale a réellement débuté en 1952 au sein de la troupe théâtrale L’UAT (Union Artistique de Thiès). Durant cette période, il fréquente le Cayor Rythme, orchestre avec lequel il a représenté la région de Thiès à la Semaine Nationale de la Jeunesse du Sénégal.
Chanteur, peintre et dramaturge, Ablaye Ndiaye est un artiste autodidacte. Mais dans les années 1960, il décide de s’inscrire aux sections lyriques et plastiques de l’Ecole des Arts de Dakar (Sénégal) pour y parfaire ses connaissances artistiques.

Malgré une notoriété nationale, Ablaye Ndiaye n’avait encore jamais publié de disque. C’est à 75 ans qu’il franchit (enfin !) cette étape avec Thiossane, un album acoustique alliant « lawanes » sénégalais et afro-cubain et arrangé par François Bréant (Soro de Salif Keïta et Titati de Bako Dagnon (Mali), Orientissimo de Thione Seck (Sénégal), Sinikan de Sékouba Bambino (Guinée)… _ Dans le titre « Siket », on y entend la voix particulière de Khar Mbaye Madiaga, diva de l’Ensemble lyrique traditionnel du Théâtre Daniel Sorano de Dakar, relevée par les lignes fluides du sax de Thierno Kouyaté et soutenue par la basse de Samba Laobé Ndiaye et les tambours sabars de Jules Dramé.

* Source : http://www.accent-presse.com

 

par   Nago Seck  6 septembre 2011 - © Afrisson