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Biographie

Albert Ssempeke


Albert Ssempeke est le dernier musicien survivant à avoir joué la musique de cour devant le roi Mutesa II du Buganda. En compagnie d’un groupe de 18 musiciens et danseurs dont l’écossais Andy Cooke, il perpétue cette tradition musicale et la diffuse sur la scène internationale.

Sauvegarde d’un patrimoine

Formé auprès des musiciens de la cour du Buganda, les« Abalere ba kabaka » ou ensemble de flûtes, en compagnie de son jeune frère Ludoviko Sserwanga, Albert Ssempeke s’initie à de nombreux instruments, la flûte, la lyre endongo, la batterie et la harpe à huit cordes Kiganda. En 1968, quand Milton Obote abolit la royauté, les musiciens de cour refuse de jouer en signe de protestation.

Vingt ans plus tard, la plupart des musiciens de cour étant décédés ou trop âgés, Albert Ssempeke décide de relancer cette musique de cour et se produit dans les mariages de la région de Kampala, jouant de la lyre endongo en compagnie de son jeune frère Ludoviko Sserwanga au violon endingidi. Albert Ssempeke perpétue également la tradition des textes satiriques de cour. Traditionnellement en effet, le harpiste était le plus proche confident du Kabanda (roi), et comme le fou du roi en Europe, avait l’autorisation de souligner les défauts du souverain.

Albert Ssempeke et Andy Cooke

Albert Ssempeke tourne dans les zones rurales d’Ouganda, où il se produit chaque semaine à l’occasion des fêtes et des mariages, perpétuant l’histoire du pays et maintenant le lien entre musique et vie rurale. En 1987, Albert Ssempeke fait la connaissance de l’ethnomusicologue Peter Cooke et de son fils Andy qui lui organisent une résidence à l’Université d’Edinburgh, un passage en Ecosse qui lui vaut une participation au festival Womad de Peter Gabriel et lui ouvre les portes du monde. Albert Ssempeke fait ainsi plusieurs tournées européennes et signe des albums distribués sur la scène internationale avant de disparaître en 2006.

 

par   Sylvie Clerfeuille  29 mars 2011 - © Afrisson