Afrisson

Biographie

Aminata Fall


Artistes Sénégal | 1942-2002 | Styles :  Afro-blues - Afro-jazz

Née en 1942 à Saint-Louis (Sénégal), Aminata Fall est prise très jeune par le virus du jazz et du blues. En vendant, enfant, des cacahuètes devant le cinéma Vox du quartier Sindoné, elle est saisie par les voix des chanteuses américaines, Mahalia Jackson et Billie Holiday, qui s’échappent de la salle.

Le Star Jazz de Saint-Louis

En 1958, elle débute au Star Jazz de Saint-Louis de feu Papa Samba Diop alias "Mba" qui anime Le Cocotier, un club très en vogue à l’époque. Soutenue par une rythmique mbalax / afro-jazz / afro cubain, Aminata Fall s’illustre par sa voix de contralto ou de mezzo-soprano et ses improvisations détonantes. Elle connaît aussitôt le succès avec "Yaye boye", un lamento dédié à sa maman et qui sera repris par bon nombre d’artistes sénégambiens. La sortie de "Mbeuguel" (chanson d’amour) révèle une parfaite maîtrise des negro spirituals, du blues et du jazz. Ces interprétations lui valent bientôt le surnom de "Mahalia Jackson Sénégalaise".

La diva comédienne

Elle restera au Star Jazz de Saint-Louis jusqu’à son départ, en 1966, pour l’Ensemble lyrique traditionnel du théâtre national Daniel Sorano de Dakar. En 1969, elle participe au Festival Panafricain d’Alger, lieu de rencontres des plus grands noms de la musique africaine d’alors : Franklin Boukaka, Bembeya Jazz National et Boubacar Demba Camara, Kouyaté Sory Kandia, Archie Shepp, Barry White, Manu Dibango, Nina Simonel...
Aminata Famm restera 20 ans durant au sein de l’Ensemble lyrique, enchantant le public avec des titres comme "Taw ba ngui new" (une prière à la pluie), "Gan" (sur l’esclavage) ou "Sa ndèye" (sur les mauvais traitements des disciples par les marabouts) gravés en 1995 par Africa Fête de Mamadou Konté.

Parallèlement à la chanson, le cinéma et le théâtre lui font les yeux doux pour sa voix ample et magique mais aussi comme comédienne. En 1974, elle incarne Magoné N’Diaye dans "Touki Bouki" du défunt Djibril Diop Mambety. En 1995, elle joue dans "La vie a de longues jambes", une pièce de la styliste sénégalaise Oumou Sy, mise en scène par le Français Jean-Michel Bruyère. En 1998, le réalisateur Moussa Sène Absa lui consacre un documentaire, "Blues pour une diva". Elle participe ensuite au Festival de Jazz de Saint-Louis après une opération chirurgicale en France, rendue possible grâce au concours financier des artistes sénégalais.

La diva du blues n’est plus

Le 24 novembre 2002, cette cantatrice analphabète qui transcrivait ses chansons en dessins meurt dans sa maison à Saint-Louis, suite à une longue paralysie la condamnant à une amputation d’une jambe et à la chaise roulante. Elle avait 60 ans.

 

par   Nago Seck  4 mai 2008 - © Afrisson