Symbole d’une nouvelle image de la femme africaine, « la diablesse » poursuit une carrière internationale, proposant, avec Jean Hébrail, un style entre funk, jazz, rock, juju, gogbahoun, zilin, afro-beat et tchinkounmey chanté en fon, mina ou yoruba.
Une famille d’artistes
Originaire de la région de Ouidah, Angélique naît dans une famille d’artistes : son père est photographe et sa mère dirige une troupe de théâtre. La « petite » découvre les planches à l’âge de six ans puis, quatre ans plus tard, se tourne vers la musique et monte avec son frère un groupe moderne. Le « Beach Club » lance alors la lycéenne qui chante des morceaux des « Beatles », de « Simon and Garfunkel » et des « Rolling Stones ». Elle continue néanmoins sa vie d’étudiante et suit parallèlement une solide formation musicale. Au lycée, elle fonde le groupe « Swings » (son premier enregistrement, une reprise de « Malaïka » aura lieu dans les studios de la Radio Nationale.
Une plongée au cœur du Bénin
En 1980 sort son premier disque « Pretty » où elle utilise un rythme de sa région, le gogbahoun. Elle effectue bientôt des tournées dans plusieurs pays africains puis arrive à Paris en 1983 et passe le concours d’entrée des Ateliers-Chansons de la capitale française. Contactée par le pianiste hollandais Josef Van’t Hoft qui tente une fusion entre jazz classique et rythmes africains, elle rejoint le groupe « Pili Pili » à Rotterdam : le problème majeur sera d’adapter des chansons écrites par Angélique sur des compositions jusque là instrumentales. Le 30 cm « Hôtel Babo » est consacré au Bénin. En 1987, Angélique décide de rester à Paris. En compagnie de Jean Hébrail, un compositeur bassiste rencontré au CIM (l’école de jazz de Paris), elle explore les rythmes du Bénin et découvrira à Abomey le zilin, une technique vocale proche du blues. Elle s’aperçoit aussi que les musiques du sud comme du nord du pays supportent sans problème un habillage funk, rock et jazz.
L’Olympia : une clé pour Paris
A Paris, elle assure la première partie du spectacle de Myriam Makeba à l’Olympia puis réalise l’album « Parakou » chanté en fon, sa langue maternelle. Mélange de rock, jazz, gogbahoun, juju music et afro-beat, le disque lui vaut une large couverture médiatique. Elle donne dès lors, avec Jean Hébrail, des concerts en Europe et en Afrique. « Logozo » paru en 1991, rassemble des artistes de renom tels Manu Dibango, Ray Lema, Brandford Marsalis et révèle une Angélique au look futuriste, à la voix riche et puissante. En 1992, elle est une des premières africaines à se produire en Australie.
Installée plus tard aux Etats-Unis, elle explore l’influence des musiques africaines dans le monde à travers une trilogie : « Oremi », « Black Ivory Soul » et « Oyaya ! » qui la conduisent dans des univers aussi divers que le calypso, la salsa, le funk, le jazz, le merengue et le ska. Tout au long de sa carrière, elle a collaboré avec des artistes aussi divers que Santana et Gilberto Gil. Son travail lui a valu trois nominations aux Grammy Awards.
par Nago Seck 7 mai 2007 - © Afrisson
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