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Biographie

Art Melody

   Mamadou Armel Konkobo
Artistes Burkina Faso | Naissance : 1978 | Styles :  Afro-rap - Rap/Hip hop

Né le 1er janvier 1978 à Bobo-Dioulasso, au Burkina Faso, Mamadou Armel Konkobo aka Art Melody, rappeur engagé influencé par Tiken Jah Fakoly, Faso Kombat, IAM ou Didier Awadi de Positive Black Soul (PBS), se passionne très tôt pour la musique, notamment le hip hop qui, au début des années 1990, explose sur le continent africain.

Immigrations

En 1998, Art Melody écrit ses premiers textes et participe à des "Battles" en Côte d’Ivoire. En 2000 les conditions de vie de sa famille étant difficiles, il décide de rejoindre l’Europe par l’Espagne pour aider financièrement sa mère, ses frères et ses sœurs. Il part pour le Mali, traverse le Sénégal, la Mauritanie, le Sahel et arrive épuiser en Algérie où il sera emprisonné comme d’autres pendant deux semaines avant d’être rapatrié vers le Mali puis le Burkina Faso.

Son parcours

Dans chaque pays traversé, Art Melody rencontre d’autres rappeurs et apprend beaucoup à leurs contacts. Il chante notamment avec les Maliens de Fanga Fing ou avec le groupe de rap sénégalais Pacotille. De retour au Burkina Faso en 2003, il forme le groupe IBM (Ideal Black Mouvement) qui deviendra Barka Buudu (Génération bénie), un groupe afro-rap, mélangeant phrasé rap et musique traditionnelle. La base de ses inspirations est d’abord intérieure, à savoir "tout ce que j’ai vécu et enfoui au plus profond de moi". Dans ses textes, il parle des maux qui minent la société, dénonce l’injustice au quotidien.

Tamani

En février 2007, il rencontre dans les rues de Ouagadougou deux jeunes réalisateurs français, Sébastien Gouverneur et Nicolas Guibert, qui lui consacrent l’année suivante un portrait dans le documentaire "Tamani" sur le quotidien des hommes et des femmes au Burkina Faso. Le film sera l’année d’après sélectionné au Fespaco.

Premier album éponyme

En Février 2009, l’un des deux réalisateurs revient au Burkina Faso accompagné du beatmaker bordelais Minimalkonstruction, compositeur de la musique du film "Tamani". Tous les trois, aidés par des amis proches d’Art Melody, enregistrent pendant deux semaines dans les quartiers de Kolonaba et Tanpui à Ouagadougou. Le résultat est un mélange explosif de rythmes hip hop, soul, funk et africains sur lesquels se pose la voix puissante et unique d’Art Melody. Pour ce premier album éponyme comprenant "To Biiga", il a choisi de s’exprimer en moré ou mòoré (Mossi) et en dioula (Mandingue), des langues africaines parlées ou comprises par 20 millions de personnes notamment au Mali, en Côte d’Ivoire, au Burkina Faso, en Guinée, et au Ghana.

Autres réalisations

Depuis, Art Melody a participé au Waga Hip Hop 2009, joué aux Centres Culturels Français de Bobo-Dioulasso et Ouagadougou en janvier 2010. En mai et juin 2010, il est invité en France pour une série de rencontres et de concerts. Accompagné d’un groupe, il se produit en première partie de La Rumeur (rap français), Watcha Clan (électro, dub, jungle), Le Fou du Roi, Ben Sharpa (hip hop, électro), Quantic and His Combo Bárbaro (cumbia).

Art Melody apparaît en 2011 sur la compilation consacrée au hip hop africain "Fangafrika 2" (avec le collectif Djanta Kan), et sur l’album "Human Project" du groupe électro-world United Fools pour un duo avec Sir Jean, l’ancien chanteur de Mei Tei Sho.

"Zound Zandé", deuxième album

Pendant cette même année, Art Melody enregistre, avec le beatmaker bordelais Redrum, son deuxième album, "Zound Zandé", masterisé par Dave Cooley du Label Stones Throw qui a un vrai un coup de coeur pour l’artiste. En featuring, on retrouve Yao Bobby, célèbre rappeur du collectif togolais Djanta Kan et Sabrina Iyadede, chanteuse rwandaise basée à New-York (USA) qui à notamment collaborée avec The Roots.

Wogdog Blues

En 2013, Art Melody sort "Wogdog Blues", un troisième album solo où, de sa voix rocailleuse, son flow sec et son débit fulgurent de mots, il balance des textes engagés évoquant notamment la dureté de la vie en Afrique… et ailleurs. L’artiste nous offre aussi un titre a cappella ("Baba (Skit)") ou encore un morceau au débit plus soft ("Wend Yamba").

 

par   Nago Seck  9 novembre 2009 - © Afrisson