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Biographie

Arthur Mafokate

   Arthur Mafokate
Artistes Afrique du Sud | Styles :  Kwaito

Avec le titre « Kaffir, » dénonçant le racisme, Arthur Mafokate a contribué à popularise le kwaïto, fusion de house, de dance et de sons des townships. Il a créé sa propre maison de production, 999.

Arthur Mafokate est né en Pimville et a grandi à Chiawelo, deux quartiers de Soweto.

Mister Soweto

A la fin des années 1980, il se lance dans une carrière de danseur et remporte plusieurs concours, le « Shell Road to Fame Talent Search » et le « Town Talk Pantsula Dance Competition ». Il entre alors dans le milieu professionnel dansant pour Brenda Fassie, « Son of Monwa & Son Fame » et Johnny Makholi, et entame parallèlement une brève carrière de mannequin, remportant le prix de « Mister Soweto » et devenant finaliste du concours « Mister South Africa ».

Le roi du kwaïto

Mais Arthur se passionne peu à peu pour le métier de musicien inspiré par l’artiste Chicco et signe bientôt un contrat avec CCP records. Auteur, compositeur, il sort des œuvres passées inaperçues, Windy Windy et le projet Bambezela, signe le titre « Daai Ding » (qui dénonce le racisme contre les shangaan) et connaît le succès en 1995 avec le titre « Kaffir » ("ne m’appelez plus négro"). Ce tube (150.000 exemplaires vendus) reflète la nouvelle liberté d’expression depuis la fin de l’apartheid et contribue à lancer sur la scène sud-africaine, un nouveau genre musical, le kwaïto signifiant en argot l« e cri du ghetto ».

Bientôt surnommé « le roi du kwaïto », Arthur Mafokate sort un an plus tard Die Poppe Sal pour faire taire ceux qui le voit comme l’artiste d’un seul succès. L’album se vend à 60 000 exemplaires. Oyi Oyi sorti en 1997, un album aux titres pétris d’humour, « Hayi Wena », « Koti Koti » et « Yu Make Me Go Mmmm » conforte sa popularité. Consacré en 1998 aux South Africa Music Award, Arthur enregistre les années suivantes de nombreux albums dont Seven Phezulu en 2001 qui consacre la culture des townships et où figurent Abanshante au chant gospel et Don Laka. En 2007, il opère un virage musical avec Farewell en injectant dans la rythmique kwaïto des lignes de cuivres, des solo de piano jazzy, des guitares et des voix inspirées du mbaqanga de Mahlathini et des Mahotella Queens.

999 Music Label

Parallèlement à sa carrière d’artiste, Arthur Mafokate mène une carrière de producteur et crée dès 1992 le label 999 Music Label, une nouveauté dans un paysage musical longtemps dominé par les Majors. Il fait ainsi partie d’une nouvelle génération de musiciens "post-apartheid" désireux de maîtriser leur carrière et de défendre leurs droits. 999 Music va lancer le kwaïto en produisant des artistes comme Aba Shante, Queen, Brenda Fassie, Joe Nina,Lebo Mathosa (Boom Shaka), Lira, Chomee, Mandoza, Supasta, Bambezela, Scamtho, Helela, Iyaya, Mouze, Ishamel, Mshoza, Zombo, Zulu, Chafkop, Stitch mais aussi des artistes d’autres genres comme Jeff Maluleke.

 

par   Sylvie Clerfeuille  17 novembre 2012 - © Afrisson