Fan de la grande Billie Holiday, elle en a retenu les accents bluesy.
L’héritière de Bizunesh Bekele
Bizunesh Bekele
Au moment où Aster Aweke apprend à marcher, les musiques éthiopiennes vivent de profonds bouleversements au contact du swing, du rock et de la musique cubaine. Les clubs et les hôtels de la capitale vibrent au rythme des fanfares accompagnées des ténors et des divas comme Bizunesh Bekele, sa référence. Baignée dans les rythmes des Hauts Plateaux du centre du pays, elle est sensible au kraar (harpe éthiopienne) qui accompagne les tchewatas (balades), aux eskeustas (danses de mariages) et à l’éthio-jazz lancé par Mulatu Astatké. L’enfant est aussi une fan de James Brown, d’Aretha Franklin et de Billie Holiday.
Le Roha Band
A seize ans, elle décide de tout abandonner pour la musique laissant pour tout témoignage de sa fuite une lettre d’adieu à ses proches. Elle débute alors au théatre Hager Fiker avant d’entamer une carrière solo. Sa renommée gagne bientôt tout le pays et la jeune chanteuse qui enchaîne cassette sur cassette réalise son rêve lorsqu’elle est sollicitée par le plus célèbre groupe du pays : le Roha Band.
Washington et Triple Earth
En 1982, la jeune diva s’installe bientôt à Washington où vit une importante communauté éthiopienne et sa voix envoûtante et sinueuse aux accents soul s’impose dans les clubs et les restaurants. « Découverte » par les britanniques Iain Scott et Bunt Stafford Clark (Earthworks), producteurs de la chanteuse indiennne Najma, elle s’envole pour l’Europe.
Funk, soul et ethio-jazz
Son premier album « Aster » sorti en 1989 alterne duos voix/kraar et orchestration électrique dotée d’une section de cuivres. Il distille un ethio-jazz soutenu par une voix où perce les influences soul et blues d’Aretha Franklin et de Billie Holiday et promène ses émotions dans tous les registres. La jeune amharique multiplie alors les festivals américains, les concerts en Europe et au Canada. Son second album, « Kabu » (temple privé), fortement marqué par le beat funk et la soul music dévoile une voix au large éventail d’émotions. L’énergie électrique de « Yede gosh » (mon ami) contraste par les sonorités et le rythme avec la mélodie tendre de « Bitchenga » et les couleurs caribéennes de « Keriza ». L’album se classera N°1 du College music journal Chart, aux Etats-Unis.
par Nago Seck 7 mai 2007 - © Afrisson
