Afrisson

Biographie

Awa Timbo


Artistes France -  Mali | Naissance : 1963 | Styles :  Afro-jazz - Jazz

Une vie, une voix, un rêve... Il y a une grâce vivifiante, une intensité à peine palpable et une énergie distillée avec soin dans le chant d’Awa Timbo, une vocaliste franco-malienne atypique qui mène sa carrière depuis plusieurs années à travers le monde et les genres... Elle est aussi professeur de chant au Centre Culturel du Bourget, dans la région parisienne, en France.

La petite Malienne de la Moselle

Awa Timbo naît en 1963 à Nancy de parents maliens. Dans un entourage familial fortement imprégné par les valeurs traditionnelles, elle grandit bercée par les rêves enfouis dans les pages des contes nordiques. Seule élève africaine à l’école et dans toute la Moselle, la jeune lycéenne s’intéresse aux langues : c’est le début d’une formation de traductrice maîtrisant parfaitement anglais, italien, espagnol et français.

Une tessiture de soprano

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A cette époque, le désir de chanter a déjà saisi son esprit. Inscrite à l’Ecole de musique de Thionville, elle étudie le solfège, la théorie, le piano et le chant lyrique, puis intègre la chorale de l’institut, où le directeur Johnny Bohr la stimule à interpréter des pièces de jazz. C’est la découverte d’une passion, passion qu’elle partagera plus tard avec ses frères Oumar, guitariste virtuose de Tiken Jah Fakoly, Fitt Band Experience, Manjul & Humble Band, Dolais Kib, concepteur multimédia et chargé de communication & production, Assane (comédien et pianiste) et sa soeur Mariame (chanteuse de gospel et orthophoniste spécialisée en rééducation de voix chantées et parlées).
Awa Timbo écoute alors à longueur de journée Sarah Vaughan ou Al Jarreau, puis, installée à Paris, suit les cours de jazz de la Guyanaise Viviane Ginapé. Sa voix en acquiert la latitude et l’aisance dans les mutations de registre. Cela l’aide également à préciser son style : chanteuse de tempérament, animée par un romantisme sincère, Awa Timbo exprime les sensations en pointillé et recourt souvent à la variation du ton et de la coloration. En même temps, le raffinement de son phrasé ne lui fait perdre un rien de spontanéité. Dotée d’une tessiture de soprano, portée aux rapprochements stylistiques ou à la recherche de consonances entre genres éloignés, sa présence intrigue et l’impose dès les premières apparitions en public.

Des compositions empreintes de quiétude

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Elle fréquente la cour des grands, collabore avec Laurent Voulzy, Mariah Carey, Zucchero,Yannick Noah, Arielle Dombasle, Cerrone, Mc Solaar et Axelle Red, parmi les autres. Très sollicitée, elle se produit dans les salles prestigieuses d’Europe avec plusieurs formations de gospel, comme Gospel Voices, Gospel pour 100 Voix, American Gospel et Black Harmony. Elle y participe enthousiaste, bien que ses motivations soient plus d’ordre religieux qu’esthétique. A la même période, nous sommes à cheval des deux millénaires, elle est lead vocal d’un groupe de standards internationaux, et part pour une longue tournée à Tahiti, puis au Sénégal. Ses expériences se multiplient et se diversifient. Awa accompagne en tournée ou en studio divers artistes : Amadou & Mariam (1998), Jovinho Dos Santos, Paco Séry, Tiken Jah Fakoly...Ils sont tous des Africains, témoignage d’un attachement emblématique au continent de ses ancêtres. Cette période des voyages laisse une trace solide dans sa vie comme dans son approche à la musique. Eblouie devant le spectacle des îles polynésiennes, émue face au Christ aux bras écartés de la montagne de Corcovado, à Rio (elle rendra une interprétation poignante de la chanson homonyme), pleine d’effervescence en foulant les pieds sur le sol rougeâtre du Sahel, elle retiendra de ces contacts de terres et de gens les émotions que l’on retrouve diluées dans ses compositions mélodieuses et empreintes de quiétude.

Singularité expressive

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De g. à d. : Awa Timbo, Alpha Blondy et Myriam Betty à Santa Barbara (USA)

En 2004, parallèlement à ses ateliers vocaux (techniques de chant, vocalises, études d’un morceau, expression scénique...), Awa Timbo forme son quartet. Avec un bassiste - contrebassiste, un batteur et tantôt un pianiste, tantôt un guitariste, son répertoire jazzy s’ouvre aux influences latines, brésiliennes en particulier, et africaines dans certaines intonations vocales. Comme si le sentimentalisme langoureux de la bossa et la liberté extrême de la musique née à la Nouvelle Orléans étaient les facettes d’un caractère associant étroitement la femme à l’artiste. Cette singularité expressive s’oriente maintenant vers une nouvelle chanson à la fois sophistiquée et intimiste, qui demeure épurée et touchante de douceur dans l’interprétation vocale. Au seuil de sa maturité, Awa préfère l’emploi des notes medium et graves pour mieux exprimer la profondeur d’une personnalité éprise de spiritualité. Elle peut aussi s’envoler légère dans les airs suivant un petit sursaut de l’âme ou un écart émotionnel. Mais sa retenue naturelle, une sorte de pudeur, la préserve toujours de la démonstration artistique. La petite flamme qui éclaire sa voix radieuse et habitée est voilée d’une nostalgie ineffable, mémoire en nuances des gens et des lieux de son vécu, héritage peut être du sang des nomades Peuls qui coule dans les veines de ses parents. Généreuse, Awa Timbo qui a accompagné comme choriste Alpha Blondy lors de sa tournée américaine 2005 veut partager avec son public cet état d’apaisement et de bonheur teinté d’une mélancolie subtile.

 

par   Luigi Elongui  22 février 2008 - © Afrisson

News

Awa Timbo
 
Ramadanights
A Paris, le festival Ramadanights qui fête sa première édition et débute aujourd’hui, programme de nombreux artistes africains pendant tout le ramadan : Moussa Kanouté, Awa Timbo, et Désiré Sankara, l’Ismael Lô du Burkina Faso. Le Polyrythmo, groupe légendaire du Bénin, fait son grand retour, l’occasion de se pencher sur l’histoire musicale du Bénin, pays de la trépidante Angélique Kidjo, du compositeur arrangeur Wally Badarou, de Gnonnas Pedro. Le kuduro, nouveau groove d’Angola a séduit les Djs en Occident dont le fameux Galliano qui ne cesse de se nourrir musicalement de l’Afrique. Bonne visite...