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Bénin

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PaysSite internet  | Indépendance-Libération : 1960 | 112.622 km² - 6.200.000 h

Bénin et highlife, une histoire d’amour.

Le Bénin (Dahomey jusqu’en 1975) a été longtemps dominé par des courants importés comme la rumba congolaise et le highlife. Si cette dépendance s’explique en partie par le dynamisme et la puissance industrielle de ses voisins, elle trouve également son fondement dans une sensibilité culturelle commune.

Au Bénin, les Nagos développent une musique similaire au style shakara des Yorubas nigérians (ancêtre de la fuji music) tandis que les Yorubas se passionnent pour la juju. L’influence du highlife sera prépondérante à partir des années 1950 au Bénin largement diffusé par Ignace de Souza. Par ses nombreux allers-retours entre le Ghana et le Bénin, ce saxophoniste de premier plan a favorisé l’interaction musicale entre les deux pays. Celle-ci sera brutalement freinée en 1969 par l’arrivée au pouvoir au Ghana du Docteur Kofi Busia qui expulse des milliers de non ghanéens du pays.

Années 1960/1970 : influence salsa et tchink-system

Durant ces deux décennies, le pays vit sous l’influence de rythmes importés comme le tango, le boléro, la rumba et le jazz. Pourtant, sous l’impulsion de compositeurs, arrangeurs et interprètes qui décident de chanter dans les langues du pays (le fon et le mina), la scène amorce une recherche dans les formes d’expression traditionnelle (gogbahoun, agbadja, zilin, kaka, toba, laské, téké, tipenti, tchinkounmey), styles vocaux ou rythmes à base de tohoun et de gotta.

En 1965, avec le tube « Oum kpé zon toé », la doyenne Edia Sophie ouvre la voie. El Rego qui fonde divers groupes (le Daho Jazz, les Jets, Los Paras, les Commandos) chante en fon. Guitariste et chansonnier, GG Vikey sera célébré en 1969 avec son titre « Vive les mariés ». Joseph Tao, surnommé « le miel », se fait connaître avec l’album Gangbakoun. Il restera avec Pascal Médagbé, décédé en 1998, l’un des grands compositeurs du Super Star de Ouidah. Quant à Clément Mélomé alias « Mélo », il dirige le Poly Rythmo qui, comme le Black Santiago où officie le percussionniste Sagbohan Danialou, est une formation phare du pays depuis 1967 et pépinière de talents. On trouve également Bluecky d’Almeida, Yédénou Adjahoul et enfin Anatole Alokpon, surnommé « le grand roi du tchink » (tchinkounmey), une musique métissée et électrifiée dans les années 1970 par Stan Tohon et adoptée par de nombreux artistes tels Vovo Vilaup et Bobo D.

Années 1980/1990 : succès de la diaspora et scène nationale multistyles

Dans les années 1980/1990, plusieurs artistes installés en Europe développent une carrière internationale : Philippe Mandounou (Nikwe) fonde le groupe Alafia, expérimentant une fusion entre funk, highlife, afro-beat et rythmes du Bénin. Le pianiste Wally Badarou se fait connaître notamment en 1985 par la création du groupe Level 42, Angélique Kidjo est révélée dans les années 1990 par l’album « Logozo ». Le pianiste compositeur Tchangodei enregistre avec de nombreux jazzman (Steve Lacy, Archie Shepp, Louis Sclavis) et Idriss Badarou, le frère de Wally, se lance dans la variété française.

Au pays, Nel Oliver opte pour un style entre R&B, soul et couleurs béninoises. Propriétaire d’un studio numérique, il lance de nombreux artistes comme Madou et Rek Souza tandis que Sagbohan Danialou revivifie le répertoire vaudou et que Kiri Kanta valorise l’art musical bariba du Nord. Quant au groupe Karavan, il propose un afro-jazz aux couleurs du folklore téké pendant que Prince Ade-Oye et Jocelyne Aladaye se spécialisent dans les rythmes yoruba et le highlife. Figure emblématique de la salsa des années 1960, Gnonnas Pedro s’offre une seconde carrière au sein d’Africando, Ebawade développe une musique de fusion tirée des rythmes « azélé », « agbadja » et « azandrozéléhoun » tandis que Gangbe Brass Band renoue avec la tradition des fanfares mêlant sources béninoises et jazz. Au milieu des années 1990, le mouvement hip hop et le rap vaudou dominent la scène avec Zulu Boys, Eric B (Eric Biaou), Dav’2 (Davetwo), Ishak (Laurent Tchabouey) puis Academy Rap, Davetwo (David Zehe) ou encore les Sagpata Boys.

 

par   Nago Seck  11 mai 2007 - © Afrisson

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