Afrisson

Biographie

Beta Simon

   Yoh Bailly Simon
Artistes Côte d’Ivoire | Naissance : 1964 | Styles :  Afro-reggae

Né le 1er Novembre 1964 à Bolia (Centre-Ouest de la Côte d’Ivoire), Yoh Bailly Simon (prononcer Saïmone) aka Beta Simon diffuse de l’afro-reggae chanté en bété (sa langue maternelle), en moré, en sénoufo, en dioula, en wolof et pleins d’autres langues encore…

Beta Simon, l’Alpha Blondy des Bétés

Alpha Blondy

Beta Simon grandir dans un environnement calme et paisible, dans un village sans électricité, éclairé par le soleil et la lune. A l’adolescence, il fugue pour se rendre à Daloa afin de connaître pleins d’autres choses. C’est là qu’il commence à découvrir la vie moderne et se met à apprendre la mécanique, ce qui lui empêchait d’avoir le temps de chanter. Il rejoint alors un espace artistique où l’on forme des musiciens. C’est ainsi qu’il fait la connaissance de Liazou Pédro, le chanteur du groupe Zouzouko Africa. Aux côtés de ce dernier, il trouve l’occasion de prendre le micro et chanter. A chaque prestation, le public est conquis. Dès lors, on le surnomme « Alpha Bété » (l’Alpha Blondy des Bétés). « Je me suis dit que s’il y avait Alpha, il pouvait y avoir aussi Beta (deuxième lettre de l’alphabet grec). Je me suis donc surnommé Beta Simon ».
Plus tard, Beta Simon rejoint l’O.F.I. (Orchestre de la Fraternité Ivoirienne) de Bouaké dans le Nord de la Côte d’Ivoire où il devient régisseur, s’occupais du matériel de musique. C’était une manière pour moi de me former au sein de l’orchestre. Ensuite, il part à Abidjan où il se fait découvrir en tant que chanteur. Arsène Douho, célèbre producteur en Côte d’Ivoire, le prend sous son aile au même titre que l’artiste Jimmy Gnahoré.

Beta Simon chez Fela Anikulapo Kuti

Beta Simon faudra attendre 1991 pour entendre Beta Simon et le Baïssadé, un premier opus afro-reggae chanté en moré (langue du Burkina Faso) et en bété. Le succès est immédiat et lui ouvre les portes des salles d’Afrique de l’Ouest. Il décide alors d’aller au Ghana, en passant par le Togo, le Bénin et le Nigeria où il loge chez Fela Anikulapo Kuti, le père de l’afro-beat. La prochaine étape sera le Burkina Faso où l’attend un ami. Dès son arrivée, Beta Simon est arrêté par des policiers. « Je me suis présenté en leur disant mon nom, Beta Simon. Évidemment ils ne m’ont pas cru. Comment un artiste peut-il vagabonder dans les rues en pleine nuit ? Je leur ai alors montré mon album. Lorsqu’ils ont été convaincu de mon identité et ne sachant pas comment retrouver mon ami, ils m’ont amené à la radio où j’ai été reçu par l’animateur. Mon ami qui était couché écoutait l’émission et est venu me rejoindre. De là, je suis resté chez lui quelques années au Burkina Faso. C’est dans ce pays que j’ai composé les chansons de mon deuxième album ».

Esprit Musique, le décollage

L’album Esprit Musique

En 1996, sort alors Esprit Musique. Le titre « Nisalaka Zueta », chanté en moré, devient aussitôt un tube au Burkina Faso. « Dans cette chanson, je dis : le criquet a peur du margouillat, le margouillat a peur du serpent, le serpent a peur de la mangouste, la mangouste a peur du chien, le chien a peur de l’homme et pourquoi l’homme n’a-t-il pas peur de Dieu ? ».
« Cette chanson a été composée dans mes temps de galère où j’ai vu un margouillat qui a sauté sur un criquet. J’aimais chanter dans des langues burkinabées d’autant plus que mon père a été l’un des premiers à recevoir des Burkinabés au village. Il leur a prêté une partie des terres. Un lien d’amitié s’est créé entre nous, entre les enfants du village, Ivoiriens et Burkinabés, qui étaient de la même génération que moi. Cela m’a permis déjà de connaître l’accent moré. Petit à petit, j’ai commencé à comprendre les mots ».

L’ami Tiken Jah Fakoly

En 1999, Beta Simon enregistre Ramde qui veut dire les grondements de fusil. « Pourquoi ces grondements de fusil ? Juste pour une question d’argent, de terre, de femme. Cette année-là, je suis parti en France pour une prestation, accueilli par la tempête et le froid ». Un nouveau chapitre commence. Sans papiers à Paris, Beta Simon est obligé, pour subvenir à ses besoins, de faire des petits boulots. En 2002, il est bien accueilli en Bretagne où il recommence ma vie de paysan. Ensuite, Tiken Jah Fakoly qu’il connaissait depuis la Côte d’Ivoire lui propose de le produire. Invité en 1996 par des journalistes à la sortie de Esprit Musique (dont « Nisalaka Zueta ») en Côte d’Ivoire, il s’y rend en compagnie de Tiken Jah Fakoly qu’il veut leur présenter. « Un jour, c’est lui qui me présentera à d’autres personnes. La vie, c’est comme ça ».
Suite à la proposition de son ami Tiken Jah Fakoly et à cause des incompréhensions entre les hommes politiques en Côte d’Ivoire, Beta Simon enregistre en 2005 dans le studio de ce dernier à Bamako (Mali) l’album Kraity Payan Guez, dont un duo, « Iyo », avec son ami. Cet album réalisé avec les musiciens de Tiken Jah Fakoly et l’arrangeur Dave Kynner le fait connaître auprès des amateurs maliens de reggae. Beta Simon participera à son tour à l’album L’Africain de Tiken Jah Fakoly, comme invité sur le titre « Ma Côte d’Ivoire ». Après un break discographique de 6 ans, Beta Simon sort Soupe de Pierres, enregistré avec son groupe dans le studio de son ami Pablo U-Wa ; chacun des musiciens y apportant ses ingrédients…

Des stades maliens, ivoiriens et burkinabés jusqu’à l’Olympia de Paris, en passant par l’Angleterre ou la Belgique, Beta Simon et son groupe afro-reggae Jah-bi-Jah enchaînent les concerts à travers l’Afrique et l’Europe. Conteur, maître des proverbes, Beta Simon exprime la richesse de sa culture. D’où l’importance de la langue à ses yeux : il invente lui-même sa propre langue, le « baïssadé », socle de ses compositions musicales.

* Source : www.betasimon.net

 

par   Nago Seck  7 septembre 2007 - © Afrisson