Afrisson

Cap-Vert

Cap-Vert


Pays  | Indépendance-Libération : 1975 | 4.033 km² - 418.224 h

Un entrepôt d’esclaves

Colonisé par les Portugais pendant six siècles, le Cap-Vert, utilisé comme entrepôt d’esclaves, est une terre de métissage. Dans les îles de Sotavento s’installèrent des esclaves parmi lesquels des Guinéens devenus plus tard cultivateurs. Ils apportèrent leurs talking-drums (tambours d’appel), empruntèrent les tumbas aux Portugais et imposèrent leurs rythmes d’origine : le batuque de Santiago joué par les femmes, le funana dont le nom est tiré du fun gaga (rythme de Guinée) et le batanka (nom guinéen signifiant village).

Morna et coladeira

Née dans l’île de Boa Vista, la morna installée ensuite à Boa Vista se chante pour la partida (sentiment de départ). Très nostalgique, elle se chante dans les années 1950 avec les « violas » (guitares à 10 cordes), la nuit au clair de lune pour donner la sérénade à sa belle. Le plus grand chanteur de cette époque est Lela de Maninha. Les grands compositeurs de morna sont Eugenio Tavares et B. Leza.

La coladeira de Sao Vicente vient du mot « cola » (collé serré), une danse exécutée pour la fête de Sao Joao. Extraite de la morna et accélérée, elle devient une musique de danse. Dans les années 1950, des groupes amateurs animent les bals, jouant une musique acoustique (guitare, cavaquinho, pandeiro et cuivres). Radio Club Mindelo et Radio Barlovento diffusent alors des musiques du Portugal et du Brésil reprises par les musiciens de l’archipel.

Les capverdiens à la conquête du monde

Après la Seconde Guerre mondiale, des Capverdiens s’exilent aux Etats-Unis, en Europe et au Sénégal. Luis Vieira Da Fonseca plus connu sous le nom de « Fonseca » crée dans les années 1950 à Bruxelles « Les Anges Noirs », un groupe dans lequel joue Manu Dibango. Afro-cubain, highlife, cha-cha, coladeira, morna, bolero, merengue feront sa popularité en Belgique, en Afrique et aux Antilles.

Voz di Cabo Verde et Bulimundo

A partir des années 60, ces exilés rapportent l’instrumentation électrique (guitare, orgue, batterie) : la coladeira renaît avec l’album « damsando com Voz di Cabo Verde » du groupe Voz di Cabo Verde créé par Luis Moraïs et Joaquim Almeida alias Morgadinho.

Dans les années 1970, le groupe « Bulimundo » de Katchass et des frères di Reinhalda relance le funana, musique rurale longtemps méprisée tandis que Os Tubaroes, spécialiste de coladeira triomphe grâce à son chanteur de morna Ildo Lobo. A la même période, la formation « Cabo Verde Show » popularise tous ces genres en Occident.

Cesaria Evora l’internationale

Les années 1980 voient l’apparition du groupe Finaçon (nom d’un chant improvisé de l’île de Santiago) qui crée la funacola, mélange de funana et de coladeira alors que la morna s’impose au niveau international avec des chanteurs tels Bana, Celina Pereira, Titina, Gardeinha Benros et surtout Cesaria Evora dont la voix séduit la planète entière.

Le retour du funana

Dans les années 1990, revient en force le funana avec le groupe Ferro Gaita puis Rabelados dirigé par Betu Dias, les compositeurs Orlando Pantera, Ze Henrique, Norberto Tavares et Kaka Barbosa et Kino, un showman basé à Rotterdam. Tandis que Tito Paris impose sa morna symphonique, Vasco Martins propose une intéressante symbiose entre divers styles capverdiens et musiques électroniques.

Colazouk et Creole Rap

D’autres styles s’imposent dans les communautés de l’immigration (Etats Unis, Hollande) : le colazouk ou coladanse et le cabo zouk ou Cap zouk notamment avec des artistes comme Calu Bana. Beto Dias, Djedje, Roger, Philip Monteiro, etc...
Le rap fait son entrée avec des jeunes capverdiens de France : Ize MC qui le mâtine de ragga, de funana et de morna donnés par le ferro-gaïta, Elizio, Philip M et Jacky Brown. Basé à New Bedford, aux Etats-Unis, Djédjé lance le créole rap. Trois jeunes groupes percent sur la scène hollandaise : the Real Vibe qui décroche un concours de free style en 1991, Black Side de Rotterdam mêlant rap, ragga et zouk et E-Life dont le single sorti en 1997 a été numéro 1 du top 40 hollandais.
De nouvelles voix s’imposent dans les années 2000 comme Lura et Mayra Andrade.

 

par   Sylvie Clerfeuille  11 mai 2007 - © Afrisson

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Monica Pereira rend hommage à Cesaria Evora (1941-2011)
En ce 1er jour de l’an 2017, la chanteuse originaire de Guinée Bissau, Monica Pereira, lance sur les plateformes de téléchargement "Ave Cesaria", un vibrant hommage à Cesaria Evora, la diva capverdienne disparue le 17 décembre 2011.
Le clip de cette magnifique morna enregistrée en duo avec le pianiste Olivier Corre, et chantée en français, est filmé par Yann Gateau au Radisson Blu de Nantes, en France.
 
 
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