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Centrafrique

Centrafrique


Pays  | Indépendance-Libération : 1960 | 622.984 km² - 3.895.139 h

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Trompes banda linda

Chants à penser et trompes

La scène traditionnelle centrafricaine est dominée par les polyphonies pygmées et les musiques des Nzandé et des Nzakara, jouant des harpes et des xylophones. Tandis que les Gbaya préfèrent les sanzas et “les chants à penser”, les Banda se sont fait connaître par leurs ensembles de trompes. Certaines musiques traditionnelles sont en extinction comme les musiques des anciennes cours royales Bandia.

Jimmy à la guitare hawaïenne

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Jimmy Banguissois

Dans les années 1950 apparaissent les premières musiques orchestrées influencées par le Congo Léopoldville voisin. En effet, tous les artistes centrafricains se rendent à Léopoldville et Brazzaville pour diverses raisons : toutes les structures de production se trouvent dans ces deux pays et attirent des artistes de toute l’Afrique centrale, Radio Brazzaville qui possède un émetteur très puissant diffuse du hilife Ghanéen, des musiques cubaines et de la rumba congolaise, la culture bantoue qui véhicule les mêmes sensibilités musicales fait de l’Afrique centrale un milieu culturel très homogène.
C’est d’ailleurs dans ce milieu que va s’imposer le fameux Jimmy de la Hawaïenne (Zacharie Elenga aussi surnommé Jimmy Banguissois puisque originaire de Bangui) qui est de mère centrafricaine et de père congolais. Il se fait connaître par ses duos avec le chanteur angolais Paul Mwanga et surtout il impose son fameux vibrato de guitare qui va inspirer des dizaines de guitaristes comme le fameux Dechaux que l’on surnommera même « petit Jimmy ». Certains suivront comme Jean Marc Lesoi, Jean Magalet, Dominique Eboma, Prosper Mayele, Bekpa qui reprennent des morceaux populaires cubains et ghanéens...

Une musique de professeurs

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le Vibro Succès

Après ces pionniers, ces chansonniers des années 1950, apparaissent comme au Congo, dans les années soixante, les premiers orchestres. Mais il n’y a pas à proprement parler de musiciens professionnels. C’est une musique de professeurs, on peut citer Prince Mayele et Mbekpa qui fondent le Vibro Mayos (1963). Il se produit dans les fêtes privées et les bars de la capitale comme le « Mbiyé », le dancing le plus coté de Bangui. De ce groupe pionnier vont émerger deux groupes rivaux, le Vibro Succès créé par Bekpa et le Centrafrican Jazz de Prosper Mayele.
Il y a également à cette période une autre formation qui domine, le Commando Jazz, un groupe formé de militaires qui joue surtout une musique de fanfare. Dans une scène dominée par les reprises des stars congolaises comme Kabasele, Franco, Rochereau commence à se dessiner une musique nationale. Chacun impose son propre style : Prosper Mayele est reconnu comme un excellent guitariste et Bekpa « Beckers » est un saxophoniste réputé.

Années 1970

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Formidable musiki

Dans les années 1970, avec le Tropical Fiesta de Charlie Perrière puis Formidable Musiki de Thierry Yezo, le statut de musicien professionnel se dessine...De plus en plus de jeunes aspirent à être musiciens professionnels et se lancent dans la carrière.
Apparaissent à cette époque une pléthore de groupes comme Canon Stars, Super Stars, le Commando Jazz, le Makembé de Ferreira, Formidable Musiki de Thierry Darlan "Yezo" (1974), un des plus célèbres, Tropical Fiesta de Charlie Perrière (le doyen), et le Centrafrican Jazz, toujours très populaire au sein d ela jeunesse et des femmes. Certains artistes deviennent des artistes officiels, sollicités par l’Empereur Bokassa comme Charlie Perrière qui deviendra même ministre de la Culture ou Beckers et son Vibro Succès. Le Vibro Succès représentera même la Centrafrique en 1974 au Festival de la Francophonie au Québec où il décrochera une médaille d’or. Un des rares évènements qui marquent une reconnaissance internationale de la musique centrafricaine.

Mais par manque de moyens (peu d’artistes arrivent à enregistrer des disques), pour fuir les pressions politiques (Beckers se déclare las d’être obligé de chanter les louanges du président, Prosper Mayele est jeté en prison par Bokassa) ou tout simplement pour étudier, la plupart des musiciens centrafricains vont s’exiler en Europe et surtout à Paris : Bigao, Lea Leanzi, Charlie Perrière, Sultan Zembellat, Léoni Kangala. Et c’est paradoxalement dans cette terre d’exil que ces musiciens éprouvent le besoin de mettre en partition pour la première fois les rythmes centrafricains. Cela aboutira à une composition collective (Saladin, Sultan Zembellat, Charlie Perrière, Bigao, Lea Leanzi et Thierry Yezo), une modernisation des chants pygmées.

Un début de recherche musicale<

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Laetitia Zonzambe

Dans les années 1980, s’amorce une recherche musicale. Papa Bhy Gao lance le mboyo, un rythme puisé dans le folklore national et Jude Bondeze va intégrer le mambo, un rythme et une danse traditionnelles du pays à une musique dominée par le makossa du Cameroun, les guitares rythmiques de la rumba congolaises, le funk et la biguine. Comme beaucoup d’artistes centrafricains, il compose ses textes en sango, la langue officielle du pays qui a une très grande importance dans l’expression de l’identité et de la culture centrafricaine. Dans les années 1990, de nouveaux artistes s’imposent comme le groupe Ndai Ndai qui effectue un retour aux sources des différentes musiques du pays et Bibi Tanga, créateur du Bluesypop, fusion de blues et de hip hop. Laetitia Zonzambe, installée à Montréal, propose une fusion entre chants pygmées, soul et de R&B tandis qu’une scène rap se forme dans les années 2000 avec la compilation Bango’s Rap1 et des artistes comme Black Bino, Bravo, Mac Siot, Secteur O+, Le Staff, Sons of Sun et Kotangbanga qui s’impose sur les festivals hip hop d’Afrique centrale.

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En 2007, l’Alliance française de Bangui (Afb) lance le Sümä Hip-hop (rêve en sango) le 1° festival centrafricain de Rap qui s’internationalise à l’occasion de sa deuxième édition placée sous le parrainage du rappeur sénégalais Didier Awadi, de Freddy Massamba, Directeur artistique du Gabao Hip-hop et de Saintrick, artiste congolais venu du Sénégal. Ce festival attire plus de 12000 personnes chaque année.

Sources : http://sangonet.com, http://Maziki.free.fr et http://www.banguiweb.com, http://www.afriblog.com/. Merci en particulier à Sultan Zembellat, un ami aujourd’hui disparu, grand promoteur de la culture centrafricaine pour ses autorisations d’emprunt d’informations et de documents, à Victor Bissengué, qui m’a beaucoup aidé voici ,quelques années, lors de l’émission que j’avais consacrée à la musique centrafricaine sur RFI, à Jude Bondeze, lui aussi aujourd’hui disparu, qui a animé avec Sophie Ekoué et moi-même l’émission, Archives Musicales sur RFI.

 

par   Sylvie Clerfeuille  11 mai 2007 - © Afrisson

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