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Biographie

Chicco

   Sello Twala
Artistes Afrique du Sud | Naissance : 1963 | Styles :  Mapantsula

Auteur, compositeur, arrangeur, chanteur, spécialiste du mapantsula et réalisateur, Chicco a produit de nombreuses vedettes sud-africaines dont Yvonne Chaka Chaka, la regrettée Brenda Fassie et « Aunty » Dorothy Masuka

Alec Khaoli & Umoja

Alec Kaoli & Umoja

Né à Soweto en 1963 dans une famille originaire du nord d’Afrique du Sud, Sello Twala se passionne dès l’âge de 8 ans pour la musique, particulièrement pour les voix. Il quitte très tôt l’école pour devenir chanteur et en 1983, il va voir le leader des groupes Harari et Umoja, Alec Khaoli, et lui demande de l’engager. Sello Twala ne joue d’aucun instrument mais Alec Khaoli est touché par l’enthousiasme du petit. Il lui demande alors de s’initier aux percussions et de revenir le voir au retour de sa tournée américaine. Sello Twala se met aux percussions avec frénésie, et à son retour, Alec l’embauche...

Le mapantsula ou la danse des voyous

Après deux ans avec Umoja et Harari, Sello Twala sort son premier 45 tours, Chicowena, qui devient un tube : le public le surnomme alors « Chicco » en référence à la chanson. Nous sommes en 1985. A la même époque, Chicco adopte deux enfants abandonnés et errants dans les rues de Soweto. La petite Ivie et le petit Desmond qui ne le quittent jamais et l’accompagnent même sur scène. A la fin de la même année, il obtient son premier disque d’or, We can dance, qui le fait connaître dans toute l’Afrique du Sud. Suit alors l’album I need some money (j’ai besoin d’argent), disque de platine. C’est la célébrité auprès de tous les Sud-africains grâce à un nouveau son et une nouvelle musique de danse inspirée du mbaqanga : ceux qui n’aiment pas ce style qu’ils trouvent pauvre de sens et trop électronique l’appellent « bubblegum », d’autres l’assimilent au disco et les jeunes qui se reconnaissent en lui la nomment « mapantsula » ou « pantsula », la danse des voyous, des gosses des rues, donc typiquement des ghettos sud-africains.
En 1986 c’est « We don’t need war » (nous ne voulons pas de guerre), double disque de platine, suivi en 1987 de We miss you Manelow (triple disque de platine), une chanson écrite sur Mandela alors en prison : « J’ai écrit une chanson sur lui, je l’ai chantée en public en Afrique du Sud et j’en suis fier. Je ne crains rien. Je sais que je dois le faire. Je n’ai pas de raison de me taire. J’étais encore enfant quand Mandela a été arrêté. Je voulais en savoir plus, et son histoire m’a vraiment fait de la peine parce qu’il disait la vérité », confie Chicco. We miss you Manelow, une musique de danse aux sonorités rock-funk-mbaqanga, aux textes forcément limités par la censure et dans laquelle se retrouvent plusieurs kids, amène certains à accuser Chicco de promouvoir parmi la jeunesse une image de réussite matérielle qui la détourne des vrais combats.

Une fidélité à Soweto

En 1988 sort Soldier couronné par la télévision OK-TV : Oscar de la meilleure chanson et du meilleur clip d’Afrique du Sud. Parallèlement à ses propres albums, Chicco produit des jeunes artistes adeptes du mapantsula, une manière de démontrer un réel engagement par rapport à la communauté de Soweto. Un an plus tard, lors de sa tournée européenne dont des passages aux soirées « Franchement Zoulou » en France, Phonogram sort en Europe l’album Soldier without a gun qui inclut le titre « We miss you Mandela » plutôt que « We miss you Manelow », titre choisi pour l’Afrique du Sud à cause de la censure. A travers ce disque, Chicco exprime son désir de voir l’apartheid disparaître, non par les armes, mais grâce à la pression des jeunes de sa génération et à la musique. Porteur d’un message de Dieu (dans « Soldier without a gun »), Chicco souligne avec beaucoup d’amertume comment les Noirs sont traités dans les townships et sa solidarité avec son peuple. « Je suis né à Soweto. J’ai vu la plupart des Noirs riches partir vivre en ville. Pour ma part, je n’ai pas envie d’aller là où l’on ne m’aime pas. Les Blancs d’Afrique du Sud ont tous les privilèges et nous, nous n’avons aucun droit...Nous sommes les derniers servis dans ce pays...Noirs et Blancs, mon Dieu ! ne doivent faire qu’une seule communauté... », dit-il.

Chicco et le cinéma

En 1992, deux ans avant les premières élections démocratiques d’Afrique du Sud, Chicco réalise « Peace song », une ballade appelant à l’unité nationale. L’année 1995 le voit enregistrer Umbala ma g-string et sortir The Best of Chicco (comprenant des fusions mbaqanga/kwaito/jazz/reggae/ funk/ techno). En 1996, il réalise une version African Dub de Modjadji, extrait de l’album du même nom paru un an auparavant chez Gallo Music. Single techno-dance made in South Africa, « Modjadji » connaît un immense succès dans les shebeens (bars clandestins) des townships et les discothèques du pays. Mais Chicco ne s’arrête pas à la production discographique et à la scène. Après Mamatilida (Sale) sorti en 1998 chez Polygram, il est aussi sollicité pour des bandes originales de films. C’est ainsi qu’il participe en 2001 à The Shrine Afrodigital - Future Sound from the Motherland, une compilation de dancefloor (fusion de rythmes sud-africains (mbaqanga, mapantsula , kwela) et de techno) réalisée avec les DJs Rita Ray, Max Reinhart et Nikki Lucas, tous trois du posse Shrine. Y sont aussi présents Femi Kuti, Tony Allen, Cheikha Rimiti, Cesaria Evora ou encore Viviane Ndour ...La même année, il produit Magumede de Dorothy Masuka. En 2002, il est de la compilation Skeelo & Pebbles Present Numero Uno avec le titre « Sweetie My Lovie » composé avec Themba Dhladhla et réalisé avec DJ Walker.

 

par   Nago Seck  24 octobre 2007 - © Afrisson