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Congo Brazza

Congo Brazza


Pays  | Indépendance-Libération : 1960 | 342.000 km² - 3.894.336 h

Musiques traditionnelles

Le bassin du fleuve Congo-Zaïre est profondément marquée par les polyphonies pygmées (« Aka » ou « Baka » du Nord, « Twa » de la Haute Sangha ou « M’Benga » du Sud). Au nord du Congo-Brazza, la musique des Kaka, un peuple bantou, se rapproche de celle des Pygmées. Les Batéké du Sud-ouest pratiquent la sanza tandis que les Bangala jouent du tambour mokoto.

Musique des Coastmen et naissance de la rumba

Dans les années 1930, les « Coastmen », marchands et marins originaires du Dahomey, du Ghana et du Nigeria font danser Léopoldville et Brazzaville aux accents du highlife ghanéen.

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Paulo Kamba

Naissent les premiers ensembles vocaux congolais, synthèse des polyphonies traditionnelles et du chant choral chrétien. En 1938, le musicien antillais Jean Réal signe avec la création du groupe Congo Rumba l’acte de naissance de la rumba. L’année suivante, Bernard Massamba fonde le groupe Jazz Bohême. Mais c’est véritablement Paul Kamba qui popularise la rumba en 1942 avec son groupe Victoria Brazza. Son succès est tel que Wendo Kolosoy fonde à Léopoldville en 1948 un groupe au nom similaire : « Victoria Kin »...

Rumba, sanza et musique vocale

Au lendemain de la II° Guerre Mondiale, Brazzaville prend un essor considérable. La capitale prospère qui attire les populations rurales adopte bientôt le lingala, langue véhiculaire des piroguiers et vecteur de la sensualité et de la poésie de la rumba qui rythme les nuits de Bacongo et de Poto-Poto, les deux quartiers où se créent en 1950 des « cercles culturels ».
C’est là que naissent les orchestres Négro-Jazz (1950), Cercul-Jazz (1953), Négro-Band (1957) formé de Max Massengo, Michel Boyibanda et Démon Kasanaud et Les Bantous (1959) .

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Edo Ganga en 2003 - Photo : Nago Seck

A l’indépendance, un groupe de musiciens brazzavillois de retour de Léopoldville fondent « Bakolo Mboka » (les Grands du pays - « Les Bantous de la Capitale » en français) qui réunit Jean-Serge Essous, Dieudonné Nino Malapet, Edo Ganga, Célestin « Célio » Kouka, Dicky Baroza, Daniel Lubelo « De La Lune », Saturnin Pandi et Dignos Dingari. En 1965, Ya Honda et Balla créent la « danse du boucher » . Antoine Moundanda préfère la sanza aux instrument européens. Ensembles vocaux et orchestres sont légion, et l’adoption du marxisme-léninisme n’y change rien, bien au contraire. A Brazza on écoute , « Les Nez Épatés », « Les Ombres » ,« Les Pieds Noirs » , « Les Cheveux Crépus » (dont fait partie Jacques Loubelo) et « Les Anges » , un groupe vocal où chante Kim Douley.

La décennies des orchestres

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Franklin Boukaka

Les années 70 voient l’émergence de nombreux orchestres. Deux formations de rumba, Ndimbola de Poto Poto copiant le style de Isifi Lokolé et Zimbabwé de Moungali influencé par le groupe Zaïko rivalisent à Brazzaville. En 1972 est assassiné le grand chansonnier Franklin Boukaka auteur du fameux « Pont sur le Congo » qui appelle à l’unification des deux Congos. Pamelo Mounk’a quitte les Bantous de la Capitale pour fonder à Brazza le trio Cepakos (Célestin Nkouka, Pamelo et Kosmos Moutouari) , leaders de « l’Orchestre du Peuple ».

En 1976, Youlou Mabiala, fonde « Les Trois Frères » avec Michel Boyimbanda et Loko Massengo. L’année suivante, le groupe Mbamina pionnier de la musique de fusion (rumba afro-cubaine, congolaise et R&B) fait la premiere partie du concert de James Brown à Paris. Theo Blaise opte pour la rumba avec des titres comme "Belle Amicha" puis triomphe avec « l’Eden ». Nzongo Soul préfère la variété alternant rock, jazz, blues, valse musette et soul.

Nouveaux styles

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Dans les années 1980, certains artistes acquièrent une image internationale comme Zao aux textes surréalistes et à l’humour corrosif et Rido Bayonne ex- percussionniste des Bantous de la Capitale qui fonde un big band aux couleurs blues, funk, jazz et antillaises. Borrina Mapaka est un artiste aux couleurs folk. Au pays, Rapha Bounzéki, se rend célèbre avec l’album Sapologie. Au début des années 1990, Mapro Liwa adopte le reggae suivi par Black Spirit Melody. Pierre Moutouari , frère de Kosmos Moutouari, renoue avec la rumba originelle tout comme Theo Blaise basé a Paris.

Une scène qui s’ouvre

A la fin des années 1990, le pays sorti de la guerre civile tente de reconstruire une scène détruite par des années de conflits. Largement dominée par le ndombolo (Achille Muebo, Fofana Moulady, le groupe Extra Musica), elle voit progressivement renaître de nouveaux styles musicaux. Installés en France, les Tambours de Brazza explorent les richesses des percussions congolaises sur lesquels ils font souffler l’esprit du jazz tandis que Bisso Na Bisso, groupe de la diaspora, propose un rap qui sample des titres de Franklin Boukaka, Ismaël Lo et Kassav.

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Oupta & Jacques Loubelo.
Rencontre entre deux générations de musiciens, Oupta, chanteuse de Lang’i et Jacques Loubelo. Espace Tiné, Bacongo, Brazzaville, Septembre 2008. Photo Sylvie Clerfeuille.

Installés à Dakar, Saintrick et les Tchelly inventent le yeketi, un compromis entre rumba et mbalax sénégalais et Lang’i basé dans le quartier bacongo de Brazza oscille entre rumba, folk et blues. Sheryl Gambo chante en mbochi sur du R&B. Hardos Massamba s’affirme comme un héritier de Jacques Loubélo. Le guitariste Jean Goubald fusionne reggae, Blues, R’n’B, Jazz et Rumba congolaise. Simbou Vili propose une musique spirituelle passant de la rumba lente au reggae et au zebola chantée en trois langues (punu, vili et lingala.
Le jazz refait surface avec des groupes comme New Jungle Quartet, de Pointe Noire, un des pionniers, Ultrason adepte d’un style entre jazz et racines congolaises, Jazz Big Band et le trompettiste ponténégrin basé en Suisse Ya Tatchi. Popularisée par le quatuor Palata, la musique religieuse devient très populaire et voit émerger de nombreuses formations : Yoany, les Bons Bergers, Sikama Singers, etc...

Renaissance

Les festivals se multiplient (Brazza Jazz Fusion, U’Sangu Ndji Ndji, etc...) , des trophées se mettent en place (les Tam Tam d’Or) , de petites structures de spectacles comme l’espace Yaro à Pointe Noire ou l’espace Tiné de Bacongo à Brazzaville se créent faisant émerger de jeune talents et de petits labels comme Dee Soul in Town tentent de revitaliser une scène longtemps marginalisée par la guerre civile et l’ombre du géant voisin, la République Démocratique du Congo.

 

par   Nago Seck - Sylvie Clerfeuille  11 mai 2007 - © Afrisson

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