Afrisson

Côte d’Ivoire

Côte d’Ivoire


Pays  | Indépendance-Libération : 1960 | 322.462 km² - 17.298.040 h

Un lieu de passage

Lieu de passage des artistes africains à la recherche de reconnaissance continentale, la Côte d’Ivoire est un pays où foisonnent, depuis les années 1920/1930, divers courants musicaux d’importation comme la valse, le bolero, la rumba cubaine, le pachanga, le tango, le highlife, la rumba congolaise, l’afro-cubain, le jazz, le blues et la pop occidentale.

Prémisses de l’ivoirité

Ces tendances mâtinées de rythmes locaux (ziglibithy, appolo, musique mandingue, sopi, gbégbé, alloukou, digba, ayô, akô, zaglobi) sont interprétées dans les années 1950/1960 par des précurseurs tels que Anoman Brouh Félix, Les Sœurs Comoé (un duo féminin), Mamadou Doumbia, Fax Clark ou Amédée Pierre, auteur du fameux « Djoro ». Ce dernier, surnommé « le roi du dopé », du nom d’un rythme local, est l’un des premiers à tenter une modernisation de la musique ivoirienne...

Jimmy Hyacinthe et Ernesto Djédjé

Ces pionniers vont éperonner ou engager des artistes de la génération 1970 dont Bailly Spinto, François Lougah, Jimmy Hyacinthe adepte du « goly » et Ernesto Djédjé, créateur d’une orchestration moderne du « ziglibithy », le rythme traditionnel du peuple Bété. Le succès de son morceau « Ziboté » (1977) populaire dans toute l’Afrique de l’Ouest contribue à ériger le « ziglibithy » en courant fédérateur.

Voix féminines et rythme appolo

Les années 1980/1990 révèlent de nouveaux talents dont les voix féminines Reine Pélagie, Nayanka Bell, Antoinette Konan, G.G. Léopoldine, Monique Séka, Chantal Taïba, Awa Maïga, Mathey, Elali, Joëlle Séka (ou Joëlle C)...
Quant à Aïcha Koné, elle exploite harmonieusement une composante de la musique mandingue, le poro, un rythme sénoufo du nord du pays.
Les garçons ne sont pas en reste avec Luckson Padaud, Déka Koma, Doh Albert, Jean-Pierre Kouakou, Kassiry, l’homme du fougueux « gnama-gnama » et Meiway lanceur du zoblazo tiré du rythme appolo et adopté par son frère Deza XXLou encore Oren’Tchy.

Zouglou et reggae

Réapparu à la fin des années 1980 à la suite des mouvements estudiantins à Yopougon, le « zouglou » revu et corrigé est popularisé par Didier Bilé, Les Parents du Campus, Les Les Garagistes, Les Salopards, Les Poussins Chocs, Soum Bill. Il est internationalisé par Magic System et son tube « 1er Gaou ». A la même période le traditionnel mapouka incarné par Ningui Saff connaît une seconde jeunesse notamment avec Aboutou Roots et Les Youlés.

Créateur d’un reggae très mélodique aux couleurs mandingues et aux messages inspirés et symbole d’une jeunesse marginalisée, Seydou Koné alias « Alpha Blondy » collectionne depuis 1982 et la sortie de « Brigadier Sabari » des succès planéraires. Ses disques d’or ou de platine (« Cocody Rock », « Apartheid is Nazism », « Jerusalem », « Masada », « Itzhak Tabin », « Elohim ») font de lui l’un des fers de lance d’un reggae made in Africa adopté par Zoanet Comes, Abou Smith, Beta Simon, Serges Kassy, Ismael Isaac, Tiken Jah Fakoly, Ismaël Wonder et bien d’autres encore.

A partir de l’année 2000, apparaît le coupé-décalé, une danse et un courant musical nés de l’expression « coupé-décalé-travaillé » popularisé par divers artistes dont Douk Saga et son groupe Jet Set, Molare, DJ Arafat, DJ Serpent Noir, DJ Alan, Tata Keni et bien d’autres encore...

 

par   Nago Seck - Sylvie Clerfeuille  11 mai 2007 - © Afrisson

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