Quelle belle réussite que Dig Dig, le duo entre Bob Brozman et René Lacaille. René Lacaille, perpétuel novateur (il joue aussi bien dans les halls d’hôtel que dans les avions et après les concerts entre amis) est aussi connu à la Réunion pour ses talents de guitariste que d’accordéoniste.
Jouant ici aussi bien de son piano à bretelles que de sa charango (petite guitare d’Amérique du Sud) ou de sa tchoulas (guitare grecque), il propose des œuvres où se télescopent blues, jazz, sega, musiques brésiliennes, maloya et glissandos de la guitare hawaïenne qu’affectionne particulièrement Bob Brozman. On ne peut qu’être séduit par la pompe cadencée du pîano à bretelles dans des maloya blues qui s’accorde bien avec la guitare fine du californien et les percussions de ses complices de toujours, Bernard Marka et Joel Gonthier. Il y aussi les granmou, figures emblématiques du maloya invitées à la fête. Mais au delà de cette musique échevelée qui ne laisse pas respirer, il y a cette pointe de nostalgie qui n’échappe pas aux Réunionais. Planent en effet les ombres des morts qui ont imprégné de manière indélébile la musique de René Lacaille : Alain Peters, le poète alcoolique et magique, joueur de takamba, et Henri Madoré, le troubadour aujourd’hui disparu de l’île qui influença tant de musiciens
Titres : 1. Zok ; 2. 5 O.P. (Syncopé) ; 3. An Dio ; 4. Lang La ; 5. Oh ! Lé La O ; 6. Fraka ; 7. Zi Bi Pi Blues ; 8. Pondaurat ; 9. Place D’Youville ; 10. Lozé ; 11. Ti Guitar La ; 12. Debussy A La Reunion ; 13. Mam’Zelle Rico ; 14. K Ba ; 15. Maria Ya Ya.
par Sylvie Clerfeuille 15 mai 2007 - © Afrisson