Un des grands maîtres du folk sénégalais, El Hadj Malick Camara dit « El hadj NDiaye » est guitariste, auteur, compositeur, arrangeur, harmoniciste et chansonnier. Il a reçu le prix de l’Académie Charles Cros en 2002 pour son album, Xel.
Casamançais par son père, Walo Walo par sa mère (du nord du pays), El Hadj Ndiaye rêve avant tout d’unité. « Je ne revendique pas la culture d’une région. Dans le titre « Casa di mansa » de Xel, je crée un style à moi à partir du sabar et des rythmes sahouroubas. J’utilise même des rythmes de Côte d’Ivoire. Je me sens international ». Son premier album, « Thiaroye », sorti chez Night & Day, connait un énorme succès avec le fameux titre « Bonjour », une allusion ironique aux maux de la société sénégalaise, en particulier la corruption.
Cet artiste militant, oeuvrant dans les quartiers défavorisés de la capitale sénégalaise, s’est imposé ces dernières années en développant un style folk dans la lignée de Seydina Wade et d’Ismaël Lô. Offrant une musique délicate, vibrante courtisant le folk et le rock et des textes profonds dépeignant les rêves et les souffrances de l’Afrique, défenseur de l’enfance en danger, El Hadj Ndiaye est le troisième artiste du continent à recevoir le prix de l’Académie Charles Cros. Le premier fut en 1977, l’impressionnant Kouyaté Sory Kandia.
Après un rôle dans le film « Karmen Gueï » de Joseph Gaye Ramaka, remake de l’opéra Carmen de Bizet, El Hadj NDiaye est parti séduire l’Amérique en 2002. En 2008, il signe Guedj (la mer), un cri d’alerte sur le drame des jeunes désespérés se noyant dans les eaux de l’Atlantique en quête d’une vie meilleure en Occident. Cette réalisation est l’occasion d’une tournée française en 2009. Lors de son passage à l’espace culturel Saraaba, l’association ACAGO a organisé une collaboration avec l’auteur, compositeur, claviériste et producteur Jean-Philippe Rykiel…
par Sylvie Clerfeuille 18 mars 2009 - © Afrisson
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