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Biographie

Fodé Kouyaté

   Fodé Aliou Kouyaté

Fils et petit fils de djélis (griots), né en 1963 à Kita (Mali), Fodé Aliou Kouyaté aka Fodé Kouyaté était un korafola (joueur de kora), flûtiste et chanteur qui créa une musique originale inspirée par le répertoire d’Afrique occidentale des griots et la musique pop moderne. Fodé Kouyaté aimait à rappeler que le rôle du griot est “d’informer, de ressourcer, de galvaniser et d’éduquer”. Fodé Kouyaté est décédé le 25 octobre 1996 à l’Hôpital National du Point G de Bamako, des suites d’une méningite cérébro-spinale...

Une formation griottique

Issu de la grande lignée des djélis (griots) Kouyaté du Mali (il était le neveu indirect et gendre de Batrou Sékou Kouyaté), né dans un environnement ancré dans la musique, Fodé Kouyaté était avant tout un enfant de l’Afrique pour qui le travail bien fait, la générosité et le respect de l’autre étaient les bases sur lesquelles s’appuyaient ses choix personnels. Il perd son père à neuf ans. Cependant, si sa mère détestait la musique, son père, toutefois avait évolué au sein de l’Orchestre de Kita avant l’indépendance du Mali. De sa formation, Fodé dit : “J’ai été initié à la musique depuis ma plus tendre enfance”. C’est surtout son oncle, Badié Sissoko, un homme aveugle, qui l’a beaucoup inspiré. Il a pris son exemple et il l’a suivi dans les cérémonies de famille, les baptêmes, les mariages ou d’autres encore. C’était un excellent musicien. “Cette expérience m’a vraiment initié à la musique”, disait-il, “et m’a donné ma formation en grande partie“.
Il a aussi renforcé son talent au contact d’autres grands musiciens comme son oncle Batrou Sekou Kouyaté, le célèbre korafola. C’est à partir de la 10ème classe (année scolaire 1980/1981) que Fodé Kouyaté va embrasser sa carrière musicale en passant d’abord par une formation théâtrale, puis l’Orchestre Régional de Kita, l’Orchestre de Kayes et Félou Star.

Nterike ou le panafricanisme pacifique

Ensuite, Fodé Kouyaté s’exilera pendant dix ans en Côte d’Ivoire, où feu le président Félix Houphouët-Boigny sera son sponsor. Il y a travaillé avec Jimmy Hyacinthe qui était le meilleur arrangeur du pays. Mais ses ambitions vont l’obliger à quitter la douceur et la quiétude de la lagune Ebrié pour s’installer en France où il avait finalement acquis les connaissances techniques d’une autre culture musicale. Durant sa carrière, il sera le messager de la paix et se lancera dans le combat pour la réhabilitation de l’image du djéli (griot) et de l’intégration africaine. “Nterike” (1984), “Hommage” (1989), “Anka Wili” (1992) et “Djéliya” (1994) sont les chefs-d’œuvre d’une brillante carrière et le reflet d’un panafricanisme pacifique. L’amour de la société, l’injustice, la paix et l’intégration furent ses thèmes de prédilection.

Fodé Kouyaté n’est plus

De son union avec Diamy Kouyaté, la fille préférée de Batrou Sékou Kouyaté, sont nés trois enfants (une fille et deux garçons). Patriote convaincu, Fodé Kouyaté exhortait à travers ses chansons comme “Anka Willi”, ses compatriotes au travail, le travail bien fait. Il s’est mis un point d’honneur à assister à la signature du Pacte National qui a signé le retour de la paix dans le Nord. Ambassadeur de la musique et la culture malienne, Fodé Kouyaté est décédé le 25 octobre 1996 à l’Hôpital National du Point G de Bamako, des suites d’une méningite cérébro-spinale pendant la conception de son 4ème album et encore beaucoup d’autres projets qu’il espérait bien pouvoir entreprendre. »

* Source : http://www.mali-music.com

 

par   Nago Seck  12 septembre 2006 - © Afrisson