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Biographie

Jean Dikoto Mandengué

   Jean-Karl Dikoto Mandengué
Artistes Cameroun | Naissance : 1948 | Groupes :  Osibisa | Styles :  Afro-pop - Makossa - World / Musique du monde Site internet

Converti à la basse par Manu Dibango, l’auteur, compositeur et guitariste camerounais, Jean-Karl Dikoto Mandengué, “le champion de la walking bass”, est influencé par le jeu de la kora mandingue. Avec ses compatriotes Vicky Edimo et Manfred Long, il a influencé toute une génération : Etienne Mbappé, Richard Bona, les frères Armand Sabal-Lecco et Roger Sabal-Lecco. La sortie de son titre "Fire", composé avec le groupe ghanéen Osibisa (CD Happy Children), et qui a fait le tour du monde contribue à sa renommée internationale...

Jean-Karl Dikoto Mandengué, Dikoto Mandengué, Jeannot Karl, Dikoto ou J.K. Mandengué débute comme guitariste à l’âge de 15 ans au sein d’une formation zaïroise, le Ryko Jazz.

Converti à la basse par les bons soins de Manu Dibango avec qui il joue dans les clubs parisiens, Jean Dikoto Mandengu impose rapidement sa “walking bass” qui conjugue la rythmique makossa et le rhythm’n blues (R&B). C’est lors d’une prestation au club La Bohême à Montparnasse qu’il est repéré par Claude François. Leur collaboration durera sept ans. “J’aimais la rigueur de Claude François, il travaillait à l’américaine, ne supportait aucun retard, aucune erreur. Quand je me trompais, il se mettait à chanter "Comme d’habitude, Jeannot a encore fait une fausse note"”.

Sollicité dès lors par toutes les stars françaises de l’époque, Mike Brant, Véronique Samson, Stone & Charden, Nino Ferrer, Jean Dikoto quitte la France au début des années 1970. “J’avais envie de tenter ma chance en Angleterre et aux Etats-Unis et de composer. Osibisa qui avait lancé un style afro-pop, aux confluents du R & B, du highlife et du rock tournait internationalement. J’ai sauté sur l’occasion. Un de mes titres "Fire" a fait le tour du monde, tous les bassistes copiaient mes lignes de basse”. Outre “Fire”, il participe à l’enregistrement de plusieurs de leurs disques après la sortie, en 1973 chez Philips, de son 45T Songo A Esélé / Ba Ndonlo Basu : Happy Children (1973), Superfly TNT (1973), Osibirock (1974) et Welcome Home (1975).

Après cet album, le bassiste camerounais profite d’une tournée américaine pour s’installer, en 1975, aux Etats-Unis où il s’impose rapidement comme musicien de studio. Sa rencontre avec les musiciens de Funkadelic, George Clinton, mais surtout Tikki, le batteur, sera déterminant. “Au contact du funk, mon jeu est devenu plus sobre et plus rythmique, je faisais moins de tourneries, moins de notes”.
A son retour en France, Jean-Karl Mandengué sort en 1977 et 1979 deux albums éponymes, produits et arrangés par Slim Pezin. Il y propose harmonieusement un afro-pop à la rythmique soutenue par sa “walking bass” spécifique, croisement de sonorités africaines, makossa camerounais (ses origines), highlife ghanéen (pratiqué avec Osibisa), rumba congolaise (jouée avec Ryko Jazz) ou musique mandingue (influence du jeu de kora), de musiques noires américaines, jazz, blues, funk, soul et rhytm’n blues ou R&B (développé lors de son exil américain) ou de l’afro-cubain (influence de sa jeunesse). Ce style est développé dans ses futures réalisations : Dikoto Mandengué (1980), Dikoto (1983) ou encore Cherche encore (1987).

Aujourd’hui installé aux Pays-Bas, Jean Dikoto Mandengué continue ses collaborations, enregistrant, en 2000, Put your Gun Down, un disque personnel très jazzy avec Rokki Mason (battrie, claviers, trompette, trompette basse). Suivra en 2007, Back to the roots, un retour à ses racines africaines. Considéré comme un des pionniers de la basse makossa en Afrique, il a enregistré les plus grands standards du genre avec Eboa Lotin et Ekambi Brillant.

 

par   Nago Seck  7 mai 2007 - © Afrisson