Formé en 1976 par Johnny Clegg et Sipho Mchunu, deux guitaristes, chanteurs et danseurs, Juluka a réussi avec son « rock zulu » le crossover entre communautés noires et blanches dans une Afrique du Sud encore sous le joug de l’apartheid.
En 1969, à l’issue d’un duel traditionnel de guitaristes, Johnny Clegg et Sipho Mchunu se sont liés d’amitié. En 1970, ils se produisent pour la première fois ensemble sur scène, forment bientôt le duo "Johnny et Sipho" puis fondent le groupe Juluka. Le nom vient du nom du taureau de Sipho, un taureau blanc qui possèdait un oeil noir et un oeil rose. L’image du taureau sera alors intégrée au logo du groupe.
Fusionnant musiques sud-africaines (isacathamiya, kwela, mbaqanga), rock et folk, Juluka sort en 1976 chez CBS son premier album « Universal Men ». Cette formation multiraciale, très populaire, sera censurée par le régime de l’apartheid mais connaîtra un succès international à partir de 1984 puis disparaitra en 1985 avant de se recréer furtivement dix ans plus tard, signant en 1997 l’album « Crocodile Love » (voir Johnny Clegg ou Sipho Mchunu).
Contrairement à ce qu’il a été dit dans de nombreux articles et certains livres en Occident, Johnny Clegg et Sipho Mchunu n’ont pas créé le premier groupe multiracial d’Afrique du Sud. Dans les années 1960, les artistes du jive, jazz sud-africain, et en particulier Chris Mc Gregor et ses Blue Notes ont défié bien avant Juluka, le régime de l’apartheid dans sa plus dure période de répression, et ont été contraints à l’exil.
par Sylvie Clerfeuille 9 décembre 2007 - © Afrisson