Cet accordéoniste considéré comme le « roi du funana » a fait de nombreux émules dans la jeune génération.
Le défenseur du funana
Défenseur du funana, ce blues rural longtemps méprisé dans l’archipel, poète et chroniqueur social dans un pays où la langue - le créole - fut un symbole de résistance à la colonisation portugaise, le maître de la gaïta incarne avec Sema Lopis le versant le plus noir et le plus occulté de l’archipel.
Fomi 47
Agé aujourd’hui de 75 ans, Gregorio Vaz de son vrai nom, a acheté son premier accordéon contre un sac de maïs. Un vrai sacrifice dans ce pays qui connut plusieurs famines dont celle de 1947 immortalisée par un de ses tubes.
Solidarité
En 1994, lors d’un concert aux « Nuits de Nacre » à Tulle où il joua son blues rural à la vigoureuse mélancolie souligné par sa voix rauque, Codé di dona put troquer son vieil instrument tout rafistolé aux touches à demi enfoncées contre un autre tout neuf que l’entreprise Maugein lui confectionna sur mesure, une initiative financée par une chaîne de solidarité.
L’inspirateur
Chroniqueur social, poète autant que musicien, Kodé Di Dona est le maître incontesté de la gaïta et ses compositions sont reprises par toute la jeune génération comme Zeca Nha Reinalda et Ferro Gaïta, groupe leader de la deuxième vague du funana.
par Sylvie Clerfeuille 7 mai 2007 - © Afrisson