Afrisson

Biographie

Kuku

   Abdulzatar Adebola Abisoye
Artistes Nigeria -  USA (États-Unis) | Naissance : 1975 | Styles :  Afro-fusion - Afro-soul - Folk Site internet

Né en 1975 à Miami, en Floride (Etats-Unis), de parents Nigérians, Abdulzatar Adebola Abisoye aka Kuku, surnommé "le bâtisseur de pont culturel mondial" ou "chanteur soldat de la paix" (ou "Balogun Ìrorun" en yoruba), est un auteur-compositeur, guitariste et interprète. Son style qu’il nomme "Afro-Soul Acoustic Experience" est une musique afro-folk mélodieuse, tirée de la juju, du highlife, parfois de l’afro-beat, et soutenant des textes conscients, engagés, chantés d’une voix aux accents gospel, tantôt aiguë, tantôt grave, en yoruba (sa langue maternelle), en pidgin ou en anglais.

Background

En 1977, Kuku et ses parents retournent au Nigeria, vivant dans divers états du pays, à Kaduna (État de Kaduna), à Jos (État de Plateau), dans l’État d’Ogun et à la frontière nord de l’État de Sokoto. Ainsi Kuku grandit, nourri des cultures et croyances religieuses Yoruba. C’est là que se développe sa passion pour la musique et la danse.
Pour échapper à la stricte volonté de ses parents désireux de le voir faire des études, le jeune Kuku écoute la musique noire américaine à travers les vinyles des années 1960/1980 de ces derniers, mais aussi les grands classiques Yoruba et africaines, le folk, le reggae et même une certaine musique country. Déjà à cette période, il montre des prédispositions exceptionnelles aux beaux arts. Après le lycée, Kuku repart aux États-Unis où il fait de petits boulots et joue dans l’équipe de basket-ball de son université, se forgeant une solide éducation universitaire.

En 1996, Kuku s’enrôle dans l’armée de terre des États-Unis pour financer ses études. Après 4 ans dans l’armée, il obtient son diplôme universitaire. Encore auteur-compositeur amateur, il participe, en 2000, à une scène ouverte à U Street Corridor, un quartier résidentiel, commercial (magasins, restaurants), culturel et artistique (boîtes de nuit, galeries d’art, salles de concert) du nord-ouest de Washington D.C. Au milieu des jeunes talents, des chanteurs, instrumentistes et poètes professionnels, il parvient à captiver le public. Ce premier test grandeur nature lui ouvre les yeux, et il décide de s’acheter une guitare à 99 $ qu’il apprend rapidement pour accompagner ses chansons d’amour romantiques. Bientôt, Kuku commence à écrire des chansons exprimant son intérêt sur ce qui se passe autour de lui et dans le monde. Musicalement, il prend conscience de la puissance de la musique yoruba (juju), de la sensibilité folklorique et de la soul noire américaine, des musiques qu’il va fusionner pour créer son propre style. En 2003, Kuku donne son premier concert au Bohemian Caverns, à Washington DC. Il y rejouera plusieurs fois, dont un concert avec Christylez Bacon, un musicien de rap progressif américain. Peu après, il commence à investir les rues, les stations de métro, puis les universités et les diverses salles de concerts, dont le Kennedy Center Millennium Stage où il jouera trois fois. Lors d’un de ses concerts, une femme, émue par sa voix, la considère comme "Le sorcier de la musique yoruba".

Unexpected Pleasures

En 2006, Kuku sort aux États-Unis, Unexpected Pleasures (Des plaisirs inattendus), son premier album afro-folk aux parfums juju yoruba relatant ses expériences humaines sous le parapluie de l’amour, chantées en yoruba, en pidgin anglais ou kru english (créole anglais) ou en anglais. Marqué par ses lignes de guitare spécifiques, percutantes, sa voix aux accents gospel, tantôt aiguë, tantôt grave, des arrangements acoustiques mélodieux, simples et aérés, ce style qu’il nomme "Afro-Soul Acoustic Experience" met en valeur son héritage yoruba, comme dans le magnifique et doux "Ife".
Le site GiantStep.net américain du label indépendant et agence de marketing et de promotion, Giant Step, fondée en 1990 par Maurice Bernstein et Jonathan Rudnick (1990-2001), et spécialisée dans la musique et la culture, dit de la musique de Kuku : "Minimale dans les arrangements, mais chargée d’émotion… Les fans de Ben Harper, Dwele, D’Angelo et Carl Hancock Rux trouveront tous quelque chose de spécial dans la voix et la musique de Kuku".

The Absence of Cool

En 2007, Kuku sort un second album plein d’émotion et dominé par sa guitare et sa voix, The Absence of Cool, dont le titre phare est "Kuku". Dans cet opus chanté en yoruba, en pidgin et en anglais, il demande à ses fans et aux auditeurs "d’arrêter de s’asservir au concept "Cool", car utiliser tout le temps l’expression "cool" peut être une absence d’émotion".

Love in a Time of Hope & Recession

Quelques années plus tard, sa rencontre avec l’Américain Sticky Mulligan, chanteur et multi-instrumentaliste (guitares acoustique et électrique, basse, banjo, piano, percussion), aboutit à l’enregistrement de son troisième album, Love in a Time of Hope & Recession, paru en 2010. Pour la réalisation de ce disque, le duo s’est entouré du guitariste virtuose sud-africain Mongezi Ntaka (Lucky Dube, Vusi Mahlasela...) et des bassistes sénégalais Doc Samba et américain Chris Chard.

Soldier of Peace

Dans son désir de changement, "le bâtisseur de pont culturel mondial", comme il se définit lui-même, quitte les États-Unis pour s’installer, en 2011, à Paris (France), avec un nouvel opus en vue, Soldier of Peace (Balogun Ìrorun), réalisé avec le guitariste virtuose sud-africain Mongezi Ntaka (Lucky Dube, Vusi Mahlasela...). Paru en 2012, Soldier of Peace vaut à l’ancien soldat de l’armée américaine le surnom de "chanteur soldat de la paix" ("Balogun Ìrorun" en yoruba).

You’ll Never Walk Alone

En 2013, Kuku pose sa voix sur "You’ll Never Walk Alone", une interprétation personnelle du légendaire hymne du club de football anglais Liverpool, produite par Fakir Music Production pour le spot publicitaire d’Orange, lors de la Coupe d’Afrique des Nations 2013 en Afrique du Sud.
Réalisé par Drake Doremus, Grand Prix du Jury au Sundance Festival 2011 (le principal festival américain de cinéma indépendant), le spot est une célébration des vrais fans de football pour qui, aucune distance n’est trop longue, aucune privation n’est trop difficile et aucun sacrifice n’est trop grand pour satisfaire leur passion. C’est aussi un hommage à l’esprit indomptable des supporters africains.

Red Hot + Fela

Cette même année 2013, Kuku participe à la compilation Red Hot + Fela, invité par le rappeur congolais Baloji & L’orchestre de la Katuba pour un featuring sur la chanson "Buy Africa" (Achetez l’Afrique). Hommage à Fela Anikulapo Kuti (1938-1997), Red Hot + Fela fait partie d’une série d’albums originaux destinés à conscientiser et à relever des financements pour la lutte contre le VIH/Sida. L’album réunit plusieurs artistes qui ont repris de célèbres titres du "père de l’afro-beat" dans des versions relookées tout en gardant l’essence du beat si particulier au style musical du Nigérian. Parmi ceux-ci, Angélique Kidjo, Nneka, Tony Allen, Akua Naru, Spoek Mathambo, Zaki Ibrahim, Sinkane, Abraham Amayo, Superhuman Happiness, Kronos Quartet, Kyp Malone, Tunde Adebimpe, Stuart Bogie…

Open Your Eyes While Pray

En octobre 2014, Kuku sort un EP 5 titres, Open Your Eyes While Pray (Ouvrez les yeux quand vous priez), une chanson s’inspirant des paroles prononcées un jour par l’archevêque sud-africain Desmond Tutu : "Quand les missionnaires sont arrivés en Afrique, ils avaient la Bible et nous avions la terre. Ils disaient "Prions" et nous avons fermé les yeux. Et lorsque nous les avons rouverts, nous avions la Bible et ils avaient la terre".

Réalisé avec le percussionniste français Cyril Atef et le batteur et expert de l’afro-beat nigérian Tony Allen, Open Your Eyes While Pray est une chanson annonciatrice de l’opus Ballads & Blasphemy (sortie prévue en 2015). C’est ausi un appel à la vigilance par rapport à la religion dogmatique et ses graves désagréments, et une dénonciation des tabous ("Gospel of Defecation"), de l’exploitation et de la trahison.

Le même mois, cet artiste dont un grand nombre de ses compsitions sont présentes sur des bandes sonores de film, compose et pose sa voix sur le titre "Tony Wood" de l’album Film of Life du batteur et expert de l’afro-beat nigérian Tony Allen.

Ballads & Blasphemy

Paru le 1er juin 2015 chez Quart de Lune / Buda Musique, l’album Ballads & Blasphemy (Ballades & Blasphèmes), chanté d’une voix spécifique aux accents gospel, tantôt grave, tantôt aiguë, jette à nouveau un pont culturel entre ses racines yorouba du Nigeria et le monde occidental. Cet opus fidèle à son style nommé "Afro-Soul Acoustic Experience", un afro-folk mélodieux, tiré de la juju, du highlife, parfois de l’afro-beat, est réalisé avec le batteur Tony Allen, le percussionniste français Cyril Atef et le guitariste de jazz français Misja Fitzgerald Michel.

"Ses textes conscients en yorouba, pidjin anglais et anglais, mélangés subtilement avec les sonorités d’une guitare percutante et les rythmes contagieux des percussions composent son œuvre musicale cosmopolitaine "made in Ijebu". Dans ce nouvel opus, Kuku pose son regard de libre penseur sur ce qu’il appelle "les religions organisées", mais aussi sur les politiques et autorités oppressives de par le monde. Issu d’une famille musulmane, lui-même pratiquant jusqu’à l’âge adulte, Kuku considère aujourd’hui que l’éthique et la religion ne sont pas forcément liées. Voici donc 11 "Gospels" que certains croyants pourraient critiquer, voire qualifiés de blasphématoires. C’est pour leur faire gagner du temps qu’il a baptisé son album Ballads & Blasphemy".

Ballads & Blasphemy inclut “Open Your Eyes While Pray” (Ouvrez les yeux quand vous priez), sa chanson appelant à la vigilance par rapport à la religion dogmatique et ses graves désagréments.

Ouvert à divers courants musicaux, Kuku peut aussi naviguer dans le jazz et l’afro-jazz, comme sur son album éponyme, "Kuku", sorti en 2017 sur le label italien Improvvisatore Involontario.

* Source : http://www.kukulive.com/

 

par   Nago Seck  22 octobre 2008 - © Afrisson