Afrisson

Biographie

Kwaa Mensah


Né en 1920 à Lagos, au Ghana, l’auteur, compositeur et interprète, Kwaa Mensah, s’est fait connaître par son jeu de guitare (acoustique) à deux doigts inspiré des “Krumen”, ces marins pêcheurs amateurs de guitare naviguant le long de la côte ouest-africaine et dont la technique très particulière est d’utiliser le pouce et l’index. Compositeur de plus de cinq cent 78 Tours de musique de vin de palme dans les années 1950, Kwaa Mensah électrifie sa guitare dans les 1960 et développe parallèlement du highlife classique. Kwaa Mensah dont le fameux titre “Odo Me, me Sum Do No” a fait le tour de l’Afrique de l’Ouest décède en 1991 au Ghana

Considéré comme l’un des pères de la musique de vin de palme, Kwaa Mensah, surnommé “King of palm wine”, a été formé par son oncle Kwame Asare aka Jacob Sam, le premier guitariste ghanéen à graver en 1926 la musique de vin de palme chez Zonophone à Londres, en Angleterre. Il interprétera “Yaa Amponsah” sous l’intitulé “Nana Amponsah”, énorme hit de son tonton au beat palm wine music et un classique du style "guitar-band" (par opposition à "dance-band") repris par nombre d’artistes ghanéens.
Parallèlement à la musique de vin de palme, Kwaa Mensah explore d’autres sonorités du pays, devenant le premier artiste à introduire la guitare acoustique dans le “konkomba”, une danse à base de tambours (dont le talking drum) et de chants du peuple Konkomba ou Komba du Nord-Est du Ghana. Cette innovation lui confère la position de leader national de cette fusion musicale inédite qu’il greffera dans la musique de vin de palme.

En 1951, Kwaa Mensah fonde son propre groupe, Kwaa Mensah & The Fanti Trio, et enregistre rapidement plus de cinq cent 78 tours chantés en “fanti” (sa langue), devenant ainsi l’artiste le plus diffusé et le plus populaire dans tout le Ghana et dans les pays frontaliers, avec des titres de musique de vin de palme ou de highlife classique, comme “Odo me, me sum do no”, “Mami Wata”, “Mi Dzi Enyizi Amow”, “Tekyrema Da Menum”, “Jemu Ma Onka Buafu”, “Fiyai Wansma”, “Obra ye ku”, “Eho Ma Ne Wubu Efu” ou encore “Kalabule” (compilation Vintage Palmwine). Une popularité qui va durer dans les années 1960 et au début 1970, une période dominée par la guitare électrique qu’il va adopter. Après une traversée du désert de quelques années, la renaissance s’opère en 1975 avec la sortie de Wawo Christo, un album de musique de vin de palme et de highlife classique. Cette nouvelle orientation musicale l’amène à être sur des supports américains, aux côtés de Wulomei, un groupe fondé en 1973 par le musicien et musicologue ghanéen Nii Tei Ashitey Nsotse. Jusqu’à sa mort en 1991 au Ghana, nombre de ses cassettes et albums seront réalisés bien qu’il y ait plusieurs de ses compositions non encore parues.

 

par   Nago Seck  16 octobre 2007 - © Afrisson