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Biographie

Laba Sosseh

   Laba Badara Sosseh
Artistes Gambie | 1943-20/09/2007 | Styles :  Afro-cubain - Salsa africaine / afro-salsa

Figure emblématique du versant africain de la musique cubaine, premier Disque d’Or continental d’un chanteur d’afro-cubain en 1980, Laba Sosseh décède le 20 septembre 2007 à Dakar après plus de 45 ans de carrière.

Dexter Johnson, le complice

Pape Touré et Badou Diop (guitare)

Né le 12 mars 1943 à Bathurst (actuel Banjul) en Gambie, Laba Badara Sosseh, en référence à son ethnie, les Socés, peuple de l’ex royaume du Gabu, fait ses premiers pas en 1963 au sein de l’African Jazz Band de Bathurst avec Badou Diop (guitare, basse) et Pape Touré (voix), deux futurs membres fondateurs du groupe Super Eagles devenu Ifang Bondi. Trois ans plus tard, il est aux côtés du saxophoniste d’origine nigériane avec qui il partage la langue anglaise, Dexter Johnson, leader du Super Star, l’orchestre du Moulin Rouge, un club branché du quartier de la Médina à Dakar. Les deux complices qui officient alors au Club Sangomar de Dakar sortent chez Ndardisc, El sonero de Africa vol 1 et En direct du Sangomar, deux 45 tours de standards cubains chantés en espagnol et qui connaissent aussitôt le succès : « Guantanamera », « El manisero », « La sitiera » et « Que se funan ». Mais il faut attendre la parution de El sonero de Africa vol 2 avec « El Manisero » et surtout « Seyni kay fonema » (Seyni vient m’embrasser), une chanson d’amour soutenue par une rythmique afro-cubaine au tempo marqué par des lignes du sax et chanté en wolof, pour que Laba Sosseh connaisse une réelle notoriété dans toute l’Afrique de l’Ouest.

Après la réalisation de Dexter Johnson & Laba Sosseh, un 45T chanté en wolof et en anglais et comprenant une reprise du célèbre « Seyni kay fonema », « Come my love » (Viens mon amour), « Ayo néné » (une berceuse sénégambienne) et surtout « Aminata », une autre chanson d’amour qui deviendra son plus gros tube, le duo intègre en 1968 le Star Band de Dakar et fait chavirer le Miami Club d’Ibra Kassé, s’illustrant par un afro-cubain marqué par les lignes de sax percutantes de Dexter et la voix chaude et nasillarde mais remarquablement juste de Laba. Au sommet de leur art, ils décident de reprendre leur liberté et fondent leur propre orchestre, Super International Band, et s’installent à Abidjan, animant les nuits chaudes des clubs de la capitale. 1974 voit le duo enregistré El sonero de Africa vol 3 avec un remix du standard cubain, « Guantanamera », et un inédit, « Sénégal, An XIV », un titre dédié au Sénégal qui fête cette année-là ses 14 ans d’indépendance.

La Voz Africana, premier Disque d’Or d’afro-cubain

De la Côte d’Ivoire où Laba Sosseh enregistre en 1977 Formidable Laba Sosseh pour Sacodis d’Aboudou Lassissi, voyant ses titres diffusés à longueur de journée sur les ondes des radios, sa renommée va s’étendre hors des frontières du continent. La consécration internationale viendra avec ses rencontres avec les stars cubaines à New York, ville de naissance de la fameuse sauce latine, la « salsa ». Laba Sosseh y enregistre en 1980 pour Sacodis plusieurs disques dont Akoguin Theresa avec l’Orchestra Aragon au grand complet et 4 volumes de Salsa Africana : Monguito El Unico Presents Laba Sosseh in USA avec Monguito El Unico, Alfredito Valdes, Bomberito Zarzuela, Mario Rivera ou encore Pupi Legarretta. C’est un succès international immédiat : Laba Sosseh y démontre sa parfaite connaissance des merengue, pachanga, cha cha cha, mambo, guaganco, son cubano, salsa...Vendu à plus de 100.000 exemplaires, Salsa Africana fait de Laba Sosseh le premier Disque d’Or continental pour un chanteur d’afro-cubain. Il est alors surnommé avec déférence « La Voz Africana » ou « El Maestro » par les Cubains eux-mêmes, un signe de reconnaissance de la part de ses lointains cousins des Caraïbes. Son album éponyme, Laba Sosseh, produit en 1981 par le label Sar Productions de Roberto Torres, vient confirmer son statut de grande voix de la musique afro-cubaine.

Après un break discographique de plusieurs années, Laba Sosseh est invité, en 1998, dans Baloba d’Africando, la formation panafricaine initiée par Ibrahim Sylla (Syllart Productions), ressuscitant dans une version salsa son méga hit « Aminata ». Il signera son grand retour en 2001 avec la sortie chez Africa Production/Mélodie de la compilation El Maestro – 40 ans de salsa… comprenant une douzaine de titres.

La Voz Africana s’est tue

Auteur, compositeur et chanteur prolifique, Laba Sosseh disparaît le 20 septembre 2007 à Dakar après plus de 45 ans de salsa, laissant derrière lui un nombre impressionnant de hits.

 

par   Nago Seck  26 juillet 2007 - © Afrisson