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Présentation

Le Krar

Le Krar est une lyre éthiopienne et érythréenne. Joué par les azmaris, il utilise la gamme pentatonique ou,dans les registres populaires, se joue selon quatre modes. Le krar est pratiqué dans des musiques à registre populaire comme aristocratique. Il s’intègre dans des formations orchestrales où sont présentes également des percussions et d’autres instruments à cordes (Watta et Kebero). Le krar étant un instrument à sons fixes, il doit être accordé chaque fois que l’instrumentiste change de mode musical. Plus facile à jouer que le masinqo et pourtant considéré comme un instrument plus noble, le krar connaît une grande popularité en Éthiopie.Les grand maîtres du krar sont Fantahun Shewankochew, Mellessé Asmamaw, Ashenafi Kebede, Asnatqèch Wèrqu, Tewelde Tekle et Temesgen.

Ce texte est sous licence libre (CC-BY-SA)

Un instrument populaire

La musique traditionnelle éthiopienne fait appel à deux sortes de lyres, la grande bägänna à dix cordes autrefois réservée à la musique des dignitaires, et le krar. Le krar est une lyre à six cordes composée d’un cadre de bois fixé sur une caisse de résonance ronde et peu profonde. La table d’harmonie est formée d’une fine peau d’animal. Le krar étant un instrument à sons fixes, il doit être accordé chaque fois que l’instrumentiste change de mode musical. Plus facile à jouer que le masinqo et pourtant considéré comme un instrument plus noble, le krar connaît une grande popularité en Éthiopie.

La cire et l’or

Longtemps dominée par la civilisation de la langue ge‘ez, la culture éthiopienne du royaume de Gondar aux XVIIe et XVIIIe siècles, permet l’essor d’une littérature abondante et essentiellement poétique fondée sur la langue amharique. Cette poésie aristocratique est généralement chantée et accompagnée à la grande lyre bägänna ou, dans les
répertoires plus lyriques, à la lyre krar. Appelé « cire et or », ce discours poétique fondé sur des vers à double sens évoque l’image d’un précieux objet d’orfèvrerie enchâssé dans un délicat moule de cire et aborde aussi bien des thèmes métaphysiques ou existentiels que
lyriques.

Un instrument pentatonique

Parallèlement à la poésie classique qui est chantée à la cour ou chez les seigneurs, se forge une tradition plus truculente, celle des ménestrels azmari. Cette poésie de style léger est chantée en amharique ou en tigré. Les vers, souvent improvisés ou suggérés par d’autres, dans lesquels abondent métaphores et double sens, mais aussi ironie et sarcasmes, sont le plus souvent accompagnés à la vièle masinqo mais également par le krar. La voix, mise au service du texte, peut se déployer sur un registre relativement large. Les ornements et les vibrato, les timbres qui se cuivrent dans les moments dramatiques, l’usage d’échelles pentatoniques, illustrent bien l’appartenance de cette musique au monde nilotique. On y décèle en outre une forte mais ancienne influence de la culture arabe qui se manifeste notamment par l’usage d’intervalles non tempérés.

le krar et l’église

Un instrument modal

La musique profane éthiopienne est monodique et modale. Elle utilise quatre modes pentatoniques, le mode bati construit sur une échelle anhémitonique, les modes hémitoniques tizita et ambassal et enfin le mode anchihoy qui comprend des intervalles intermédiaires entre le demi-ton et le ton.

Les grands maîtres du krar

Les grand maîtres du krar sont Fantahun Shewankochew, Mellessé Asmamaw, Ashenafi Kebede, Asnatqèch Wèrqu, Tewelde Tekle et Temesgen.

 

par   Sylvie Clerfeuille  16 juillet 2012 - © Afrisson