Afrisson

Liberia

Liberia


Pays  | Indépendance-Libération : 1847 | 

111.370 km² - 3.317.176 h

Le Liberia est un pays composé de plusieurs peuples : les Gola et les Mel (ou kissi) à l’Est, les Kru (ou Bassa) à l’Ouest, les Mandingues (ou Kpelle) au Nord et les Americo-Libériens arrivés en 1822, dans le cadre du Back-to-Africa movement.

Les musiques traditionnelles

Les musiques traditionnelles sont des Musiques vocales basées sur les harmonies, le "call and response" et la répétition et des musiques poly-rythmiques à base de percussions. Elles sont jouées dans les fêtes familiales, les cérémonies royales et les occasions particulières de la nation. Les krumen se sont illustrés au cours du XX° siècle par leur technique de guitare tandis que les musiques mandingues font partie de la longue tradition des musiques griottiques.

Influence américaine, Palm wine music et highlife

La scène musicale libérienne a longtemps été dominée par les musiques occidentales : Twists, Foxtrots, Cha-cha-chas, , soul et country music interprétés par divers goupes dont J. Richard Snetter’s ‘Melody 8 Dance Band’.

Mais le highlife et La palm wine music appelé aussi calypso, maringa ou guitar highlife ont été populaires aussi bien en Sierra Leone, qu’au Ghana, en Côte d’Ivoire, au Nigeria et au Liberia en particulier grâce aux krumen. Beaucoup d’entre eux étant marins, ont popularisé le jeu de guitare « fireman ». Le highlife est devenu particulièrement populaire au Liberia dans les années 1970 sous le nom de Liberian electric highlife.

- En 1963, le Président Tubman monte le CPMB (Cape-Palmas Military Band) , un orchestre de 56 musiciens dirigé par le chef d’orchestre israélien Aharon Shefi et proposant une musique mêlant folk libérien, américain, musiques chrétiennes, highlife et musiques de fanfare. Le CPMB qui joue à l’occasion de l’investiture du président Tubman en 1964 interprète à cette occasion des marches du compositeur Victor Bowya, l’hymne national et le titre « Lone Star Forever ».

Morris Dorley et l’Afro-liberian music

Au milieu des années 1960, l’arrivée massive de ruraux apportant avec eux leurs traditions musicales dans les villes va profondément modifier le paysage musical national.

Le plus emblématique est Morris Dorley alias Morris Dolly initiateur d’un mouvement musical, l’« Afro-Liberian music », qui fusionne merengue, musique des krumen, highlife , pop, soul et calypso. Il va donner au pays une identité nationale grâce à des titres comme "Who Are You Baby" . Il sera suivi par des artistes comme Anthony "Experience" Nagbe et Richard Walker , auteur du tube « Kakaleka ». Originaire de la région de Nimba, membre du Liberian Police Orchestra, Harris Sarko, lancera quant à lui un nouveau style de danse, le nimba disco. D’origine Bassa, le guitariste Caesar Gator valorise les styles très rythmiques de sa région natale. Yatta Zoe, Princess Hawa Daisy Moore et Miatta Fahnbulleh, Marie Nyenebo et Zaye Tete revisitent le patrimoine national dans des versions pop et folk.

Durant cette décennie et dans les deux suivantes, plusieurs styles musicaux s’imposent comme le R&B, la soul, le reggae, la pop américaine, le disco et le soukouss adoptés par de nombreux artistes dont Princess Hawa Daisy Moore, Fatu Gayflor, Nimba Burr, Tejajlu, Morris Dorley, Yatta Zoe, Gebah Swaray, Kandakai Duncan , Miatta Fahnbulleh, Kanveen Gaines Adams sans oublier Zack Roberts, Tokay Tomah et Tecumseh Roberts . Mais la guerre civile dévaste la scène musicale nationale : certains artistes comme Tecumseh Roberts sont assassinés. D’autres s’exilent majoritairement aux Etats-Unis et tentent comme Gebah Swaray, de relancer une production totalement désorganisée.

Le Hip-Co et le Gbema

Dans les années 2000, le pays se reconstruit socialement et artistiquement. La Liberian Broadcating Corporation devient le principal organe de diffusion des musiques libériennes même si des radios fm et des sites internet voient le . Depuis 2009, les « Liberian Entertainment Awards » sont organisées aux Etats-Unis récompensant les personnalités et artistes libériens restés au pays ou issus de la diaspora.

De cette renaissance émerge un nouveau courant musical à partir de 1997/1998, le hip co (("Co" for short) , un hip hop en langues vernaculaires incarné par des artistes comme Luckay Buckay, Takun-J, Bone Dust, Red Rum, Kenny Da Knowledge Noy-Z, Real Mighty, Mighty Blow.

Puisant dans le folklore libérien nait le gbema, version modernisée dans des versions pop, folk et électro de morceaux du patrimoine. De nombreux artistes l’adoptent et lancent même une fusion de hip co et de gnema comme K Zee, Sundaygar Dear Boy , Friday the cellphone, King face, Blazor, Samyr Samson, Polo Mabo et Junior Freeman.

Les musiques chrétiennes

Introduites au XIX° siècle par les missionnaires américains, les musiques chrétiennes se sont africanisées au cours du XX° siècle intégrant musiques bassa et kpelle (comme le St. Peter’s Kpelle Choir) et sont toujours très populaires. Durant les dernières décennies, elles se sont métissées à la pop et au soukouss. Les stars du genre sont Bernice Blackie, Pastor Clarke Dorteh, Vivian Akoto, Vow 2 Praise, Sisters of Destiny, Christ Ambassadors, Lakpazee Mass Choir, Harbella Brown et Kanvee Gaines Adams qui a reçu en 2013 à Londres, à l’occasion de 4° Africa Gospel Music Awards, le Prix spécial international pour la promotion du Gospel africain.

 

par   Sylvie Clerfeuille  11 mai 2007 - © Afrisson

Disques

Disques
 
situ