Afrisson

Biographie

M’Toro Chamou

   Chamsidini Momed

Né en 1974 à Mamoudzou, à Mayotte, une île française de l’archipel des Comores, Chamsidini Momed aka M’Toro Chamou ("M’ Toro" signifie "sauvage") est un auteur-compositeur et guitariste (acoustique) au parcours de combattant. Après une adolescence passée à jouer dans son île et la formation du premier groupe de rap, M’Tsapéré Power, M’Toro Chamou quitte Mayotte pour la France. Le chanteur de rap amène avec lui sa guitare acoustique, ses mélodies et les rythmes du “mgodro” traditionnel, un rythme proche du salegy malgache. Avec la sortie de son album Retour aux sources en 1999, M’Toro Chamou s’oriente vers l’afro-folk et afro-pop-rock, des styles tirés du “mgodro” traditionnel mahorais et chantés d’une voix haut perchée en shimaoré (mahorais)…

Retour aux sources

A Paris en 1996, M’Toro Chamou joue avec Baco et Mikidache, les pionniers de la musique mahoraise à l’étranger. En même temps, il forme son répertoire où le “mgodro” commence à prendre une place importante. Le style de M’Toro Chamou se crée ainsi, tout naturellement, et cherche sa place à côté de la pop, du rock, du reggae et du ragga, une place pour la musique de l’Océan Indien. Après la sortie de ses albums Kaza N’goma (1998) et Retour aux sources (1999), dont le titre phare “Bombo”, M’Toro Chamou donne une nouvelle orientation à sa musique : afro-folk ou afro-pop-rock, tirée du “mgodro” et chantée d’une voix haut perchée en shimaoré (mahorais). M’Toro Chamou se retrouve à affronter le monde impitoyable du show-business. Il rencontre, en 2000, le manager du groupe de rap français IAM, joue au festival “Les Nuits d’Istres”, assure la première partie du chanteur français Jacques Higelin à Mayotte, son île natale, puis participe à plusieurs manifestations entre Paris et l’Océan Indien.

M’Lango et Mgodro dance

Artiste engagé chantant le mal du pays, l’injustice, l’exploitation de l’homme par l’homme ert le désarroi, M’Toro Chamou sait aussi trouver les mélodies pour parler d’amour ou d’espoir d’une porte qui s’ouvre sur le monde. D’où son opus paru en 2002, M’Lango (“la porte” en shimaoré), la porte de la vie et de la compassion. Ces paroles posées soutenues par le rythme imposant du “mgodro”, ont fait de M’Lango une porte ouverte pour M’Toro Chamou sur la scène word music. Fin janvier 2004, sort Bwé Foro, un album proposant des balades, du reggae et bien sûr du “mgodro”, comme il sait en jouer, avec des arrangements personnels et des innovations musicales. A travers sa musique, l’artiste adopte et fait sa propre histoire, une histoire qui parle d’esclavage et de soumission. Mais c’est aussi une histoire riche parce qu’ancienne et tissée, avec une culture où savoir et savoir-faire font un tout indivisible. Et c’est la musique des anciens que M’Toro Chamou porte sur scène, arrangée pour que des musiciens non Mahorais puissent la jouer et pour que tout public puisse l’écouter, l’apprécier, l’aimer, sans pour autant comprendre la langue mahoraise. Avec sa musique M’Toro Chamou lance, par la force de ses mélodies et de ses messages, un pont au-delà des différences, entre la tradition et la modernité, entre Mayotte et le reste du monde. L’année 2009 voit M’Toro Chamou enregistrer Changer, un album chanté en shimaoré, en kiswahili et en français.

Le collectif Tsenga

En 2008, M’Toro Chamou et son compatriote Mikidache sortent en duo Tsenga, un album hommage à Langa, le maître du gabousi (luth mahorais qui symbolise la tradition musicale de Mayotte). Dans cet opus aux parfums afro-folk, Mikidache et M’Toro Chamou, tous deux membres du collectif Tsenga, y reprennent ses mélodies en évoquant de nombreux artistes contemporains Mahorais.

La même année, leur concert à Chiconi (commune de Mayotte) lors de la tournée du collectif Tsenga est l’objet d’un opus, Tsenga 2 (Live Chiconi 2008), paru en 2010. Cette tournée réunit cinq artistes : les guitaristes et chanteurs Mikidache et M’Toro Chamou, le rappeur Bo Houss et la compositrice, chanteuse et chorégraphe Zainouni, tous quatre originaires de Mayotte, et Eliasse, lauréat 2010 des “Voix de l’Océan Indien”, né à Moroni. On retrouve à leurs côtés le percussionniste Comorien Abdallah, ainsi que les bassistes Camerounais Brice Wassy et Hilaire Penda.

Les textes chantés en shimaoré (ou mahorais), en shimasiwa (ou shikomori ou comorien), des langues proches du kiswahili évoquent la sagesse des anciens, la départementalisation ou encore la situation des enfants des rues et des immigrants clandestins venus chercher fortune à Mayotte.
En 2011, le collectif Tsenga remet ça en sortant On va bouger, un EP 5 titres réunissant M’Toro Chamou et Nassadjah, un reggaeman Comorien basé à Nantes, en France. La même année, M’Toro Chamou lance son EP 4 titres "Mgodro Street", mettant en valeur le “mgodro”, danse et rythme à la base de la musique mahoraise.

Punk Islands

Son album "Punk Islands" (sortie le 25 mars 2016) reste fidèle à son style afro-pop-rock, intégrant le “mgodro” traditionnel mahorais. Pour la pochette de l’opus comprenant le titre “Sika Mila”, M’Toro Chamou, sacré “Meilleur artiste mahorais 2015” aux Voix de l’océan Indien (VOI), a fait appel à l’artiste peintre Jimmy Cambona, originaire de Saint-Louis, à La Réunion.

* Source : http://www.mtoro.chamou.free.fr/ (Tiziane Marone)

 

par   Nago Seck  4 juillet 2010 - © Afrisson