Afrisson

Biographie

Magic System


Groupes Côte d’Ivoire | Création : 1996 | Styles :  Afro-dance - Zouglou

Fondé en 1996 par des potes de lycée, A’Salfo (Salif Traoré), Tino (Etienne Boué Bi Kohou), Goudé (Narcisse Sdoua) et Manadja (Adama Fanny), à Marcory, leur quartier à Abidjan (Côte d’Ivoire), Magic System est l’un des groupes phares du zouglou. Ce style musical très dansant (afro-dance) soutient des messages teintés d’humour la paix, l’union, la solidarité, la cohésion sociale, l’éveil des consciences, la pédophilie, les divisions ethniques, la délinquance juvénile, l’avortement... Leur méga hit titre, “1° Gaou” (plus de 2.230.000 vues sur youtube) contribue à leur renommée internationale en 1999…

Le zouglou

Magic System se distingue d’abord dans les manifestations locales avant de se lancer dans une carrière professionnelle avec, pour style, le zouglou, une musique, à l’origine, comique ou satirique, avec des chanteurs qui s’accompagnaient de percussions lors des mariages, des fêtes de quartier ou des matchs de foot.
A la fin des années 1980 début 1990, le zouglou est associé à la révolte étudiante, notamment à l’université de Yopougon. Plusieurs groupes se sont alors distingués : Les Salopards, Les Parents du Campus, Les Esprits de Yop, Les Cocos, Aboutou Roots, Zougloumania, Les Garagistes, Soum Bill, Les Potes de la rue, Les Djigbos, Espoir 2000 ou encore Surchoc. Comme pour le “gnama gnama” de Kassiry en son temps, ce sont, au début, surtout les “maquis”, ces restaurants populaires de Côte d’Ivoire, qui ont contribué à l’explosion du zouglou tandis que les discothèques boycottaient ce courant musical…Un disc-jockey a même été renvoyé d’un night-club pour avoir passé un titre de zouglou

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1er Gaou, tube planétaire

Fin 1997, avec le concours du dénicheur de talents abidjanais, Claude Bassolet, Magic System sort l’album Papitou dont le premier extrait, “Momo”, aux sonorités traditionnelles marquées par les synthés et mettant en exergue la voix rocailleuse d’A’Salfo connaît un succès d’estime. Dès lors, il est diffusé sur toutes les radios ivoiriennes et les DJ n’hésitent pas à le passer en discothèque. Mais, il faut attendre 1999, avec la création de la société Show Box International avec leur manager Angelo Kabila, pour qu’il y ait un vrai envol avec la sortie de “1° Gaou” enregistré au Studio Soft d’Abidjan. Différentes couches sociales dont les étudiants, les lycéens et les chômeurs diplômés se reconnaissent alors dans cette musique à cause des messages véhiculés, inspirés notamment de l’environnement socioculturel : “1° Gaou”, c’est l’histoire d’un amant qui refuse d’être le “nyata” (le petit con), aux dépens de sa petite amie uniquement intéressé par l’argent.
Avec leur signature, la même année, chez Showbiz, “1° Gaou” devient un énorme tube et un succès commercial continental : près de 300.000 cassettes vendues en Côte d’Ivoire et plus de 1.500 000 en Afrique. Distribué en France par Next Music, “1° Gaou” est meilleure vente de musique africaine à la FNAC. Apres des tournées en France, en Belgique, en Suisse et en Italie, des collaborations avec Koffi Olomidé puis Bisso na Bisso du rappeur Passi à Bercy, Magic System est au Zénith de Paris avec comme Guest Stars, Jocelyne Labylle, les Garagistes et Koffi Olomidé. Et c’est aussitôt le succès en France et dans les Antilles.

Un Gaou à Paris

En juin 2001, JPS Productions sort Poisson d’avril (une histoire de couple qui tourne mal). Mais c’est la version techno de “1° Gaou” mixé par le DJ français Bob Sinclar et diffusée en boucle par les radios FM françaises durant l’été 2002 qui connaîtra un énorme succès planétaire avec un Double disque d’Or et un concert à L’Olympia à Paris. En 2003, 1° Gaou est adapté et réédité sous l’intitulé “Un Gaou à Paris”, un single évoquant les immigrés africains, leurs problèmes pour obtenir la carte de résidence et la déscolarisation de leurs enfants : “Mon rêve c’était d’aller à Paris... Je n’savais pas ce qui m’attendait ho ho... Je quitte Abidjan à 34 degrés ho... Arrivé à Paris ho 2 degrés... Tellement le froid m’a limé ho... J’ai oublié Abidjan ho ho... Tu ne fumes pas, fumée sort de ta bouche ho... La souffrance ne fait que commencer ho ho... Pour avoir des papiers on souffre ho... Arrivé là-bas on souffre ho... Souffrance dans la souffrance ho... On quitte chez nous avec beaucoup d’argent ho... Arrivé là-bas ça devient petit ho...”

Un Gaou à Oran

Dès lors, Magic System est sollicité par divers artistes comme le groupe de rap 113 et Mohamed Lamine. leur collaboration sur la chanson “Un Gaou à Oran” connaît un énorme tube (plus de 740.000 vues sur youtube) et fait l’objet d’une sonnerie de téléphones mobiles. Ils enregistrent aussi avec la chanteuse Leslie (Je suis et je resterai).

Cessa kié la vérité

En juin 2005, fidèles au zouglou, ils sortent chez EMI l’album, Cessa kié la vérité, dont le gros tube, “Bouger, bouger” (1.300.000 vues sur youtube), un clin d’œil à la crise politique en Côte d’Ivoire, est réalisé avec Mokobé du groupe de rap 113. “Matilisso”, un titre mêlant zouglou et sonorités zulu (mapantsula) fut enregistré à Johannesburg avec Brenda Fassie, en 2002, deux ans avant la disparition de la chanteuse sud-africaine survenue en 2004. Dans “Tikilipo”, ils invitent le grand frère Alpha Blondy, le doyen du reggae ivoirien, tandis que “Ambiance à gogo” est un titre aux couleurs rap réalisé avec Brasco. Quant à “T’endors pas”, c’est un inédit avec le rappeur Youssoupha (l’un des fils de Tabu Ley Rochereau) alors que “Molo Molo” s’inspire du zouk et des rythmes latins.

Touté kalé

En 2009, Magic System réalise “Même pas fatigué”, en featuting avec Khaled, un single qui leur vaut le prix de “Meilleur duo” aux NME Awards 2009.
Sorti en 2011, leur opus Touté kalé (plus de 100.000 albums vendus en France), avec des tubes comme “Ambiance à l’africaine” (plus de 8.700.000 sur youtube) produit par le fidèle DJ Kore, “Children of Africa”, un titre sur l’unité africaine, “Chérie Coco” réalisé avec la vedette du rap marseillais Soprano ou encore “Ca va aller”, en duo avec leur compatriote et chanteur de reggae Tiken Jah Fakoly… Le 2 avril 2012, ils sortent la double compilation D’Abidjan à Paris (Best of), dont le premier extrait Tango Tango, paru en février, devient un méga hit, avec plus de 2.100.000 vues sur youtube. En décembre 2012 à Abidjan, leur ville natale, ils sont sacrés “Meilleur groupe africain” aux Kora Awards.

Savoir, un single au profit de l’Alphabétisation en Afrique

L’année 2013 voit A’Salfo, "ambassadeur" de l’Unesco pour l’Alphabétisation et la culture de la paix, réunir plusieurs artistes africains pour la réalisation de Savoir, un single dont les bénéfices serviront à financer des projets d’alphabétisation de l’Organisation. Cet hymne au pouvoir de l’éducation en Afrique est interprété par des musiciens consacrés de plusieurs pays d’Afrique et de France : Didier Awadi, Barbara Kanam, Pierrette Adams, Alif Naaba, Kodjo Antwi, X-Maleya, J. Martins, Miguelito et A’Salfo bien sûr.

Magic in the Air, un méga hit international

En 2014, Magic System sort Magic in the Air, un single enregistré en featuring avec Ahmed Chawki, devenu l’un de leurs méga hits internationaux, avec plus de 64.700.000 vues sur youtube.

Radio Africa

Le 29 juin 2015, Magic System sort Radio Africa, un album de reprises dédié à divers artistes africains leurs tubes qui les ont marqué. On y entend ainsi des adaptations et remix de "Sweet Fanta Diallo (Adieu Soleil)" de leur compatriote Alpha Blondy (premier extrait de l’opus), "Sodade" de Cesaria Evora (Cap-Vert), "Pata Pata" de Miriam Makeba et "Asimbonanga" de Johnny Clegg & Savuka (Afrique du Sud)… mais aussi des chansons de Francis Bebey (Cameroun), Zao (Congo) ou Tiken Jah Fakoly (Côte d’Ivoire).

A’Salfo et les honneurs

En 2001, le leader charismatique de Magic System, Salif Traoré dit “A’Salfo”, est fait Chevalier dans l’ordre du mérite ivoirien, puis Officier en 2007, année de la sortie de l’album Ki dit mié. Il participe pleinement au processus de réconciliation en cours en Côte d’Ivoire, en aidant au retour des exilés, des médias et de la culture. En 2011, A’Salfo est nommé par le Président de la République de Côte d’Ivoire, ambassadeur culturel pour la réconciliation en Côte d’Ivoire.

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par   Nago Seck  10 mai 2007 - © Afrisson