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Biographie

Magic System


Groupes Côte d’Ivoire | Création : 1996 | Styles :  Zouglou

Fondé par des potes de lycée, Salif Traoré dit « A’Salfo », Tino, Goudé et Manadja, en 1996, à Marcory, leur quartier d’origine à Abidjan (Côte d’Ivoire), Magic System est l’un des groupes phares du zouglou, un style musical aux messages toujours teintés d’humour. Leur fameux titre, « 1° Gaou », contribuera à leur renommée internationale…

Le zouglou

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Magic System se distingue d’abord dans les manifestations locales avant de se lancer dans une carrière professionnelle avec, pour style, le zouglou, une musique, à l’origine, comique ou satirique, avec des chanteurs qui s’accompagnaient de percussions lors des mariages, des fêtes de quartier ou des matchs de foot.
A la fin des années 1980 début 1990, le zouglou est associé à la révolte étudiante, notamment à l’université de Yopougon. Plusieurs groupes se sont alors distingués : Les Salopards, Les Parents du Campus, Les Esprits de Yop, Les Cocos, Aboutou Roots, Zougloumania, Les Garagistes, Soum Bill, Les Potes de la rue, Les Djigbos, Espoir 2000 ou encore Surchoc. Comme pour le « gnama gnama » de Kassiry en son temps, ce sont, au début, surtout les « maquis », ces restaurants populaires de Côte d’Ivoire, qui ont contribué à l’explosion du zouglou tandis que les discothèques boycottaient ce courant musical…Un disc-jockey a même été renvoyé d’un night-club pour avoir passé un titre de zouglou

1er Gaou, tube planétaire

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Fin 1997, avec le concours du dénicheur de talents abidjanais, Claude Bassolet, Magic System sort l’album Papitou dont le premier extrait, « Momo », aux sonorités traditionnelles marquées par les synthés et mettant en exergue la voix rocailleuse d’A’Salfo connaît un succès d’estime. Dès lors, il est diffusé sur toutes les radios ivoiriennes et les DJ n’hésitent pas à le passer en discothèque. Mais, il faut attendre 1999, avec la création de la société Show Box International avec leur manager Angelo Kabila, pour qu’il y ait un vrai envol avec la sortie de « 1° Gaou » enregistré au Studio Soft d’Abidjan. Différentes couches sociales dont les étudiants, les lycéens et les chômeurs diplômés se reconnaissent alors dans cette musique à cause des messages véhiculés, inspirés notamment de l’environnement socioculturel : « 1° Gaou » est l’histoire d’un amant qui refuse d’être le « nyata » (le petit con), aux dépens de sa petite amie uniquement intéressé par l’argent.
Avec leur signature, la même année, chez Showbiz, « 1° Gaou » devient un énorme tube et un succès commercial continental : près de 300.000 cassettes vendues en Côte d’Ivoire et plus de 1.500 000 en Afrique. Distribué en France par Next Music, « 1° Gaou » est meilleure vente de musique africaine à la FNAC. Apres des tournées en France, en Belgique, en Suisse et en Italie, des collaborations avec Koffi Olomidé puis Bisso na Bisso du rappeur Passi à Bercy, Magic System est au Zénith de Paris avec comme Guest Stars, Jocelyne Labylle, les Garagistes et Koffi Olomidé. Et c’est aussitôt le succès en France et dans les Antilles.
En juin 2001, JPS Productions sort Poisson d’avril (une histoire de couple qui tourne mal). Mais c’est la version techno de « 1° Gaou » mixé par le DJ français Bob Sinclar et diffusée en boucle par les radios FM françaises durant l’été 2002 qui connaîtra un énorme succès planétaire avec un Double disque d’Or et un concert à L’Olympia à Paris. En 2003, Poisson d’Avril est réédité pour Virgin, sous le titre de Un gaou à Paris, évoquant les problèmes de cartes de résidence des immigrés et les enfants déscolarisés…

Un Gaou à Oran

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Dès lors, Magic System est sollicité par divers artistes comme le groupe de rap 113 et Mohamed Lamine (« Un Gaou à Oran », un énorme tube qui a fait l’objet d’une sonnerie de téléphones mobiles) ou encore la chanteuse Leslie (Je suis et je resterai). En juin 2005, fidèles au zouglou, ils sortent chez EMI l’album, Cessa kié la vérité, dont le gros tube, « Bouger, bouger », un clin d’œil à la crise politique en Côte d’Ivoire, est réalisé avec Mokobé du groupe de rap 113. « Matilisso », un titre mêlant zouglou et sonorités zulu (mapantsula) fut enregistré à Johannesburg avec Brenda Fassie, en 2002, deux ans avant la disparition de la chanteuse sud-africaine survenue en 2004. Dans « Tikilipo », ils invitent le grand frère Alpha Blondy, le doyen du reggae ivoirien, tandis que « Ambiance à gogo » est un titre aux couleurs rap réalisé avec Brasco. Quant à « T’endors pas », c’est un inédit avec le rappeur Youssoupha (l’un des fils de Tabu Ley Rochereau) alors que « Molo Molo » s’inspire du zouk et des rythmes latins.

Groupe phare de la scène zouglou, Magic System, dont les albums dont Ki dit mié (2007) ou Touté kalé (2011) connaissent d’énormes succès dans le monde, contribue à l’enrichissement de la francophonie avec des chansons mélangeant le français aux langues ivoiriennes (dioula, baoulé, bété…).

 

par   Nago Seck  10 mai 2007 - © Afrisson