Ce groupe du label Mavuthela, la division des musiques noires de Gallo, a longtemps accompagné Mahlathini et les Mahotella Queens avant de disparaître en 1999. Le Makgona Tsohle Band a électrifié le mbaqanga.
The Pretoria Tower Boys

Les membres du Makgona Tsohle Band (appelé aussi Makhona Tsohle Band) sont tous à l’origine employés comme domestiques à Pretoria. D’où le nom du groupe ( LMakgono Tsohle signifie en zulu « homme à tout faire »). Originaire de Nelspruit où il naît en 1940, West Nkosi, le leader, a été tour à tour porteur et domestique avant de s’initier au pennywhistle (pipeau), l’instrument roi de la kwela music, inspiré par son idole, Spokes Mashiyane. Joseph Makwela et Lucky Monama, des voisins, lui demandent de les initier à l’instrument. Ils forment bientôt un groupe, The Pretoria Tower Boys. Lucky Monama et West Nkosi jouent du pipeau (West Nkosi optera plus tard pour le sax) et Joseph Makwela se forme à la guitare.
Rupert Bopape et Mavuthela
En 1962, West Nkosi, Monama et Makwela s’installent à Johannesburg et jouent au sein du Hollywood Jazz Band. West Nkosi assure le sax, Monama, la batterie et Makwela, la basse. En 1964, Rupert Bopape, responsable du label Mavuthela, le département des musiques noires de la maison Gallo, monte un groupe formé des trois complices, de Vivian Ngubane à la guitare rythmique et de Marks Mankwane à la guitare électrique.
Le mbaqanga

Le Makhona Tsohle Band (ou Makgona Tsohle Band) électrifie bientôt un nouveau style qui fusionne kwela, marabi music, sonorités traditionnelles zulu, xhosa et sotho : le mbaqanga. Le groupe signe un premier album à son nom, Let’s Move with the Makhona Tsohle Band. Le genre obtient une reconnaissance officielle à l’occasion du Castle Jazz festival à l’Orlando Stadium de Soweto. Pour renforcer la formation, Rupert Bopape recrute Simon Mahlatini Nkabinde, le groaner, et un groupe vocal féminin qui prendra plusieurs noms (Izintombi Zomgqashiyo, Les Dima Sisters, les Mahotella Queens ou les Mgqashiyo Girls) : mgqashiyo (« balancer » en zulu) fait référence à cette combinaison de mbaqanga, de voix féminines et de danse très toniques qu’elles exécutent sur scène. Le groupe connaît un succès immédiat. Le groupe prend bientôt le nom de Mahlathini and the Mahotella Queens et connaît un succès sans précédent jusqu’au milieu des années 1970. En 1977, Rupert Bopape, victime d’une crise cardiaque se retire et Marks Mankwane, West Nkosi et Lucky Monama, deviennent producteurs de Gallo : le Makgona Tsohle Band s’arrête d’autant que le succès des Mahotella Queens s’étiole avec la popularité grandissante de la bubblegum music et de la soul qui éclipsent le mbaqanga.
Succès international

En 1982, West Nkosi lance sur la chaîne de télévision SABC3, Mathaka, une comédie musicale racontant la vie d’un garage, et recrute le Makgona Tsohle Band pour la musique de la série. Il enregistre à cette occasion deux 33 tours, Mathaka Vol1 et Mathaka vol2. Le show s’arrête en 1984 et West Nkosi remonte Les Mahotella Queens et signe un album à succès Amaqhawe Omgqashiyo. En 1986, la tournée Graceland de Paul Simon lance la musique sud-africaine sur la scène internationale : Mahlathini et les Mahotella Queens sortent l’année suivante Thokozile, un premier succès mondial. Jusqu’en 1997, le groupe accumule les hit dont le fameux « Kazet » et tourne dans le monde entier. Mais en 1998, West Nkosi et Marks Mankwane disparaissent suivis l’année suivante de Simon Mahlathini. C’est la fin du Makgona Tsohle Band. Les Mahotella Queens, quant à elles, poursuivent leur carrière internationale, accompagnées par de nouveaux musiciens.
Sources :
Wikipedia
livret de Rob Allingham dans l’album Mathaka Vol1. Gallo, Nov 2007.
Itw de West NKosi par Sylvie Clerfeuille, Johannesburg, 1997.
par Sylvie Clerfeuille 15 décembre 2007 - © Afrisson