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Biographie

Mama Ohandja


Artistes Cameroun | Naissance : 1942 | Styles :  Afro-pop - Bikutsi - World / Musique du monde

Né en 1942 à Ebanga (Cameroun) de parents chanteurs, l’auteur, compositeur, arrangeur, guitariste, interprète et chorégraphe, Mama Ohandja dit le “Rossignol” développe l’ékomot et le bikutsi (“frapper le sol” en éwondo), deux courants musicaux traditionnellement exécutés par les femmes de la communauté Béti lors des funérailles, naissances ou autres fêtes...

Mama Ohandja débute professionnellement en 1967 en intégrant le Mandoline Jazz d’Efok, un orchestre naviguant entre rumba congolaise, jazz, twist, rock, tango, valse, cha cha cha, mambo, guajira ou boléro, des styles très en vogue au Cameroun. En 1970, il fonde son propre groupe, Confiance Jazz, et s’illustre dès 1971 avec son premier 45T, “Mot Ane Mben Meyen Moyab / Merci mes parents”, un titre à la couleur bikutsi flirtant avec le jazz, le highlife ghanéen et surtout la rumba et le soukouss congolais des orchestres comme le TP OK Jazz de Franco ou l’afrisa International de Tabu Ley “Rochereau”. Son 45 tours, Mbom-Mezik / Man Ebon, enregistré en 1975, reste fidèle à ce style. Bientôt, Mama Ohandja tourne à travers toute l’Afrique avec sa troupe de musique, chant et danse, le Ballet Éton de Lékié (les Éton (ou Iton ou Béti-Iton ou Iton-Béti) constituent la plus grande communauté de Lékié, un département du Centre du Cameroun.

En 1981, Mama Ohandja participe à la réalisation du Coffret 3 CD, Fleurs Musicales du Cameroun, aux côtés d’artistes de renom comme Francis Bebey, Manu Dibango, Anne-Marie Nzié, Ben Decca, Prince Eyango, Henri Dikongué, Sam Mbendé, Jean Bikoko Aladin, Charlotte Dipanda et bien d’autres encore… Grâce à sa musique ancrée dans la tradition Béti (ékomot, bikutsi), mais aussi ses textes sur le quotidien des Camerounais, le social, l’unité nationale, la justice ou l’amour, chantés en Ewondo, celui que l’on surnomme le Philosophe ou le Moralisateur est nommé en 1988 Délégué régional de la MAC (Mutuelle des Artistes Camerounais). La même année, il collabore avec le fameux groupe de bikutsi-rock Têtes Brûlées du guitariste Epeme Théodore aka Zanzibar. Après la sortie de "Super moon ebon" (La superbe dame fantaisiste), devenu un énorme hit de la fin des années 1980 au Cameroun, Mama Ohandja fusionne ses deux formations, Confiance Jazz et Ballet Éton de Lékié, et les rebaptise Les Magistrats. Avec cette une formation, il compose “Allez les Lions Indomptables”, l’hymne officiel de l’équipe de football du Cameroun lors de la Coupe du Monde 1994 aux Etats Unis. Le succès est tel qu’il est invité dans plusieurs pays d’Afrique et d’Europe entre 1998 et 2006, dont Afriki Dancehall en Allemagne ou encore Sam’Africa et Les Eurockéennes en France.

L’année 2007 voit Mama Ohandja inventer et breveter le “Balafson”, un petit boîtier transformant le son de la guitare en un son proche du balafon, afin de redonner au bikutsi le son originel. Le public international découvre les sonorités de cet instrument dans Longue Langue, son opus paru en 2010. Dédié à la danse, cet opus laisse entendre du bikutsi ou de l’ékomot flirtant avec ses influences (twist, jazz, valse, tango, rock ou rumba congolaise), comme dans “Dzé Engabo” ou “Longue Langue”, l’intitulé du CD. Entre-temps, Mama Ohandja est invité à poser sa voix sur “Assiko Mintanan”, un titre bikutsi-rock de l’album Lychee Queen (2008) du groupe de trip-hop français fondé par le batteur Cyril Atef et le violoncelliste Vincent Segal.

 

par   Nago Seck  15 septembre 2007 - © Afrisson