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Biographie

Vicky Bila


Artistes Togo | Styles :  Afro-jazz - Jazz

Originaire du Togo, la chanteuse Vicky Bila affirme son originalité en fusionnant le jazz (ou la soul) et les rythmes et mélodies tirés des diverses sonorités du pays. Le swing et la douceur de ses mélodies, les paroles, la pureté de sa voix de soprano illustrent en elle toute la beauté de la musique africaine. Auteure, compositrice et multi-instrumentiste (piano, percussion, melodion), Vicky Bila est une artiste engagée dans diverses actions de solidarité et une humaniste, distillant en mina (sa langue) des messages de paix, d’amour, d’unité, d’espoir, de la vie quotidienne, et surtout de l’Evangile, des louanges à Dieu. Elle préside l’association Joy For Peace qu’elle a créée pour promouvoir la paix au travers de la musique et par des projets de développement durable. Dans la lignée des plus grandes, un charisme, une référence, une grande voix qui sublime et fait rêver.

Ses débuts professionnels

Vicky Bila commence à l’âge de 8 ans à chanter dans la chorale Saint Paul & Pierre de l’église catholique de Nyékonakpoè à Lomé. Très vite elle devint chanteuse soliste dans diverses chorales qui la sollicitent pour sa voix cristalline. Après ses études à Lomé, Mango et Kara, elle débute réellement sa carrière de chanteuse au sein du groupe musical Aguéshey Sound fondé et dirigé par M. Adewusi Basile actuel président du Sariac ainsi qu’avec l’orchestre national du Togo. Vicky Bila obtient plusieurs prix dont le prestigieux trophée Bella Bellow au palais des congrès de Lomé lors du 2ème championnat de musique scolaire et universitaire en 1980. Dès 1981, elle entre comme lead vocal dans de grands orchestres de Lomé comme Mélo-Togo fondé par Mr Tobias Kokou, les As du Bénin et le groupe afro-jazz- pop Kinka. Vicky Bila, désormais connue dans le milieu artistique comme la plus belle voix nationale est sollicitée pour des publicités à la télévision et à la radio ainsi que par plusieurs groupes de différents pays. En 1982, elle compose l’indicatif de la RTNM , la Radio Télévision de la Nouvelle Marche du Togo. En 1985, Vicky Bila réalise Kinka, son premier album enregistré avec son groupe Kinka Jazz Train, la seule formation afro-pop-jazz des années 1980 au Togo, dont Jean-Claude Torko (base) ; Ro Bez Attivor aka Little Ro (piano) ; Bob Jagayi (guitare), etc. Le succès de cet opus l’amène à sillonner l’Afrique : Liberia, Côte d’Ivoire, Bénin, Gabon, Gambie ou encore Burkina Faso où elle remporte le prix de la “Meilleure chanteuse africaine”, un trophée déposé au musée national du Togo.

Actions humanitaires

En 1996, Vicky Bila est membre du comité culturel à Autigny, à Fribourg où elle prend des cours à l’Ecole d’infirmière, avant de suivre des stages d’infirmière à l’Hôpital de Billens puis à l’Hôpital Cantonal de Fribourg, en Suisse en 1998. un an plus tard, elle patronne de la Planète Bar, puis de l’Hôtel Cheval Blanc, toujours en Suisse. En 2000, Vicky Bila enregistre Moladidi ("le chemin est long" en mina), un opus produit par l’auteur-compositeur, interprète et producteur Dee Kwarel, avec la collaboration d’Abiadé Basile Adewusi, musicien, critique de musique, expert, consultant et Vice-président du Conseil Francophone de la Chanson en 1999. Ensuite, elle se produira avec les plus grands noms de la musique africaine sur diverses scènes du monde. Vicky Bila devient ensuite la chanteuse soliste d’un groupe lyrique de 35 personnes et participe à l’organisation de l’opéra de rock à Fribourg. Avec sa voix de soprano imprégnée de sa sensibilité africaine, elle envoûte les clients privilégiés de quelques palaces en Europe, notamment ceux des palaces de la Côte d’Azur, en France. Une tournée sera d’ailleurs organisée par la compagnie d’aviation Lufthansa en 2004. L’année suivante, Vicky Bila (piano, melodion, percussions, voix) se produit à Vancouver au Canada avec Russ Rosen Band pour la lutte contre le Sida en Afrique et à Wiesbaden en Allemagne pour le soutien du peuple d’Érythrée. Ensuite, elle donne des concerts pour soutenir l’association “Stop au durcissement des lois sur l’asile et les étrangers” en Suisse (boat people), ainsi que l’association “CIDAD” pour la fête des peuples organisée par la fédération “Maison Kultura” à Genève, pour ne citer que celles-là… Parallèlement, Vicky Bila donne chaque année un concert pour récolter des fonds pour la fondation “FAM” (Fondation Avenir Meilleur) à Kpalimé, au Togo. Fondée par Franck Simon (juriste de formation), en collaboration avec Jean-Philippe Rapp, journaliste à la Télévision Suisse Romande et fondateur du site www.nordsud.ch, et bien d’autres personnalités suisses, “FAM” a son siège en Suisse (site : www.fam-togo.org). Elle met aussi sa voix à la disposition de l’association “Enfant Kara-Togo” créée par Rose et Claude Balmer, un orphelinat au nord du Togo, qui a aussi son siège en Suisse. Chanteuse engagée et militante mettant sa voix aux profits des causes humanitaires, Vicky Bila est aussi la marraine de l’association “Médecins du Peuple” fondée par le cardiologue, Dr Baragou Soodougou et ayant des sièges à Lomé (Togo) et en Suisse.

Vicky Bila chante Bella Bellow

En 2005, Vicky Bila fonde “Joy For Peace”, une association dédiée à la promotion culturelle et au développement durable. A cet effet, elle organise une série de concerts dans les grandes villes de la Suisse (Zurich, Genève, Neuchâtel) en regroupant une dizaine d’artistes Togolais vivant en Europe sous la devise de l’association : “La joie ne peut éclater que parmi des gens qui se sentent égaux. Ainsi, la joie contribuera à la paix…” La même année, elle sort la compilation Joy for Peace vol. 1, réalisée avec avec huit artistes Panafricains : Bella Lawson, Itadi K. Bonney, Belinda First, Joe Kiki Sena, Emilie Edimo, Joe Coo, Amina Kolani, Sika Nella et Dee Kwarel. Deux ans plus tard, elle enregistre le single Bella Bellow par Vicky Bila, un hommage à la diva incontournable de la musique togolaise… et africaine, en général, Bella Bellow. “Une fois, je suis allée en Russie pour chanter. J’ai entonné l’une de ces chansons. Tout à coup, dans la foule, des gens commençaient par crier son nom : "Bella Bellow, Bella Bellow, Bella Bellow". Devant cette foule qui s’égosillait à répéter son nom et à même fredonner la chanson, j’étais vraiment étonnée. J’avais la chair de poule. De là, j’ai moi-même touché du doigt ce que disaient les gens à propos de l’audience ou encore la renommée de Bella Bellow au-delà des frontières togolaises et africaines… C’est une star immortelle”, confie Vicky Bila à Kodzo A. Vondoly (http://africinfos.centerblog.net).

Hommage à Miriam Makeba

En 2009, elle donne un concert à guichet fermé au prestigieux Auditorium Parco della Musica, un multicomplexe musical et culturel basé à Rome (Italie), pour la Journée Internationale de la Femme et la lutte contre la violence contre les enfants et les femmes dans le monde. C’est dans cette mytique salle qu’elle rendra hommage à Miriam Makeba, foudroyée par une attaque cardiaque sur scène le 10 novembre 2008 à Castel Volturno, en Italie. Un concert organisé par Eugenia Roccella, le parlementaire Souad Sbai, Viviana Beccalossi, Mennuni Lavinia, Isabella Rauti, Chef du Département pour l’Egalité des chances, et Loredana Gemelli. La soirée se termina par la remise du Prix de la Littérature à l’écrivain Marocain Rita El Khayat, candidat pour le Prix Nobel de Littérature. Sa voix enchantera aussi les mélomanes de Bergame lors d’un concert en soutien aux enfants de Centrafrique.
L’année 2010 voit l’ouverture à Lomé, au Togo, du studio d’enregistrement Joy For Peace, financé par Vicky Bila elle-même, ainsi que le lancement du label du même nom, Joy For Peace Production, devant comprendre un module vidéo. La même année, sort “Soli Hommage”, un album hommage à sa sœur Soli “qui a rejoint très tôt les autres étoiles dans l’au-delà”. C’est aussi le résultat d’un regard sombre sur l’évolution de nos sociétés où les valeurs humaines semblent perdre pied face à des impératifs mondialisés.

Vicky Bila à l’Odyssée de l’Accordéon

Pour les 50 ans de l’indépendance du Togo en 2010, Vicky Bila s’est produite dans deux concerts organisés par Yao Dogan, journaliste et consultant de RFI (Radio France Internationale). En mars 2011, elle anime la soirée de la Francophonie à Lomé. Le 6 octobre, en compagnie de 22 autres artistes africains et européens, elle fait une formidable et improbable expérience avec l’Odyssée de l’Accordéon, organisé au Trianon, à Paris et produit par Ikutaro Kakehashi, fondateur de Roland Corporation ou Roland (fabriquant d’instruments de musique électroniques) et Henry Kam, producteur et créateur de L’Odyssée de l’Accordéon. A cette occasion, ce dernier disait : “Nous voulons faire découvrir au plus grand nombre la grande qualité des émotions que la musique interprétée par de l’accordéon transmet. Qui pense qu’une cantatrice ou qu’une grande chanteuse africaine puisse faire frissonner son public d’émotion, juste accompagnée d’un accordéon.

JazzAfric : Le retour à la maison

En 2012, après mûres réflexions, Vicky Bila sort JazzAfric, un opus jazz aux parfums africains réalisé avec Arsène Kofi Arso (guitare), Gaétan Ahouandjogbé (base), Ariel Cheney (piano), Gilbert Ai-Nho (batterie, percussion) et Koffi Enam Kafui Assimadi (sax, clarinete). L’année suivante, elle lance l’EP Gaméassou, extrait de JazzAfric, puis entame une grande tournée de promotion de la musique jazz en Afrique. Son objectif est de faire revenir la musique jazz à la maison. “Le jazz est méconnu en Afrique ; il semble n’être connu et apprécié que dans un cercle restreint de personnes, ou considérée comme une musique intellectuelle malgré ses racines noires africaines. Il est presque absent sur les médias du continent noir. La sensibilité et la musicalité du jazz méritent d’être démocratisées et de revenir ainsi à son audience populaire. Cette réalité fait partie de l’histoire africaine ; libre à nous africains de se la réapproprier en y mettant les couleurs de notre quotidien et surtout de la démocratiser. Dans toute l’histoire du jazz, le lien africain n’est jamais été rompu. Ainsi l’héritage de la culture africaine a été tissé et retissé a rencontré d’autre culture et d’autres esprits pour le magnifier et en aboutir au jazz contemporain. Le jazz doit regagner la maison. Le corps et l’âme de la terre africaine sont la source du jazz teinté de toutes les émotions exprimées en réaction à un exode forcé”, dit Vicky Bila, marraine de la Journée Internationale du Jazz à l’Institut Goethe à Lomé Togo.

Lutte contre l’excision et les mutilations génitales

La même année 2013, Vicky Bila est marraine pour la Lutte contre l’excision et les mutilations génitales, à la demande du Secours Populaire Français et du Festival Chants d’Elles. Au programme de cet événement qui a eu lieu à Rouen, en France, le 29 novembre : une conférence sur le thème et une émission réalisée et animée par Pierre Le Marchant, suivie d’un concert diffusé sur la Radio HDR. “Lutter contre l’excision, c’est parler, agir contre une pratique qui constitue une grave violation des droits de l’homme dont plus de 3 millions de jeunes filles en sont victimes chaque année. C’est parler aussi des femmes comme actrices de leur vie, de leur intimité et enfin, c’est se mobiliser tous pour banir à jamais cette partique.
Sa voix chaude et sensuelle est aussi au service de “Yovotogo”, une association fondée en 1977 et présidée par Mr Claude Féré pour soutenir le centre catholique géré par les réligieuses italiennes de la congrégation Saint Louis Orione de Bombouaka pour les enfants en situation d’handicap dans le nord du Togo. En 2014, Vicky entame une tournée de sensibilisation pour la lutte contre la violence faite aux femmes et la lutte contre l’excision en Afrique du Nord et subsaharienne.

* Source : http://www.vickybila.net/

 

par   Nago Seck  20 juillet 2008 - © Afrisson