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Biographie

Mangala Camara

   Mamoutou Camara

Né en 1960 à Kéniéba dans la région de Kayes (ouest du Mali),l’auteur, compositeur, chanteur, multi-instrumentiste, Mamoutou Camara dit « Mangala » est une des plus belles voix du Mandingue. Ex membre du Rail Band, de Salif Keïta et de Donké, Mangala décède à Bamako au Mali le mercredi 29 septembre 2010 à l’âge de 50 ans...

Kélétigui Diabaté, le maître

Mamoutou Camara dit « Mangala » (« Dieu » en bambara mais aussi « canne à sucre » ou nom d’une jeune antilope) est né en 1960 à Kéniéba dans la région de Kayes (ouest du Mali). Son père, commerçant, est un ancien militaire dans l’armée française sous les ordres du Maréchal de Tassigny lors de la libération, tandis que sa mère est une comédienne-danseuse. C’est cette dernière qui lui transmet la fibre artistique. A l’âge de 8 ans, il accompagne des chanteuses pendant les fêtes de quartier, malgré l’opposition paternelle. A l’âge de 12 ans, il intègre le Tambaoura Jazz de Kéniéba avant de rejoindre en 1971 l’Orchestre régional de Kayes avec lequel il participe aux Biennales du Mali en 1980 et en 1982. C’est au sein de cette formation qu’il perfectionne le chant et les techniques instrumentales (ngoni, kamélé ngoni, tama et doumdoum). A l’âge de 15 ans, il commence à apprendre la guitare auprès de Kélétigui Diabaté, le virtuose du balafon qu’il considère comme son maître.

Salif Keïta & Les Ambassadeurs internationaux

Salif Keïta (g.) & Manfila Kanté (d.)

En 1982, Mangala Camara fonde African Sofa, les guerriers africains, un groupe composé d’artistes d’horizons divers (2 Maliens, 2 Guinéens, 1 Camerounais et 1 Capverdien) et commence à animer les clubs de Bamako. C’est dans un de ses lieux qu’il est repéré par la vedette malienne Salif Keïta. Ce grand frère lui demande alors de rejoindre Les Ambassadeurs Internationaux, l’orchestre qu’il a fondé avec le guitariste guinéen, Kanté Manfila. Ensemble, ils réalisent en 1985 une tournée en France et décident de s’installer à Paris. La même année, il participe aux concours Découvertes RFI dont il sera lauréat un an plus tard avec la chanson « Sara Lomba », bénéficiant ainsi d’une bourse de 2 ans offerte par RFI.

Alain Lecointe & Donké

Dans la capitale française, il retrouve le bassiste Alain Lecointe qui avait entendu son immense voix lors d’une tournée de Zaka Percussions à Bamako. Naît alors, en 1988, le groupe Donké (« dansez » en bambara) qui enregistre en 1988 un premier album, Paris-Bamako, avec, entre autres, Mokhtar Samba (batterie) et Mario Canonge (piano). Leurs tournées permettent au grand public de découvrir le « mandinka jazz » du groupe et les inflexions vocales mandingues de Mangala à la présence scénique unique…En 1993, Mangala réalise Complaintes mandingues blues, un magnifique album acoustique mettant en exergue son timbre vocal. Suivent, en 2001 (année de son rapatriement à Bamako), Réexpédition, un album beaucoup world, et Mali - Chants et Musiques de Griots, réalisé avec Lansiné Kouyaté (balafon) et Yakouba Sissoko (kora). La même année, il rentre à Bamako au Mali). Minye Minye (je suis comme je suis) connaîtra, en 2006, un immense succès et l’un des titres de l’album, « Wililé », sera remixé par plusieurs DJ dont Boddhi Satva. En 2006, il interprète magistralement « Mali Sadio » dans le CD/DVD, Boulevard de l’Indépendance, de Toumani Diabaté & Symmetric Orchestra. C’est avec ce groupe qu’il animait les nuits chaudes du Hogon, le club de Toumani Diabaté à Bamako.

Mangala Camara décède à l’Hôpital Gabriel Touré à Bamako au Mali le mercredi 29 septembre 2010 à l’âge de 50 ans...

 

par   Nago Seck  7 mai 2007 - © Afrisson