Afrisson

Biographie

Miary Lepiera

   Rakotomalala Luc Serge

Auteur, compositeur, arrangeur, claviériste, percussionniste et chanteur né en 1976 à Morondava dans la province de Tuléar au sud-ouest de Madagascar, Rakotomalala Luc Serge aka Miary Lepiera se distingue surtout par sa technique de jeu de guitare en picking typiquement malgache, le “korapaky”, inspiré du marovany, la cithare malgache. Très attaché à ses racines, Miary fait revivre de sa voix douce les chants des moissons, les chants rituels ou les berceuses, sans oublier la justice sociale, l’éducation de la jeunesse ou l’amour sur du folk malgache (tsensigat), de l’afro-folk, de l’afro-pop ou de l’afro-fusion, mélange de musiques malgaches (beko, tsapiky, kilalaky, rija…), de pop, soul, blues, jazz, R&B ou électro

Fils d’un père guitariste, c’est donc tout naturellement que Miary Lepiera est attiré par la musique. Dès l’âge de 9 ans, il fabrique sa propre mandoline qu’il apprend à jouer en autodidacte. Trois ans plus tard, il rejoint la famille paternelle, dont plusieurs musiciens auprès desquels il découvre les claviers et la guitare qui sera son instrument de prédilection. A 17 ans, il monte pour la première fois sur scène en remplacement de son père reconverti en politique, comme guitariste de Njava, un groupe familial fondé sous l’impulsion de Monika Njava, avec trois de ses frères et une sœur. C’est au sein de cette formation avec laquelle il tourne pour en Europe qu’il va prendre le pseudonyme de Miary, nom d’un village royal du peuple Masikoro situé à 8 km de Tuléar et dont est issue sa mère.

Artiste éclectique et désireux de découvrir d’autres styles musicaux, Miary Lepiera s’installe durant sept ans à Bruxelles, en Belgique, fréquentant des artistes aux influences musicales diverses (afro-jazz, jazz, pop, soul, blues, funk, rock…). Ses multiples expériences vont l’amener à s’orienter vers l’afro-pop et l’afro-fusion, mettant en exergue les musiques malgaches (beko, tsapiky, kilalaky, rija…). Ces styles se retrouvent dans ses albums Bitsibitsiho, produit en 1998 par Henri Greindl du label bruxellois Mogno Music, et Soro (2002), enregistré avec son groupe Sairy et marqué par le “korapaky”, cette technique de jeu de guitare en picking typiquement malgache, la cithare marovany, les percussions africaines et indiennes, les onomatopées pygmées et les chœurs à l’unisson.

A partir de 2006, Miary Lepiera se produit en duo avec sa femme Fanja, chanteuse aux multiples inflexions vocales, développant le folk malgache (tsensigat). En 2008, Miary Lepiera fonde son groupe Fihame, du nom d’un arbre sacré du village de Miary. La même année, il participe au premier volet de “Groove Power Project” (GPP) initié par Roots Power, une société de production multiculturelle dont le but est d’explorer les musiques du Sud de Madagascar en favorisant les collaborations artistiques et la fusion des styles. Cette première rencontre réunit Monja Manintsindava, figure marquante de la culture Antandroy de l’extrême sud de la Grande Ile (valiha, violon, marovany, voix), Fanja, chanteuse à la voix soul, et Miary Lepiera, guitariste expert. Le trio ainsi créé tourne dans tout le Madagascar, diffusant une fusion de “beko” (musique traditionnelle des Antandroy du Sud), de “batrelaky” (chant célébrant les moissons dans le Sud-est), d’électro et de techno. Ce premier Groove Power Project aboutira à la réalisation de “Tekokekoke”, un vidéo-clip du trio produit par Roots Power.
Très sollicité dans la Grande Ile, Miary Lepiera produit, compose, arrange, accompagne ou collabore avec de nombreux artistes, comme Navin (chanteur, chorégraphe et danseur du groupe Dihvin) ou Mariana Toutziarakis (chanteuse d’origine grecque, née à Bruxelles).

 

par   Nago Seck  17 septembre 2008 - © Afrisson