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Mozambique

Mozambique


Pays  | Indépendance-Libération : 1975 | 801.590 km² - 19.100.000 h

Généralités

Marqué au Nord par les musiques arabes dont le taarab, au sud par les musiques d’Afrique australe et dans son ensemble par le fado portugais et les musiques brésiliennes, le Mozambique est un ensemble de peuples qui parlent plus de 65 langues. On y trouve des styles multiples : le « mapika » et le « muganda » au nord, le « makwayala », le « xigubo » et le « Muthimba » du sud du pays (deux rythmes joués par Ghorwane). Le « zukuta » et le « magica » du sud sont les ancêtres du « marrabenta » et le « tufu », rythme à base de tambours, est joué dans la province de Nampula (Eyuphuro). Le peuple chopi, originaire de la côte sud du pays, pratique le « timbila », un xylophone popularisé par Eduardo Durao, Venancio qui donne des conférences à travers le monde, et plus récemment par le groupe Silita. La guitare est un instrument central de la musique mozambicaine et a marqué de nombreux styles du pays depuis le début du siècle. Le Mozambique a également développé dans les plantations une tradition de chants de travail qui a nourri l’histoire sociale du peuple mozambicain et son sentiment de révolte contre le colonisateur portugais.

Les guitaristes des années 1950

Les guitaristes shangaan, une région frontalière de l’Afrique du Sud, se rendront célèbres dans ce pays où ils vont massivement immigrer dès les années 1920 : par leur jeu fluide et nostalgique, ces mineurs s’érigent bientôt en sérieux rivaux des guitaristes zulus imposant un jeu plus rythmique. Les guitaristes du sud du pays s’imposent rapidement, popularisant notamment le style magica du sud qui donnera naissance au « marrabenta ». « Les guitaristes du sud avaient un style bien à eux, le tempo « andamendo », qui donnaient une couleur jazz à leur musique », précise le journaliste mozambicain Teodore Mpfumo. Dans cette mouvance, on trouve Francisco Mahekuane, guitariste et compositeur des années 50 et Eusebio Joao Taniele , créateur du marrabenta. Viendront ensuite Alexandre Langa dans les années 60 puis Hortencio Langa.

L’explosion du marrabenta

A Maputo, centre de la vie culturelle, les grands orchestres jouent dans les fêtes populaires ou verbenas. Dans cette ville cosmopolite se croisent le jazz, la kwela music d’Afrique du Sud et les musiques brésiliennes. « Tout le monde imitait Roberto Carlos, le Julio Iglesias du Brésil », précise David Macuacua : chanteur percussionniste de Ghorwane...
« Le marrabenta est né dans les années 1950, dans le quartier Mafalala à Maputo » précise Teodore Mpfumo, « un quartier où se mélangeaient Portugais, Indiens, et Shangaan qui revenaient d’Afrique du Sud et ramenaient les rythmes de ce pays. Les gens se rencontraient, buvaient, dansaient ensemble. Le marrabenta est le fruit de ces rencontres ». Le marrabenta est à la fois un symbole de plaisir mais aussi de contestation politique. Fany Mpfumo, une des grandes figures du genre, se rendra célèbre pour son titre dénonçant à termes voilés le pouvoir portugais. « Si tu arrives à me dominer, tu auras dominé le lion ». « C’est le groupe Conjunto Djombo qui popularisera réellement le marrabenta dans les années 1960/70 » , explique David Macuacua en citant également Fany Mpfumo et Joao Domingos.

Traversée du désert

Dans les années 1970 , face à un marrabenta déclinant, le funk fait son apparition avec des groupes comme Africa Power et Hokolokwe. « C’est une période pauvre musicalement », avoue David Macuacua. « Les structures de production ont fermé à l’indépendance . Seule la radio nationale enregistrait sur son petit studio huit pistes. La scène nationale était totalement dans l’imitation de ce qui se faisait à l’extérieur, du Brésil notamment et des Etats-Unis ».

Roots Revival

Il faut attendre les années 1980 et l’intérêt que portent l’Europe aux musiques africaines pour que la scène mozambicaine se ressaisisse. Un véritable « roots revival » s’empare du pays et l’on voit émerger Ghorwane lancé internationalement par Peter Gabriel , un groupe qui réhabilite certains rythmes du sud comme le xigubo et le Muthimba., Eyuphuro revalorisant les musiques du Nord dont le « tufu » et les chants traditionnels de Nampula. Suivront Eduardo Durao , le maître des timbila, Silita adepte d’une musique chopi modernisée et Kapa Dech entre jazz et rythmes mozambicains, un groupe soutenu par le CCF de Maputo. Wazimbo, le roi des ballades, triomphe aux Etats-Unis lorsqu’il réalise la bande originale du film " The Pledge " de Sean Penn. Le groupe Mabulu, relance la carrière du pionnier du marrabenta Dilon Djindi.

Aujourd’hui, la scène mozambicaine se structure et se professionnalise. Des producteurs privés y ont installé des studios. La passada (zouk local) triomphe ainsi que le R&B et des musiques plus roots : Ghorwane fait ainsi des émules dans le nouvelle génération avec des artistes comme Dullio, Kawai Kio , Filipe Nhassavali et Joao Bata. Le développement d’un espace lusophone qui multiplie les rencontres culturelles favorise ce dynamisme.On trouve également l’afro-house et le kuduro popularisé par des groupes comme Os Do Momento sans oublier le shangaan électro etle hip hop popularisé par Duas Caras, Azagaia, LCD.

Sources :
- Itw de David Macuacua , Festival musiques métisses , Angoulême, juin 2001
- Itw de Teodore Mpfumo, Musiques Métisses, Angoulême, juin 2001.

 

par   Sylvie Clerfeuille  11 mai 2007 - © Afrisson

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