Afrisson

Biographie

Mpongo Love

   Aimée Françoise Mpongo Landu

La force de caractère, la volonté d’exercer le métier de ses rêves et le soukouss parfumé de zouk ("soukouzouk") et la rumba ont hissé la diva Mpongo Love au rang de vedette de la musique congolaise. Elle décède le 15 janvier 1990 d’une méningite cérébrale à la Clinique Universitaire de Kinshasa. Elle avait tout juste 34 ans...

Un collègue mélomane

Enfant choyée, née le 27 août 1956 à Boma (Congo Kinshasa (RDC)), Aimée Françoise Mpongo Landu, surnommée “Nana Mouskroun” (en référence à son idole Nana Mouskouri) vit heureuse jusqu’à l’âge de 4 ans. Une piqure de pénicilline fait alors basculer son destin. Totalement paralysée, elle ne retrouve l’usage de ses jambes qu’au bout de deux ans mais en conserve une légère malformation. Parallèlement à des études à l’Ecole Notre Dame de Boma, Aimée Françoise s’initie au chant. Secrétaire dans une firme de voitures à Kinshasa, elle fredonne souvent des chansons sur son lieu de travail. Séduit par sa voix, un collègue la présente à un producteur, Empompo Loway, saxophoniste de Tabu Ley Rochereau qui devient, en 1976, son directeur artistique.

MPongo Love, les femmes et l’Afrique

A l’âge de dix-neuf ans, Aimée Françoise Mpongo Landu devient Mpongo Love (traduction anglaise de son prénom Aimée) et soutenue par Empompo Loway qui recrute des musiciens, elle fonde le groupe Tcheke Tcheke Love et commence à se faire un nom avec sa chanson “Pas possible, Maty” et son premier concert au Ciné Palladium de Kinshasa. En 1974, sort chez Le Monde des Artistes La voix la plus limpide du Zaïre, un album révélant l’originalité de sa voix aiguë, légèrement nasale, aux intonations délicates et claires sur fond de soukouss. Cet opus lui vaut un succès immédiat. En 1976, elle fait sa première tournée en Afrique de l’Est et se rend célèbre au Festival Mondial des Arts Nègres (du 15 janvier au 12 février 1977) à Lagos, au Nigeria, où elle représente son pays. La même année, accompagnée de l’orchestre Les Ya Tupa’s, avec Ray Lema, Alfred Nzimbi, Bopol Mansiamina, Pépé Manuaku, Mpongo Love chante des textes de grands auteurs et compositeurs, comme Freddy Mayaula Mayoni, Simaro Lutumba et Souzy Kasseya. Avec cette formation, elle enregistre en 1977 le 45T “Ndaya” (les deux femmes). Oeuvre de Freddy Mayaula Mayoni, ce titre pur rumba congolaise évoquant la polygamie fait scandale mais rencontre auprès des femmes de tous âges et de toutes conditions un grand succès.

De la rumba au soukouzouk

Devenue productrice de ses albums sous son label Love’s Music, Mpongo Love est bientôt acclamée dans toute l’Afrique et à Bruxelles (Belgique). En Côte d’Ivoire où elle aime à se rendre, elle donnera notamment des concerts au Centre Poliomyélitique de Banoua. La jeune chanteuse décide alors de composer elle-même sa musique, multipliant les arrangeurs. Au fil des albums, son style évolue : L’Afrique danse avec Mpongo Love (1977) offre une tarentelle légère et dansante, une rumba congolaise aux accents romantiques ou dominée par les percussions. Quant à l’opus Partager (1987), il révèle une voix en pleine maturité mais aussi son “soukouzouk”, un style entre soukouss congolais et zouk antillais dominé par les instruments à cordes. Ce style “soukouzouk” fera fureur pendant toute une décennie. Elle y interprète des morceaux écrits par Bopol Mansiamina, Empompo Loway, Jo Bako et Simaro Lutumba.
Mpongo Love a sorti durant sa carrière nombre d’albums connaissant tous un grand succès auprès du public congalais : Mpongo Love - Femme commerçante 1982), Mpongo Love - Basongeur (1983), Vivre avec toi et Mokili compliqué (1985), Une seule femme et Gina (1986) ou encore Exclusivité ya l’amour avec Alexandre Sambat (1987).

Aimée autant par sa musique que pour son humanité et son courage, la diva Mpongo Love s’est éteinte le 15 janvier 1990 d’une méningite cérébrale à la Clinique Universitaire de Kinshasa. Elle avait tout juste 34 ans.

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En 2005, sa fille aînée Sandra Mpongo crée la fondation ONG Mpongo Love dont le but est d’honorer la mémoire de sa mère, mais aussi de venir en aide aux enfants et aux femmes handicapées dont la diva représentait un modèle d’intégration et de réussite sociale.

 

par   Nago Seck  21 décembre 2007 - © Afrisson