La force de caractère, la volonté d’exercer le métier de ses rêves et le soukouss parfumé de zouk (soukouzouk) ont hissé la diva Mpongo Love au rang de vedette de la rumba congolaise...
Un collègue mélomane
Enfant choyée, Mpongo Aimée Landu alias « Nana Mouskroun » (son surnom en référence à son idole Nana Mouskouri) vit heureuse jusqu’à l’âge de quatre ans. Une piqure de pénicilline fait alors basculer son destin. Totalement paralysée, elle ne retrouve l’usage de ses jambes qu’au bout de deux ans mais en conserve une légère malformation. Parallèlement à des études à l’Ecole Notre Dame de Boma, ellle s’initie au chant. Secrétaire dans une firme de voitures à Kinshasa, elle fredonne souvent des chansons sur son lieu de travail. Séduit par sa voix, un collègue la présente à un producteur, M. Mandé Emponpo, saxophoniste de formation qui devient en 1976, son directeur artistique, lui monte un groupe et compose ses premiers titres.
MPongo Love, les femmes et l’Afrique
A l’âge de dix-neuf ans, elle devient Mpongo Love (traduction anglaise de son prénom Aimée) et donne son premier concert au Ciné Palladium de Kinshasa, suivi de l’album, Pas possible Maty. L’originalité de sa voix aigue, légèrement nasale, aux intonations délicates et claires sur fond de soukouss, lui vaut un succès immédiat. Dès l’année suivante, elle fait sa première tournée en Afrique de l’Est et se rend célèbre à Lagos où elle représente son pays au Festival des Arts. Devenue productrice de ses albums sous le label Love’s Music, elle est bientôt acclamée dans toute l’Afrique et à Bruxelles. En Côte d’Ivoire où elle aime à se rendre, elle donnera notamment des concerts au Centre Poliomyélitique de Banoua. EN 1978, son morceau « N’Daya » (les deux femmes), un titre de pur soukouss qui évoque la polygamie fait scandale mais rencontre auprès des femmes de tous âges et de toutes conditions un grand succès. La jeune chanteuse décide alors de composer elle-même sa musique, multipliant les arrangeurs. Bopol Mansiamina, un ancien du groupe 4 Etoiles travaillera quelques années plus tard sur son album Partager.
De la rumba au soukouzouk
Au fil des albums, son style évolue : L’Afrique danse avec Mpongo Love offre une tarentelle légère et dansante, une rumba aux accents romantiques ou dominée par les percussions tandis que Vivre avec toi révèle une voix en pleine maturité mais c’est son lancement du soukouzouk, un style entre soukouss et zouk dominé par les instruments à cordes qui fait fureur pendant toute la décennie. Cette chanteuse aimée autant par sa musique que pour son humanité et son courage s’est éteinte dans une clinique de Kinshasa en 1990 : elle avait tout juste 34 ans.
par Nago Seck 21 décembre 2007 - © Afrisson