La musique mandingue couvre de son influence une grande partie de l’Afrique de l’Ouest. Originaire des régions de l’ex empire mandingue (Mali, Guinée, Guinée Bissau, Gambie, Sénégal, Burkina Faso, le royaume du Gabu...), elle a connu dans les années 1960 un élan modernisateur conduit par de mythiques orchestres dont le Bembeya Jazz de Guinée et le Rail Band de Bamako.
Jouée originellement avec des instruments acoustiques comme la kora, le ngoni, le dozon ngoni, le kamalé ngoni, le djembé, le doundoum, le tama ou encore le balafon, la musique mandingue a révélé de grandes voix comme Kouyaté Sory Kandia, Aboubacar Demba Camara (chanteur du Bembeya Jazz disparu tragiquement à Dakar) ainsi que Salif Keïta.
Plusieurs cantatrices féminines ont su s’imposer : Fanta Damba et Maa Hawa Kouyaté furent parmi les premières divas modernes mais d’autres voix comme Amy Koïta, Nahawa Doumbia, Oumou Sangaré ou Oumou Kouyaté ont depuis émergé sur la scène internationale.
Parmi les instrumentistes, on trouve les joueurs de kora : Nago Guèye, Almamy Guèye, Batrou Sékou, Sidiki Diabaté, Lalo Kéba Dramé, Soundioulou Cissokho, Lamine Konté et tant d’autres encore aujourd’hui disparus. On peut aussi citer le rocker mandingue Mory Kanté, excellent balafoniste et auteur du tube « Yéké Yéké », son frère Djéli Moussa Diawara, Toumani Diabaté, adepte des fusions et très populaire aux USA, et les jeunes novateurs Prince Diabaté et Ba Cissoko.
Des virtuoses du balafon tels que Kélétigui Diabaté, Moussa Héma, El Hadj Djéli Sory Kouyaté, Aly Keïta, Seydou « Kanazoé » Diabaté, Amadou Kiénou et Adama Condé, et des djembéfolas comme Adama Dramé, Mamady Keïta, Famoudou Konaté, Séga Sidibé et Baba Touré ont su donné à leurs instruments une résonance internationale. Quant au ngoni, il a connu ses lettres de noblesse avec Bassékou Kouyaté, Baba Sissoko, Bazoumana Sissoko et Moriba Koïta qui l’a porté sur les scènes du monde.
D’excellents guitaristes ont apporté leurs pièces à l’édification de cette musique : Djélimady Tounkara, Kanté Manfila, Sékou Bembeya Diabaté, Zani Diabaté sans oublier « les bluesmen » Ali Farka Touré, Afel Bocoum (tous deux virtuoses du blues songhaï) et Boubacar Traoré, initiateur du blues khassonké.
La jeune génération folk compte quatre têtes d’affiche : Mamani Keïta, Habib Koité, Rokia Traoré et Tom Diakité qui présente sur les scènes du monde la richesse du dozon ngoni.
par Nago Seck - Sylvie Clerfeuille 12 mai 2007 - © Afrisson
Quatre formations africaines nominées aux Grammy Awards