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Biographie

Naka Ramiro

   Ramiro Gomez Dias
Artistes Guinée Bissau | Naissance : 1955 | Groupes :  Cobiana Jazz - Nkassa Cobra | Styles :  Afro-fusion - Afro-pop - Goumbé (Gumbe)Site internet

Né en 1955 en Guinée-Bissau, l’auteur-compositeur, guitariste, percussionniste et chanteur Ramiro Naka, mène une carrière de musicien, de comédien, de conteur et de peintre... Naka propose du gumbe-blues kreol, une musique entre gumbe (style mandingue), blues, afro-latino ou kizomba (lusophone), chantée en créole portugais…

Tito Puente et le Brésil

Fils d’un fonctionnaire qui le traîne aux quatre coins du pays, Ramiro Gomez Dias aka Ramiro Naka glane sans le savoir tout ce qui influencera sa future vocation musicale : musique peule, malinkée et mandjak sans oublier les accents chantants du créole portugais. Dans tout le pays, Aragon (Cuba), Voz de Cabo Verde (Cap-Vert) et tous les "salseros" font un tabac, mais Naka, son surnom, affirme une préférence pour Martinho de Villar, Roberto Carlos et Tito Puente, le timbalero américain d’origine portoricaine spécialiste de latin jazz et de mambo. La musique brésilienne bat son plein suivie du jazz et des musiques africaines que diffusent Radio Angola, très écoutée en Guinée Bissau.

Formation

Formé à plusieurs disciplines dont le chant initiatique, le jeune artiste rejoint à 17 ans le Cobiana Jazz, premier groupe du pays à chanter en créole portugais et délaisse les études au désespoir de son père qui lui fait quitter la capitale pour Mbilamou, une ville de l’intérieur. En vain : Naka retrouve très vite Nkassa Cobra, groupe phare du pays et spécialiste de gumbé et de reprises de musiques africaines (sénégalaise, angolaise...), brésiliennes et cubaines.

Une passion chevillée au corps

Mais le bras de fer père-fils n’est pas terminé. Gomez Diaz père expédie sa bouillonnante progéniture à Lisbonne (Portugal) sous le contrôle d’un oncle. Depuis 1974, date de l’indépendance des colonies portugaises, une ouverture culturelle s’amorce au Portugal. Ramiro Naka retrouve très vite sa voie dans les ruelles de Lisbonne et forme avec quelques amis le groupe "Sama Myniendo", nom d’un lieu de culte animiste de Guinée Bissau. La formation tourne bien mais rêve de Paris (France). Dès son arrivé en France, le groupe se sépare et Ramiro Naka entame une carrière solo.

Galères parisiennes et producteur suisse

Sa première scène parisienne sera le métro bien vite remplacé par les clubs de jazz. Il lui faudra tout de même attendre 1988 pour qu’il trouve son premier producteur, le suisse Fred Laser. En 1990, il grave en compagnie de son compatriote Joao Motta (guitare) et du Sénégalais Kebson (batterie) l’album "Salvador" inspiré du rythme gumbé joué par les "lambats", les griots de Guinée Bissau. Sa voix tantôt aérienne tantôt basse et profonde s’exprime sur des sujets qui lui tiennent à cœur : la justice, le respect, la faim, l’amour. Son tonique jeu de scène et son style mêlant rythmiques mandingues, lusophones et latines constituent ses principaux atouts pour une carrière qui l’a même entraîné dans le 7° Art ("Les yeux bleus" de Zombra).

Le Gumbe blues Kreol

Premier rôle dans le film "Po di Sangui" (l’arbre aux âmes) de Flora Gomes et compositeur de la bande originale (compétition officielle Cannes 1996), ramiro Naka se tourne vers le cinéma, tourne et compose pour Bruno Nuytten ("Passionnément"), Marianne Lamour ("Une qui promet"), Claude Lelouch ("Une pour tous"), Karim Driri ("Hors Jeu") et joue dans la pièce de théâtre "Harcèlement normal". Il collabore aussi avec de nombreux artistes comme Paulino Vieira, Jovino dos Santos, Carlos Nascimento... L’année 2007 le voit écrire et illustrer "Kali et la calebasse" (Ed. Nouiga - Maroc), un livre de conte pour enfant adaptée par Sylvie Daussin. Un an plus tard, il sort l’album "Gumbe blues Kreol", synthèse de toutes ses influences musicales et réalisé dans un titre en duo avec Princess Erika.

Au milieu des années 2000, il lance Nakasadarte, un projet
réunissant sur une même scène des artistes de l’espace lusophone et qui aboutit début janvier 2010 à un double album, "Rencontre Nakasadarte Lusofona"...

Kasadarte (notre maison de l’art) :
C’est comme une maison de bambous,
Il suffit d’un grand tourbillon de vent,
Et l’art s’envole dans l’air,
L’art est ami,
l’art est culture,
Racines et terre,
_nDrapeaux du peuple.

Nduro Tene Po Gros (Atensao Sida)

En 2016, Naka Ramiro lance sur les plateformes de téléchargement, "Nduro Tene Po Gros (Atensao Sida)", un magnifique clip réalisé par Jimastic Production en Guinée Bissau. Cette chanson destinée à la prévention contre le Sida, allie gumbé et mbalax, jetant un pont culturel entre la Guinée Bissau et le Sénégal.

 

par   Nago Seck - Sylvie Clerfeuille  7 mai 2007 - © Afrisson

News

Naka Ramiro
 
Festivals d’hiver

Après le festival Villes des Musiques du Monde, c’est le tour du festival Africolor qui lance ses deux mois de programmation entre Afrique, Caraïbes, Océan Indien, mais aussi Amérique du Sud, Moyen-Orient, Europe. Ce festival itinérant se joue des frontières en prenant acte des mutations actuelles, au croisement des esthétiques musicales. A noter aussi en Guinée Bissau le festival GumbMusyka lancé par le Bissau guinéen Naka Ramiro à Bissau le 24 Novembre, un exploit à souligner dans un pays où les infrastructures rendent très difficiles l’organisation d’évènements. Sans oublier au Sénégal, le festival du Sahel, qui accueille des artistes d’Algérie, de Côte d’Ivoire et du Mali sans oublier la star de la manifestation Ismael Lô. Salif Keîta signe un nouvel album après sa rencontre avec Philippe Cohen Solal, Ludger, le tenor de la musique malgache vient d’être honoré dix ans après sa disparition d’une rue, Ballaké Sissoko retrouve Vincent Segal pour une nouvelle rencontre classique. Bon mois de novembre.