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Biographie

Nawal Mlanao


Artistes Archipel des Comores | Naissance : 1965 | Styles :  World / Musique du monde Site internet

Le soufisme, héritage de sa famille paternelle, constitue une source d’inspiration pour Nawal Mlanao, auteure-compositrice, chanteuse et multi-instrumentiste (guitare, percussions, gabousi)...

Les Mwana Zidakani / Le dhikr

Nawal est issue d’une famille de la noblesse comorienne. Sa mère est une "Mwana Zidakani", les enfants "cagibi", des filles que l’on enferme jusqu’à leur mariage. Sauvée par son père, un métisse breton comorien, qui s’oppose à cette tradition et l’envoie à l’école, puis plus tard divorcée, cette dernière insuffle à sa fille ce désir d’émancipation, un sentiment renforcé par sa tante, la première femme à se présenter aux élections de gouverneur. Nawal grandit dans un milieu soufi d’origine persane : son grand-père, El Maarouf, dirige la confrérie très respectée des "Chadlia". Cet héritage la conduira à chanter le "dhikr" (la vérité, le chant, l’incantation) destiné à commémorer les gens illustres, un chant qu’elle rapproche par son pouvoir rassembleur, humaniste, et sa puissance spirituelle au gospel. Elle s’imprègne peu à peu des diverses facettes de la scène musicale comorienne : bantoue, swahili, perse, arabe. Elle grandit également avec James Brown, Jimi Hendrix, The Doors, la chanson française (Brel et Nougaro dont elle adaptera plus tard des œuvres) : son oncle joue dans les années 1970 au sein d’un groupe d’afro-pop.

Des débuts douloureux

Sa première prestation sur scène en 1992 dans un pays où les femmes ne jouent pas en public est mémorable : son oncle vient la récupérer sur scène et la "corrige". Elle ne cédera pas mais sera marquée toute sa vie par ce combat pour l’émancipation et portera ce message dans ses textes et sur toutes les scènes du monde, encourageant ses compatriotes à se libérer. Concilier liberté, spiritualité et beauté reste bientôt le maître mot de Nawal, bientôt installée à Paris dont la musique tente de concilier universalité et dépouillement .

la prêtresse des îles de la lune

Après plusieurs expériences collectives (Donna Africa du label Ultime carovane et Women of Africa de Putumayo), celle qu’on appelle bientôt au pays "la prêtresse des îles de la lune" enregistre en 2001 Kweli un album résolument acoustique aux consonnances blues et roots, dominé par les percussions et les voix, et réunissant des artistes divers comme Mikidachefaisant sonner sa guitare comme un ndzendze, le bassiste de jazz Idriss Mlanao, le flûtiste et compositeur hongrois Ivan Lantos, spécialiste de danse contemporaine, les choristes aux sonorités yoruba Funke et Yeni Anikulapo Kuti.

Aman

En 2005, une de ses compositions est retenue pour l’"Opéra du Sahel" : le projet n’aboutit pas mais l’argent récolté lui permet de produire Aman, un album épuré, spirituel, donnant toute sa place au chant, qui sort en 2007 aux USA et en 2008 en Europe et dans le reste du monde. Cette deuxième oeuvre suivie d’une tournée outre-atlantique lui vaut une pluie de louanges des plus grands journaux américains comme le New York Times qui qualifie Aman "d’un des albums musiques du monde les plus marquants de l’année". Durant cette période, Nawal signe également deux musiques de film : Matopos de Stéphanie Machuret (2006) et La résidence Ylang Ylang de Hachimiya Ahamada (2008) et participe à la compilation de Folkroots qui sort en 2007.

* Crédit photo : Bill Akwa Betote

 

par   Sylvie Clerfeuille  7 mai 2007 - © Afrisson