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Nigeria

Nigeria


Pays  | Indépendance-Libération : 1960 | 923.768 km² - 186.000.000 h

Présentation générale

Comme ses voisins (le Liberia, la Sierra Leone et le Ghana), le Nigeria formé des peuples Ibos, Haoussas et Yorubas, vit au début du XXe siècle le retour des esclaves libérés des Caraïbes et d’Amérique du Nord. Ceux-ci contribueront au fort métissage de la scène musicale locale. A Lagos, la musique tient depuis le début du siècle une place de premier plan : les guitares sont courantes et les phonographes présents en grand nombre dans la ville diffusent dans les maisons et les bars à bière les disques d’importation : musique cubaine, hawaïenne, country et ballroom anglais.

Highlife et rumba

Dans les années 30/40, les premières formations de « Drum and Fife Bands » préparent l’avènement du highlife, dans le style « dance band » progressivement supplanté par le style « guitar-band » ou « blues ibo ».
Dans les années 1950 , le highlife rencontre la juju dans un style baptisée « la toye ». Diffusée par la puissante Radio Brazza (Congo), la rumba congo-zaïroise conquiert le Nigeria dans les années 60 et officialise sa rencontre avec le highlife en 1976, date de sortie du tube continental « Sweet Mother » de Prince Nico Mbarga.

La juju music

Parallèlement au succès du highlife, le pays amorce, dans les années 40/50, sa propre mutation musicale et identitaire développant divers courants contemporains dont la juju music initiée dès les années 20 par des guitaristes de musique de vin de palme. Popularisée par IK Dairo puis King Sunny Ade, son explosion dans les années 70 est favorisée par deux évènements fondamentaux : la guerre du Biafra (1967-1970) marquée par le massacre et la défaite des Ibos qui provoque la fuite de nombreux musiciens de highlife vers l’est du pays ou à l’étranger et le boom pétrolier qui voit fleurir studios et usines de pressage.

Afro-beat et reggae

Dans les années 70/80, l’afro-beat de Fela Anikulapo Kuti marque de sa profonde empreinte la scène musicale nationale. Véritable mouvement de conscience collective qui a marqué plusieurs générations, l’afro-beat est adopté par de nombreux artistes dès sa naissance dont Tony Allen, Gaspar Lawal et Ghetto Blaster. Propulsé sur la scène internationale dans les années 1980, le reggae jamaicain est à la même période joué par des artistes nigerians comme Sonny Okosun, Ras Kimono et Majek Fashek qui lui donnent des colorations nationales. Pourtant, l’impact du reggae reste encore modeste au regard des grands courants urbains que sont la juju, l’afro-beat et surtout de la fuji qui s’est offert à la fin des années 80 la moitié du marché du disque nigérian.

Les années 1990 : pop, soul, new juju et fuji

Les années 1990 seront marquées par deux phénomènes majeurs : le succès de la pop et de la soul et l’explosion de la fuji sur le marché national. Provoquée par deux évènements clés : l’installation du batteur Ginger Baker à Lagos et le lancement d’un projet avorté de studio dans la capitale nigériane par Paul Mc Cartney, le succès de la pop et de la soul font d’Otis Redding, Wilson Picket, Carlos Santana puis Lionel Richie, Donna Summer et Michael Jackson les stars les plus écoutées de cette génération « métisse ».

Prenant progressivement le pas sur la juju dans la communauté musulmane yoruba de Lagos, la fuji est réellement devenue le « phénomène social des années 1990 ». Transcendant les clivages religieux et ethniques du Nigeria pour devenir une musique des boîtes branchées de Lagos, elle s’exporte en Occident popularisée par des artistes comme Sikuru Ayinde Barrister, Ayinla Kollington et Wasiu Barrister suivis de Sunny T. , Abass Aknade Obasere, Adewale Ayuba et Adepoju Lanrewaju surnommé « le roi de l’ewé ».

 

par   Sylvie Clerfeuille  11 mai 2007 - © Afrisson

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