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Biographie

Patrick Noah


Auteur, compositeur, chanteur et guitariste né en 1973 à Yaoundé, au Cameroun, Patrick Noah joue une musique “tissage” tirée du bikutsi et flirtant avec la rumba congolaise, l’afro-cubain, l’afro-brésilien, le blues, le jazz, l’afro-caribéen ou le latin jazz. Ce style est donné par la guitare électro-acoustique, la guitare “très” cubaine, la guitare électrique, la basse, les percussions, la batterie, les maracas, la trompette, le saxophone…

Depuis sa plus tendre enfance, Patrick Noah est imprégné de musique. Vivant dans une société où le chant occupe une place primordiale - on chante la joie, la tristesse et aussi pour accompagner les labeurs journaliers - Patrick Noah n’a pas échappé à tout cela. Issu d’une famille catholique, pour lui, chanter c’est prier deux fois. Dès l’âge de 11 ans, il intègre la chorale de son quartier et commence à écrire ses premières chansons dont l’une d’elles, intitulée “L’école”, fut présentée au diplôme de fin d’études primaires. En 1989, il reçoit sa première guitare des mains de sa mère, Técla. Bercé dans un univers musical, Patrick Noah apprend rapidement, en autodidacte, à percer les secrets de cet instrument pour en acquérir toute la maîtrise et en extraire de nouvelles créations. Guidé par sa passion, il fonde en 1991 son premier groupe avec des amis de l’université de Yaoundé (Cameroun). C’est l’occasion pour lui de pouvoir interpréter ses premières compositions lors de concerts donnés dans les salles de Yaoundé. Le public découvre alors sa musique appelée “AfromusicS”, fusion de rythmes afro-cubains (guaira, merengue, rumba), de bikutsi du Cameroun, de rumba congolaise, d’afro-brésilien, de blues, d’afro-caribéen et de latin jazz, jouée avec guitare électro-acoustique, guitare “tres cubaino”, guitare électrique, basse, percussions, batterie, maracas, trompette ou encore saxophone.

Du nom de sa musique “AfromusicS”, naîtra en 2003 sa propre structure, AfromusicS Culture, devenue un label indépendant : ...AfromusicS Culture est un objectif surtout philosophique, visant à donner à la musique africaine la dimension universelle qu’elle mérite en allant puiser à la source dans le but de faire profiter le public du magnifique héritage légué par nos ancêtres, “Tara” : “Ceux qui sont partis en Amérique, dans les Caraïbes, en Europe, ceux qui sont restés en Afrique”..., confie Patrick Noah. AfromusicS produira ses futurs albums, à commencer par son premier maxi single, Dzal.
Parallèlement à ses nombreuses activités musicales, Patrick Noah suit des études de pharmacie qui vont l’amener en France en 1992. Ne concevant pas sa vie sans la musique, “principale source d’énergie et de bonheur”, il fonde, dès son arrivée à Grenoble la même année, son premier groupe, Tropical Gun qui deviendra Feeling One Music Africa en 1994. Le besoin de retourner à ses origines se fait de plus en plus sentir dans sa musique. C’est pourquoi, il choisit, en 1997, de renommer son groupe Akum Be Tara qui signifie “l’héritage des ancêtres” en langue Béti du Cameroun.

Guitariste doué d’une très bonne technique musicale, chanteur enthousiaste et envoûtant, Patrick Noah donne à ses créations musicales une sonorité entraînante et un style unique. Les performances scéniques de cet artiste distillant l’humanité, le sens du partage et la joie de vivre véhiculent une énergie contagieuse, invitant inévitablement son public au mouvement et à la danse. En témoigne son maxi single de 5 titres, Dzal, paru en mars 2003 et fruit de ses réflexions. Dès sa sortie, Dzal, tiré à seulement 800 exemplaires, collector, connaît un grand succès au Cameroun et reçoit un bel accueil des mélomanes du monde entier notamment à Cuba, en Afrique, en France et au Canada. Le titre “Lazare” deviendra la même année le générique d’une émission quotidienne de la CRTV (Cameroon Radio Television, la radio-télévision camerounaise). Ses chansons sont également diffusées sur les radios cubaines. L’année 2005 le voit enregistrer Afro Cuban Music / Saperia dont le magnifique et très dansant “Lola” relevé par les cuivres. Cet album afro-cubain rendant hommage aux rythmes cubains dont la guaira (ou gayra), la rumba et le merengue est réalisé avec le groupe cubain Septeto Araison du chanteur Ray Guerrero Parra.

Parallèlement à sa propre carrière, Patrick Noah collabore avec divers artistes dont l’auteur, compositeur et multi-instrumentiste, né à Québec au Canada (mais vivant à Londres en Angleterre), Jean Michelius. Avec ce dernier, il a écrit, composé et enregistré la chanson “Ou ka allé mon Vincent” dans l’album Parcourant toutes les avenues (2010). En 2014, Patrick Noah réalise Tecla, un opus nécessitant un “crowdfunding”, un financement participatif des internautes pour finaliser le mixage. Enregistré à La Havane, à Cuba, Tecla comporte 11 pièces, dont “Elegua (intro)”, chantée avec ses enfants Julie et Yoann Noah, “Isa Men”, “Didi”, “Mami nangaï”, “La musique de l’Afrique” ou encore “Tecla”, intitulé et titre phare de l’album dédié à sa mère et à toutes les mamans du monde. Tecla, c’est aussi un “tissage” de toutes ses influences : bikutsi camerounais, afro-cubain, rumba congolaise, musique brésilienne, jazz, blues, rap, rythmique reggae, avec des riffs de guitare latin-rock. Après le lancement du disque le 22 avril au Petit Journal Montparnasse à Paris (France), Patrick Noah et son groupe sont sur la scène du mythique Montreux Jazz Festival, en Suisse, le samedi 12 juillet 2014.

Défendant les valeurs de solidarité et de métissage, Patrick Noah a reçu le “Prix de la Citoyenneté pour la Pratique Culturelle” de la part de Jean-Louis Debré, Président de la Cours Constitutionnelle en France et ex-Président de l’Assemblé Nationale Française. Patrick Noah témoigne ainsi, via sa musique, la dimension universelle et originelle de la musique africaine.

* Crédit photo Patrick Noah : Nago SECK

 

par   Nago Seck  4 mai 2007 - © Afrisson