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Biographie

Pierre Akendengue

   Pierre Ré Gnambié
Artistes Gabon | Naissance : 1942 | Site internet

Figure emblématique de la scène musicale africaine, auteur, compositeur et chanteur à textes, Pierre Ré Gnambié dit « Pierre Akendengue » est fasciné par la poésie et les combinaisons rythmiques et mélodiques.

Le Poète du Gabon

Le Petit Conservatoire de Mireille

Installé en France en 1964, cet artiste d’origine myene débute au sein de la chorale de son lycée puis de l’Université d’Orléans, En 1967, il s’inscrit au petit Conservatoire de Mireille et termine troisième au concours de la « Fine fleur de la Chanson » avec le titre « Boé », son premier tube. Sa rencontre avec le producteur Pierre Barouh marque la sortie de l’album « Nandipo ». Son folk métissé (R&B, Jazz, rumba) puisant aux sources de divers rythmes gabonais (ndjembe, elombo) se construit autour de sa voix nasillée (il chante en myéné et en français) et d’une riche orchestration (guitare acoustique, percussions, claviers, cuivres, batterie). Les albums suivants, « Africa Obota », « Owende » et « Eseringila », laissent entendre l’atmosphère de la forêt gabonaise rendue par les flûtes, des chœurs et diverses percussions (bongos, congas, goumbis, talking drums). Outre les thèmes qui lui sont chers (l’histoire de l’Afrique, l’évocation des maux et des espoirs du continent), Pierre Akendengue introduit des contes de la littérature orale africaine comme « Intyayi s’arende ».

Passé composé

Après une infructueuse tentative de production en 1982 (le fugitif label Niche), le poète gabonais signe un contrat chez CBS, une grande première à l’époque pour un artiste africain francophone. Sortira ensuite « Mando » dénonçant le néo-colonialisme, les travers de la bourgeoisie africaine, les dangers de la haine et du mépris suivi d’un duo au Printemps de Bourges avec Claude Nougaro. L’album « Passé Composé » (1985) évoque une Afrique en pleine mutation. C’est dans ce contexte de bouleversements où Pierre Claver Zeng, un ancien chanteur, est nommé ministre de la Culture et que le pays tente une ouverture vers la démocratie, que le poète rentre définitivement au Gabon, décidé à participer à la vie culturelle de son pays. Il y ouvrira à Libreville un éphémère centre de formation des jeunes artistes, le Carrefour des Arts. Ses albums suivants, « Soweto » (1988) rêvant à la fin de l’apartheid, « Piroguier » évoquant le long voyage du peuple africain vers la liberté et « Silence » aux dialogues instrumentaux originaux (kora/piccolo, percussion/accordéon) symbolisant la fin du mutisme vécu par le peuple africain, traduisent les multiples sentiments qui agitent le continent. Devenu conseiller du président Bongo, Akendengue continue à tourner dans le monde enregistrant le mémorable album « Lambaréné » où il croise les notes avec Beethoven puis se produit en duo avec Ismael Lô.

Confrontation culturelle

Très attaché à son identité culturelle, le poète musicien construit sa musique dans un esprit d’ouverture, évoquant l’idée de confrontation plutôt que d’opposition culturelle illustré par le titre « Ogula » (« Silence » 1991). Dans une atmosphère où les effets sonores sont rendus par les effets spéciaux des synthés, il évoque l’histoire d’un jeune homme pauvre parti chercher fortune. La tentation (le synthétiseur) le guette : il s’y soustraira en jouant de la harpe.

En Novembre 2008, il sort l’album Vérité d’Afrique chez Lusafrica où il répond au discours de Dakar du Président Sarkozy en brossant une vision globale de l’histoire de l’Afrique et en invitant dans cet opus des artistes capverdiens comme Paulino Vieira.

 

par   Afrisson  4 décembre 2008 - © Afrisson