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Biographie

Poly Rythmo


Groupes Bénin | Création : 1967 | Site internet

Né sous l’appellation Sunny Black fondé en 1967 par le professeur Creppy Wallace, le Poly Rythmo, orchestre phare du Bénin, a tourné dans toute l’Afrique avec ses deux chateurs vedettes, Eskil Lobento et Clément Mélomé alias "Mélo".

Le Tout Puissant Orchestre Poly Rythmo qui marie depuis les années 60 et 70 funk, soul, ou afrobeat, avec les rythmiques vaudous issues de cette petite langue de terre chargée d’esprits. Après avoir accompagné les plus grands (Manu Dibango, Bembeya Jazz, Tidiani Koné, Gnonnas Pedro, ), l’orchestre goûte aujourd’hui aux délices d’un buzz occidental, qui rend hommage à sa pléthorique discographie, qui avait jadis tapé dans l’oreille de Fela lui-même. La perspicacité de quelques collectionneurs de vinyles et autres aficionados de soul africaine a suffit à redonner une aura internationale à une infime partie de leur patrimoine.

Il y eut d’abord le label anglais Soundway, puis le label allemand Analog Africa cet orchestre magique au son distordu qui joue pourtant toujours au Bénin ! Véritable gloire nationale entre 72 et 90 sous le règne du président Kérékou, dont la politique fut taxée de « laxisme-béninisme », Poly Rythmo s’exportait alor dans toute la région. Et si aujourd’hui, les vinyles collectors de ces papis afro-funky s’arrachent sur internet, ces vétérans firent la renommée des nuits béninoises au Canne à Sucre, au Zénith et sur la scène du cinéma Vogue. Car en ces jeunes années du Bénin indépendant, le groupe donnait de la voix pour soutenir le « patriotisme tout cru » du régime marxiste, en admettant toutefois fréquenter plus les œuvres de James Brown, de Dalida ou de Johnny Hallyday que celles de Marx et Lénine.

Trente-cinq ans plus tard, malgré la mort de deux membres (un chanteur et un guitariste), les anciens font revivre avec la même verve les plus belles mélodies du groupe qui animait jadis les cabarets dans toutes les langues nationales, français mina, fon ou en yoruba. « On écoutait de tout, variété française, congolaise, cubaine, du funk, de la soul et même de la musique arabophone puisque lorsqu’il y avait une visite officielle d’un pays arabe au Bénin, il fallait jouait le répertoire de leur terroir. Même Sékou Touré, le président guinéen, avait été surpris de voir comment on reprenait les tubes de son Bembeya Jazz national ! », rappelle Bentho Gustave, le bassiste.

« On adorait ce mélange de rythmes africains bien dansants qu’on connaît puisque le Bénin est à un carrefour culturel » poursuit Mélomé Clément l’éternel leader du groupe. Même si le chef de l’Orchestre Poly Rythmo préfère l’église aux cérémonies occultes, il concède tout de même un emprunt aux rythmiques ancestrales vaudoues, pour des bienfaits musicaux : « Si notre musique marie des rythmes comme le Sato, qui est le nom d’un grand tambour et aussi d’un rythme joué en hommage aux morts, c’est parce que mélangé avec des guitares, des cuivres et un clavier, il s’accorde bien avec le funk ».

En bon pratiquant qui chante de la chorale, Mélomé Clément préfère éviter de trop détailler les relations du groupe avec le monde des invisibles, dont les relations rythmiques interdites par les missionnaires européens puis par le régime marxiste de Kérékou, ont pourtant survécu dans l’ombre des "couvents". Serait-ce ce secret bien gardé qui donne sa toute puissance à l’Orchestre Poliritmo, capable de transformer un rythme sakpata dédié à la divinité de la terre, de la variole et des maladies contagieuses, en un groove aussi infectieux qu’il donnerait des maux de tête au Pape James Brown ? Alors, bénie soit la fièvre de ce mariage vaudou-funk béninois.

Source : http://www.polyrythmo.com

 

par   Afrisson  10 mai 2007 - © Afrisson