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Biographie

Prosper Mayele


Artistes Centrafrique | -1997 | Groupes :  Centrafrican Jazz | Styles :  Rumba congolaise

Fondateur de la première formation musicale oubanguienne moderne, le Tropical Jazz puis du Centrafrican Jazz, Prosper Mayele alias Prince Mayos s’est illustré par la virtuosité de son jeu de guitare et son investissement dans la promotion de la culture centrafricaine.

L’African Jazz de Kabasele

Formé à la guitare par Prosper Kangala, futur homme politique , puis par Zébégué, guitariste virtuose, Prosper Mayélé , menuisier de formation, joue d’abord du jazz, du blues, de la musique afro-cubaine et de la variété Française. Il s’illustre rapidement sur la scène banguissoise par la virtuosité de son jeu de guitare et ses harmonies dans la rumba congolaise. Remarqué par Joseph Kabasélé venu à Bangui inaugurer le bar dancing le Rex, Prosper Mayélé est sollicité pour assurer l’accompagnement de l’African Jazz à la place de Déchaux, absent. C’est un succès.

L’aventure du Tropical Jazz

Wetch et Prosper Mayele au Dragon Rouge

Marqué par le style de la formation zaïroise, Prosper Mayele fonde en 1955 en compagnie du chanteur Wetch le Tropical Jazz, première formation musicale oubanguienne et dirige un groupe féminin chargé de soutenir par des animations les actions socio politiques du Président Barthélemy Boganda. Cette formation anime les soirées du Dancing le Rex. En 1959, après la mort du Président Boganda, il lance deux autres associations féminines qui animent les soirées du Rex et du bar MBiye à Lakouanga. L’orchestre débute bientôt ses premiers enregistrements à « Radio Bangui » et prend le nom de Centrafrican Band.

Le Centrafrican Jazz

le Centrafrican Jazz

En 1962, Prosper Mayélé crée en vue de protéger les œuvres des artistes Centrafricains, le GORC (Groupement Orchestral de la République Centrafricaine) reconnu par l’Etat centrafricain puis fonde en 1963, le « Vibro Mayos » qui ne dure que quelque mois et donne rapidement naissance à deux formations : le Centrafrican jazz dont il prend la direction et le « Vibro succès » dirigé par Rodolphe Békpa. En 1966, Mayélé et Békpa sont choisis pour participer au premier festival des arts nègres à Dakar (Sénégal) et fondent à leur retour l’Ecole Nationale des Arts, décidés à valoriser et transmettre la culture centrafricaine. Radio France International décide bientôt d’enregistrer un certain nombre de titres centrafricains : ce travail se poursuivra de 1966 à 1975.

La jalousie de Bokassa

En 1969, Prosper Mayele accompagne l’angolais Sam Mangwana lors de ses concerts au Dancing "le Dragon Rouge" et trois ans plus tard
est élu meilleur guitariste africain lors d’un concours organisé au Tchad. A son retour, il se produit au Rex avec Manu Dibango. Son étoile est alors au zénith. Les concerts du Centrafrican Jazz draînent une foule innombrable attirant aussi bien la jeunesse que les clubs féminins ( « Lumière Sabona », « Amie Mocaf ») et les supporters de l’équipe de football « Tempête Mocaf ». Jaloux de sa popularité, une de ses maîtresses, Chantal, est une fan de l’artiste, le président Bokassa le jettera en prison à plusieurs reprises et décidera de suspendre le Centrafrican Jazz.

Décédé en 1997, Prosper Mayele constitue une des figures marquantes de la scène centrafricaine. Il a influencé de nombreux guitaristes de la scène nationale et a milité toute sa vie pour la reconnaissance de sa culture nationale.

Source : http://maziki.fr. Remerciements à Sultan Zembellat, un ami regretté, qui a donné l’autorisation de partager ses informations.

 

par   Sylvie Clerfeuille  10 juin 2012 - © Afrisson