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Biographie

Roger Izeidi

   Roger Izeidi Monkoy
Artistes Congo Kinshasa | 1935-13/01/2001 | Styles :  Rumba congolaise

Auteur, compositeur, chanteur, excellent joueur de maracas et un des précurseurs de la rumba congolaise, Roger Izeidi, s’est fait un nom comme artiste de l’orchestre African Jazz de Joseph Kabasélé puis comme producteur de musique. Né le 20 avril 1935 à Léopoldville (actuel Kinshasa - République Démocratique du Congo), il décède le 13 janvier 2001 dans sa ville natale…

Bill Alexandre, le Belgo-Congolais

Roger Izeidi Monkoy débute professionnellement dans la musique en 1952, comme compositeur des Editions CEFA (Compagnie d’Enregistrement du Folklore Africain) du guitariste et jazzman belge installé à Léopoldville (actuel Kinshasa), Bill Alexander. Ce dernier lui suggère de monter un orchestre attitré du label. Roger Izeidi fait alors appel à Roitelet (basse) et Vicky Longomba (voix) pour fonder, en 1953, Les Trois Caballeros. Cet orchestre dont fait partie Bill Alexander intégrera Henri Bowane (guitare) et deux artistes découverts par Roger à Brazzaville, le guitariste - saxophoniste local Guy Léon Fylla et la chanteuse d’origine camerounaise, Marcelle Ebibi. Dès lors, Les Trois Caballeros vont s’illustrer très vite grâce aux tubes « Imana ya Daring » et « Banga Imana », deux titres composés par Roger Izeidi et Roitelet.

Joseph Kabasélé & l’African Jazz

Séduit par les musiques et les excellents jeux de maracas de Roger Izeidi et de basse de Roitelet, l’auteur, compositeur, arrangeur et chanteur, Joseph Kabasélé dit « Grand Kallé », leur propose de rejoindre L’African Jazz. Nous sommes en 1954 et l’orchestre est alors composé d’Antoine-Emmanuel Tshilumba Baloji dit « Tino Baroza » (guitare), Antoine Kaya aka « Kaya Depuissant » (batterie, percussions), Dialuvila Baskis (maracas), Willy Kuntima Mbemba (trompette), Edo Clary Lutula (clarinette), Charles Muamba « Dechaud » (guitare rythmique), Albert Taumani (basse), Isaac Musekiwa (sax), François Ambalu alias « Masta Zamba » (guitare, voix), Menga Ando (trompette), Casimir Mutshipule « Casino » (guitares solo et rythmique), Albert Ndinga « Ndinglingon » (guitare) et Pepitho Fukiau (voix)…
Lors de la Table Ronde réunissant le 27 janvier 1960 à Bruxelles (Belgique), les responsables politiques belges et congolais pour fixer la date de l’indépendance du Congo Belge qui sera le 30 juin de la même année, Joseph Kabasélé dit « Grand Kallé Jeff » et L’African Jazz, invités pour célébrer cet évènement historique, jouent le soir même à l’hôtel Plaza de Bruxelles les titres « Table Ronde » et « Indépendance cha cha », devenu un hymne à la liberté pour les pays africains accédant à l’indépendance. C’est ainsi que Roger Izeidi, membre de l’orchestre participe à l’enregistrement de ces deux fameux morceaux. La délégation congolaise est alors emmenée par avec Joseph Kasa-Vubu et Patrice Lumumba, devenus respectivement président et premier ministre.
En 1961, Roger Izeidi fonde Tcheza, un label destiné à promouvoir la musique congolaise.

Tabu Ley, Dr Nico & L’African Fiesta

A la création, en 1963, de l’orchestre African Fiesta par Nicolas Kasanda dit « Dr Nico » (guitare) et Tabu Ley Rochereau (voix), Roger Izeidi quitte L’African Jazz pour en devenir un des membres fondateurs. Panafricaniste convaincu, Roger Izeidi y composera de nombreux titres dont les célèbres « Angola siempre » et « Vivo Africa ». Avec ses deux compères, il crée la maison de production et d’édition phonographique, Les Editions Vita Flash. Il y restera jusqu’en 1965, année où Tabu Ley Rochereau prend seul la direction de la formation, devenue African Fiesta National. Cependant, Roger Izeidi continue dans l’édition en créant successivement plusieurs maisons de disques dont Editions Roger Izeidi Monkoy, label qui produira Ntesa Dalienst, Le Festival des Maquisards ou encore Les Grands Maquisards.

Roger Izeidi aux maracas

Roger Izeidi n’est plus

Artiste visionnaire, excellent joueur de maracas et auteur de nombreux tubes dont les fameuses chansons d’amour « A. M. Decantonio », « Bokeyi bwa Sophie », « Mobembo eleki tata » ou « A Balanco », Roger Izeidi disparaît, le 13 janvier 2001, à Kinshasa (République Démocratique du Congo), suite à une longue maladie. Il avait 66 ans.

 

par   Nago Seck  15 juillet 2007 - © Afrisson