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Biographie

Saba Anglana

   Saba Anglana

Métisse italo-somalienne, actrice et musicienne, Saba Anglana a débuté sa carrière en 2008 avec l’album Jidka, mêlant jazz, scat, pop, reggae, musique somali (fanka, qaaci) et éthiopienne et sonorités africaines (bassa, mandingue) portées par la kora et le djembé.

Une longue histoire d’exil

Métisse Italo-Somalienne, Saba Anglana est issue d’une famille au long passé d’exil. Son grand-père maternel, éthiopien, a fait sa vie à Mogadiscio après avoir déporté dans cette ville par l’armée italienne, et épouse une éthiopienne elle aussi installée dans la capitale somalienne. Son père, colonel dans l’armée italienne, tombe amoureux du pays, quitte l’armée en 1945, s’installe à Alula, dans la région de Gardafui (Cap Horn), devient enseignant puis homme d’affaire et épouse sa secrétaire. La Somalie est alors une société très ouverte où se côtoient Italiens, Chinois, Indiens, Éthiopiens et Somaliens. En 1977 le conflit entre Somaliens et Éthiopiens se disputant la région d’Ogaden, envenime les relations entre communautés. La politique nationaliste de Syad Barré rend bientôt tous les étrangers suspects, sa mère et ses grands parents d’origine éthiopienne, comme son père italien, suspecté d’être un espion. Le gouvernement donne à sa famille 48 heures pour quitter le pays : ses parents s’installent alors en Italie. Saba a tout juste cinq ans mais conserve de la Somalie, les couleurs, les atmosphères et les sons : berceuses, musiques de l’église copte, de funérailles, tubes de pop éthiopienne des années 1970.

Une musique hybride

Au cours de son enfance, elle grappille d’autres musiques, la pop , la musique italienne, le reggae dont ses tantes raffolent : à 11 ans, elle assiste à un concert de Jimmy Cliff. Après des études sur les civilisations du début du XX° siècle à l’Université Sapienza de Rome , une brève carrière de comédienne, elle a joué dans une série populaire italienne, la Squadra, Saba se tourne vers la musique, rencontre son producteur, le Turinois Fabio Barovero, leader du groupe de fusion Mau Mau qui a enregistré deux albums au studio de Peter Gabriel. Ce dernier lui présente le Camerounais Taté Tsongan (guitare, basse, djembé, percussions et composition) et ensemble ils enregistrent l’album Jidka (“la ligne” en somali), en compagnie du joueur de kora Sénégalais Lao Kouyaté et du chanteur Gabonais Moungara Jean Félix. Sorti en 2008, l’album est une fusion entre pop, reggae, chants modulés somaliens et éthiopiens et musiques mandingues et bassa.
Cette artiste en quête d’une musique qui se veut universelle et sans étiquettes, tourne dans les communautés somaliennes, les festivals italiens et s’est produite au Sunset à Paris en Mai 2008. Suit en 2010, Biyo - Water is love (l’eau, c’est l’amour), un album de 11 titres sur l’eau, ce bien vital pour l’humanité. C’est aussi un hommage aux nombreux immigrés morts au large de l’île italienne de Lampedusa en essayant d’atteindre l’Europe ("Weha").

Life Changanyisha : la vie nous mélange

L’année 2012 voit Saba Anglana réaliser l’opus Life Changanyisha ("la vie nous mélange"), résultat d’un projet d’AMREF Flying Doctors ou AMREF (African Medical and Research Foundation), une ONG humanitaire de santé publique, fondée au Kenya en 1957 par trois chirurgiens, Sir Michael Wood, Sir Archibald McIndoe et Tom Rees. Première Organisation africaine internationale, l’AMREF intervient auprès des populations les plus pauvres et les plus marginalisées d’Afrique pour améliorer leur santé. AMREF intervient en Afrique subsaharienne (Éthiopie, Kenya, Afrique du Sud, Soudan, Tanzanie, Ouganda, Sénégal). L’AMREF vient ainsi en aide à 7 millions d’africains chaque année.

Life Changanyisha raconte le voyage de l’artiste Italo-Somalienne Saba Anglana au Kenya pour soutenir et aider des milliers de gens rencontrés aussi bien dans les villages les plus reculés que dans la banlieue urbaine de Nairobi et qui lui racontent leurs histoires. Saba partage ainsi leur humanité, leur culture, leurs expériences, leurs rêves, leur nourriture, leur lutte pour la survivance.
S’inspirant de ses rencontres, échanges, brassages et partages, Saba écrit les textes qui vont donner naissance à l’opus Life Changanyisha qui signifie "la vie nous mélange".

 

par   Sylvie Clerfeuille  26 juillet 2008 - © Afrisson