Afrisson

Biographie

Sam Mangwana

   Samuel Mangwana
Artistes Angola | Naissance : 1945 | Styles :  Soukouss - Afro-pop - Rumba congolaise - World / Musique du monde

Né en 1945 à Kinshasa au Congo Kinshasa (RDC) (ex Congo Belge), Samuel Mangwana aka Sam Mangwana ou Sam Moreno est issu d’une famille d’exilés angolais. Sa voix de rossignol haut perchée et claire fait de lui un des meilleurs vocalistes de la rumba et du soukouss congolais...

Très tôt, Sam Mangwana grandit dans l’univers des musiques angolaises et congolaises, avec une maman qui chante dans les fêtes de quartier (mariages, naissances…) ou lors des funérailles, et un père gérant d’un magasin à Kinshasa. Il s’ouvre également aux musiques cubaines, espagnoles ou américaines qu’il écoute à la Radio Congo Belge. Elève à l’internat des missionnaires de l’Armée du Salut de Kasangulu dans le Bas-Congo, il s’adonne au chant au sein de la chorale de l’Eglise, malgré l’opposition de son père. A l’âge de 18 ans, il est repéré par le chanteur Tabu Ley Rochereau, une des vedettes de la rumba congolaise. Au sein de ses différents groupes, African Fiesta, African Fiesta National et Afrisa International, Sam Mangwana montre toute l’étendue de son immense talent de chanteur.

Tabu Ley (àg.) et Sam Mangwana

En 1968, tout en chantant avec Tabu Ley Rochereau, Sam Mangwana se lance parallèlement dans une carrière solo, accompagné les guitaristes Michelino Mavatiku Visi (lui-aussi originaire d’Angola) et Dizzy Mandjeku et le chanteur kimbanguiste Dalienst Ntesa. L’année 1970 le voit créer son propre label, Sonora. En 1972, il rejoint un autre grand nom de la scène congolaise, Franco, leader de l’orchestre OK Jazz devenu le TP OK Jazz. Aux côtés de deux ces monuments de la musique congolaise, il participera à l’émergence et à l’évolution du soukouss, un dérivé de la rumba congolaise, en plus rythmé. Installé à Abidjan en Côte d’Ivoire pour fuir la dictature, Sam Mangwana créera une fusion rumba, musique mandingue, sonorités afro-cubaines et caribéennes. Dès lors, cette musique utilisée comme une arme contre toute forme d’oppression est jouée dans toute l’Afrique. En 1979, il réalise une tournée européenne qui le mène en Belgique et en France (Bataclan à Paris).

Sam Mangwana et Franco (guitare)

Ses nombreux albums dont Patria Querida (avec le hit « Souzana »), Maria Tebbo / Waka Waka, Georgette Eckins, Galo Negro (prix « Crossroads Music Awards » de la World Music 1998), Rumba Music, Soweto, Sings Dino Vangu ou encore Cantos de Esperanca témoignent de l’immense talent, de la vision panafricaine de la musique et de l’engagement de cet artiste, membre fondateur de plusieurs groupes comme Festival des Maquisards ou African All Stars.
Ses textes sur la décolonisation, la corruption, le travail forcé, la violence, la paix, la tolérance ou le panafricanisme, chantés dans diverses langues, (lingala, portugais, swahili, kikongo, français, anglais, dioula (bambara) ou espagnol) ont largement contribué à sa renommée internationale…

 

par   Nago Seck  25 avril 2007 - © Afrisson