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PaysSite internet  | Indépendance-Libération : 4 avril 1960 | 196.192 km² - 11.658.000 h

Les années 1940 : La Lyre africaine

Auteur-compositeur et saxophoniste ayant débuté sa carrière dans les années 1940, Birahim Guèye aka Bira Guèye ou "Pa Bira", s’initie à la batterie puis au saxophone, et intègre en 1948 "La Lyre africaine", un orchestre phare de l’époque créé par l’administration municipale de Dakar qui se produit devant la bourgeoisie locale, interprète de la musique française mais aussi de l’assiko, du goumbé et de l’afro-cubain.
En 1950, Bira Guèye (décédé en 2009) fonde le ‘’Harlem Jazz’’ qui s’impose au Festival Mondial des Arts Nègres en 1966 où le président Senghor le sollicite pour composer dans une version originale de l’hymne du festival. Ainsi est créé ‘Festival Mondial’’, une chanson interprétée par la cantatrice Mada Thiam et devenue une des premières versions modernisées du mbalax. Ensemble ils formeront le fameux groupe ‘’Galayaabe’’.

Le music-hall version Sonar Senghor et le jazz à Saint-Louis.

Saint-Louis, ancienne capitale de l’Afrique occidentale française, est dans les années 1950 une brillante métropole culturelle et la véritable capitale du jazz avec des groupes comme Star Jazz et une diva : Amina Fall.

Les années 1960 : De la salsa au mbalax

Avec le chanteur sénégambien spécialiste de la rumba cubaine Laba Sosseh et son complice et saxophoniste d’origine nigériane Dexter Johnson, tous deux membres du Star Band de Dakar, le Star Jazz de St-Louis, l’Esperanza Jazz de Ziguinchor, le Xalam I, Le Sahel ou encore l’Orchestra Baobab où officie Laye MBoup (un chanteur qui a inspiré toute une génération de vocalistes du pays), le Sénégal commence à intégrer dans les années 1960 des sonorités traditionnelles du sabar à la rumba et à la musique mandingue. Ce dernier courant est incarné par Lamine Konté qui a glissé sa kora dans la musique du film Secrets plants de Stevie Wonder où il apparaît comme comédien (début 1980).
Ouza et ses Ouzettes d’Ousmane Diallo et Xalam (1969), groupe amoureux de jazz-rock, sont les premiers à construire leur musique avec une base rythmique purement locale, le mbalax devenu plus tard le courant le plus populaire du Sénégal. Dès 1966, à l’occasion du festival mondial des Arts Nègres, Seydina Wade lance le folk sénégalais qui fera plus tard de nombreux adeptes comme Ismaël Lo, les frères Guissé, Buru, Mohamadou Baldé et El Hadj Ndiaye "Thiaroye".

Les années 1970 : Xalam ou l’esprit « Woodstock »

Très inspiré par la philosophie hippie qui bouleverse les sociétés occidentales, Xalam lance la mode des mega-concerts « style Woodstock ». Ce groupe influencé par le R&B et le jazz sud-africain de Hugh Masekela propose une des musiques de fusion les plus révolutionnaires de l’époque. En 1973, le groupe Wato Sita d’André Lô et d’Ousmane Sow Huchard alias Soleya Mama injecte au mbalax de la soul et des rythmes latins. Cette décennie voit en France le joueur de kora Lamine Konté mettre en musique les oeuvres des grands poètes de la diaspora et le West African Cosmos d’Umbagne U Kset (voix, percus), de Wasis Diop (guitares), de Madiama Fall (percus), de Yebga (sax), de Tony M’Batchi Lelo (basse) et d’Alain « Loy » Erlich (piano, guitares) lancer un afro-rock endiablé révélé par leur disque "Wuyé Wuyé" produit en 1976 par CBS (actuel Sony Music).

Les années 1980 : Toure Kunda et Youssou NDour

Locomotive au début des années 80 de la musique africaine sur la scène internationale avec son fameux hit « Emma », Touré Kunda glisse ce style national dans son mandinka dong. Optant pour un mbalax « relooké », Youssou Ndour, disque d’or avec « 7 Seconds » (en duo avec Neneh Cherry), Ismaël Lo « l’homme-orchestre », Thione Seck « l’oriental » et le Super Diamono d’Omar Pène internationalisent le genre, y greffant des thèmes d’actualité.
Inspiré par la philosophie de Bob Marley et son style pulsé d’origine africaine, Maxidilick Adioa s’affirme comme le pionnier du reggae sénégalais relayé ensuite par des groupes comme Mau Mau et Fitt Band. En 1989, à l’occasion du bicentenaire de la Révolution française, le maître tambour Doudou Ndiaye Rose est sollicité par Jean Paul Goude pour participer au défilé sur les Champs Elysées, donnant ainsi une renommée mondiale au mbalax.

Les années 1990 : beat peul, nouveau mbalax et rap attitude

Des styles minoritaires s’imposent sur la scène nationale et internationale dans les années 1990 comme le style halpulaar de Baaba Maal, les chants sérères de Yandé Codou Sène.
Tandis que le folk séduit le public occidental avec Ismaël Lo, el Hadji Ndiaye, les Frères Guissé, de nouveaux talents du mbalax fleurissent. On peut citer Alioune Kassé, Cheikh Lô inspiré par les chants mourides, Coumba Gawlo, une des rares femmes et Tidiane et le Dieuf Dieul sans oublier Lemzo Diamono , etc....
Le rap inauguré par Massamba Fall basé au Etats-Unis explose à partir de 1995 avec Positive Black Soul, Daara J, Kocc Barma et surtout Xuman aux textes incendiaires.

Les années 2000 : Come back des anciens et jeune génération

Tandis qu’on assiste au come back du Baobab et des frères Toure Kunda, les années 2000 voient également la consécration de nombreux artistes sénégalais comme El Hadji Ndiaye, qui reçoit le prix de l’Académie Charles Cros, Youssou Ndour , Baaba Maal, Africando qui continuent à tourner sur les scènes du monde, Diziz la Peste, rapper de la diaspora et de nouveaux talents comme Mansour diallo, Pap Djiby Ba et bien d’autres, les nouvelles voix de la chanson sénégalaise.

 

par   Nago Seck  11 mai 2007 - © Afrisson

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