Afrisson

Biographie

Sidó

   Sidónio Pais Quaresma
Artistes Guinée Bissau | Naissance : 1954 | Site internet

Doyen et précurseur de la musique de Guinée Bissau en France, Sidónio Pais Quaresma dit « Sidó » navigue entre koussoundé, goumbé, sïnga, tina, kizomba (rythme cadencé né en Angola), bossa nova, rumba, afro zouk et afro-cubain...

Sidó et Sabá Miniambá

Auteur, compositeur, chanteur et guitariste, Sidó démarre sa carrière en 1972 avec le groupe Académico Capa Negra du lycée Honório Barreto (actuel lycée Kwame Nkrumah) à Bissau. Un an plus tard, il est invité par le regretté Obyara Sambû pour être le parrain d’un des futurs grands groupes du pays, N’kassa Cobra. En 1974, son tube « Kilis ku kata muri » (Les immortels) contribue largement à la renommée nationale de Capa Negra qui accueillera en 1975 à Bissau Miriam Makeba disparue le 09 novembre 2008. Jusqu’à son départ pour l’Europe, Sidó enregistre pour la Radiodiffusion Nationale de Guinée Bissau de nombreux titres comme « Rosa », « Mindjer Garande », « Vida y luta », « Kilis ki kata muri », « Nha Camarada », « Kutu Bonbon nata urara », « Eh Badjuda », « 3 de Agosto », « Socialismo (segunda parte de Kilis) ».
En 1976, Sidó part poursuivre ses études au Portugal mais la passion musicale de ce vocaliste hors pair est plus forte : il décide alors de fonder le groupe Sabá Miniambá avec quelques amis : Jorge Medina (guitare solo), Naka Ramiro (guitare accompagnement), Mandjau Fati (basse), João Sanfa (batterie), Pedrinho (orgue), Stock (percussions, congas), Zéca Garcia (voix). Le groupe produit deux albums, Abós kinkons de vida (1977) et Cau Tindji (1978), mais leurs diffusions sur les antennes des radios sont interdites en Guinée Bissau car les textes des chansons sont jugés subversifs par le gouvernement d’alors. Lorsque Sidó part pour de nouvelles conquêtes musicales en France en septembre 1979, les membres de Sabá Miniambá le rejoignent…Ils y obtiendront l’asile politique.

Sidó le précurseur bissau-guinéen

En décembre 1980, le groupe est dissout. Mais Sidó continue l’aventure, se lance dans une carrière solo et sort en 1981 un album éponyme sous le label Ledoux Records. Cet opus laisse entendre une fusion de certains rythmes et mélodies de Guinée Bissau (koussoundé, goumbé, sïnga, tina), du Brésil (bossa nova), du Congo (rumba ), des Antilles (afro zouk) et de Cuba (afro-cubain). Première production de musique bissau-guinéenne à Paris, cet opus fait de Sidó un précurseur, le premier artiste à diffuser les mélodies et rythmes de son pays en France.

Sidó et Djipson à Saraaba

Artiste prolifique, Sidó sortira plusieurs albums dont Camba mar (label Baloba - 1984), la première autoproduction bissau-guinéenne, 20 ans de Kapa Negra, un VHS paru en 1993 chez Sonima Music, Mama Kitil (1998), sous le même label, Solidariedade (Discos Sidó lda – 1999), Live à La Scène à Vernouillet (DVD), trois best of, Best of Sidó e Sabá Miniambá (Mélodie - 2000), Guinée Bissau - Best of World Music (Food Production - 2001) et Best of Sidó - Vol.1 (Candé – 2002). Deux ans plus tard, Sidó revient sur le devant de la scène avec Simbióses, tourne au Portugal et en France et joue ou partage la scène avec divers artistes dont ses compatriotes Naka Ramiro, Bêbo et Joao Mota, la Camerounaise Joëlle Esso, le Congolais Ray Léma, le Burkinabé Zêdess, l’Ivoirien Meiway et les Guinéens Sékouba Bambino et Djanka Diabaté.
Deux ans après la sortie de l’album Sidó em Concerto, Sidó fait son grand retour sur la scène parisienne en donnant en compagnie de l’excellent jeune guitariste Djipson, deux soirées mémorables à l’espace Saraaba. Pour l’occasion, le duo a invité certains de leurs compatriotes comme les chanteurs Zeka Garcia, membre fondateur de N’kassa Cobra et Nene Tuty.

 

par   Nago Seck  29 janvier 2007 - © Afrisson